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Le premier livre traduit par une IA est… un manuel de deep learning

Manuel Moragues , ,

Publié le

La version française d'un best-seller en anglais sur le deep learning est disponible en précommande depuis le 12 septembre. Petite particularité : la traduction a entièrement été effectuée par une intelligence artificielle. Une première orchestrée par la start-up française Quantmetry, en partenariat avec DeepL.

Le premier livre traduit par une IA est… un manuel de deep learning
La couverture du livre a été générée avec l'algorithme Deep Dream de Google.
© D.R.

La mise en abîme est jouée à plein, jusqu'à l'image de couverture travaillée avec l'algorithme Deep Dream de Google. "Apprentissage profond" (Massot Editions, Quantmetry), disponible en précommande depuis le 12 septembre, est la version française d'un best-seller sur le deep learning écrit en anglais par trois chercheurs en intelligence artificielle (IA), dont l'un des pères fondateurs des réseaux de neurones profonds, Yoshua Bengio. La traduction des 800 pages que compte l'ouvrage a été réalisée intégralement par… une intelligence artificielle.

"C'est une première !", se félicite Jérémy Harroch, PDG et fondateur de Quantmetry, start-up française spécialisée dans la mise en place de solutions d'IA pour les grands groupes. Un joli coup pour la start-up, mais pas seulement, selon le PDG, qui, dans ses nouveaux locaux parisiens rue d'Anjou, dans le 8e arrondissement, retrace la genèse du projet à L'Usine Nouvelle.

 

"Que le Français soit aussi la langue des mathématiques"

"Ce livre paru en novembre 2016 s'est imposé en référence du deep learning. Nous avons voulu qu'il soit diffusé dans le monde francophone. Car il ne faut pas se leurrer, le Français reste la la langue des affaires en France. Autant que ce soit aussi la langue des mathématiques", prône ce diplômé de Polytechnique longtemps expatrié aux Etats-Unis. Et d'ajouter : "C'est aussi important pour faire vivre, à l'ère de la data, une sensibilité française, voire européenne, qui se manifeste notamment dans la protection des données personnelles."

Reste que, comme le souligne Alexandre Stora, en charge de l'accélérateur de start-up de Quantmetry, "Cela aurait été trop coûteux et trop long de faire traduire ce livre par des chercheurs. Nous avons transformé le défi économique en un défi technique en nous tournant vers l'IA." Quantmetry s'est appuyée sur le moteur de traduction de la start-up allemande DeepL, qui s'est récemment imposée dans la traduction grâce au deep learning.

 

Un lexique des termes techniques

La start-up a consacré trois mois, avec 4 chercheurs français experts du deep learning, à développer un outil qui permette à DeepL de s'attaquer à ce texte très particulier. L'essentiel de cet outil consiste en un lexique des termes mathématiques de la discipline, intégrant nuances et contextes. S'y ajoutent la capacité de traiter les textes en LaTeX – le Microsoft Word des scientifiques - ainsi que les figures.

Résultat, selon Alexandre Stora : "Une traduction excellente, avec très peu d'erreurs, à laquelle nous avons essentiellement ajouté quelques notes pour s'adapter aux spécificités françaises de la discipline." Seulement deux mois de relecture par les 4 chercheurs et les équipes de Quantmetry ont été nécessaires, affirme-t-il.

 

L'humain remplacé par la machine ?

En y ajoutant le coût de développement de l'outil et le cofinancement de l'édition, la publication de cette version française aura coûté environ 30 000 euros à Quantmetry. "Avec une traduction humaine, cela aurait coûté plus de 100 000 euros et pris plus d'un an", compare Alexandre Stora.

Une illustration sans pitié du remplacement du cerveau humain par la machine, suppressions d'emploi à la clé ? Pas forcément, selon Alexandre Stora, qui relève que "sans l'IA, l'équation économique aurait été très difficile pour ce type de livre qui se vend au mieux à quelques milliers d'exemplaires." En outre, "il aurait fallu que des scientifiques consacrent au moins une année au travail de traduction. Ils n'ont pas le temps !"

 

Inadapté pour des ouvrages littéraires

Autrement dit, sans IA, pas de version française. Ce serait donc un de ces cas confortables moralement où l'IA ne remplace pas l'humain mais effectue au contraire des tâches nouvelles. Quantmetry prévoit d'ailleurs de mettre son outil à disposition de tous pour faciliter la traduction d'articles de recherche ou de thèses. Des traductions inexistantes aujourd'hui.

Enfin, la start-up se garde bien d'entretenir la confusion sur les capacités de la mal nommée intelligence artificielle : "La traduction par une IA n'a de sens que pour ce genre de documents techniques, précise Alexandre Stora. Dans le cas d'un ouvrage littéraire, la traduction reste un travail d'interprétation, presque artistique, pour lequel l'humain reste indispensable." Un algorithme est inapte à la création, même s'il peut générer des images originales comme celle de la couverture d'"Apprentissage profond".

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