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Le pouvoir d’achat, moteur clef pour 2019

Solène Davesne ,

Publié le

Selon l’OFCE, les mesures budgétaires de soutien au pouvoir d’achat prises en décembre devraient apporter 0,3 point de croissance supplémentaire cette année. Un coup de pouce utile alors que la conjoncture mondiale ralentit.

Le pouvoir d’achat, moteur clef pour 2019
La consommation a stagné au quatrième trimestre 2018. Les mesures budgétaires en faveur du pouvoir d'achat pourraient entrainer un rebond de la consommation début 2019
© LOREAUX Emile

L’effet "gilet jaune" sur l’activité a finalement été contenu. Au quatrième trimestre,  le PIB a progressé de 0,3 %, selon la première estimation de l’Insee. C’est autant qu’au trimestre précédent et un peu mieux que ce que la prévision de l’institut de statistique de mi-décembre, qui tablait sur une croissance de 0,2 %. "C’est plutôt une bonne nouvelle", se félicite-t-on à Bercy. Les blocages ont surtout pénalisé la consommation des ménages. Au dernier trimestre, celle-ci est restée atone et elle n’a progressé que de 0,8 % sur 2018, alors que la consommation tire traditionnellement l’activité française.

Début 2019, la consommation devrait toutefois retrouver un peu de tonus. Car le pouvoir d’achat devrait accélérer. Les cours du pétrole et l’inflation sont revenus à un niveau bas. La bascule des cotisations sociales sur la CSG et la suppression de la taxe d’habitation, intervenus à l’automne 2018, devraient jouer à plein cette année. S’y ajoutent aussi les mesures annoncées en décembre en réponse au mouvement des gilets jaunes, ciblées sur le pouvoir d’achat des classes moyennes. Au total, près de 11,7 milliards d’euros devraient ainsi être restitués début 2019 en pouvoir d’achat aux ménages via la politique budgétaire, selon les calculs de l’observatoire français de conjoncture économique (OFCE).

Plus forte baisse des prélèvements obligatoires en dix ans 

Les prélèvements obligatoires devraient ainsi reculer de 0,5 point pour les ménages en 2019. "Il s’agit d’un vrai tournant. Il faut revenir à 2007 et la loi Tepa portée par Nicolas Sarkozy pour retrouver une baisse aussi significative ", souligne Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, alors que les ménages ont été largement mis à contribution depuis la crise de 2008, avec une progression de 3,5 % de leur pression fiscale. La pression fiscale sur les entreprises devrait elle se stabiliser. Et les gains devraient être largement partagés. "Trois ménages sur quatre devraient être gagnants", souligne Pierre Madec, économiste à l’OFCE, alors que les réductions de fiscalité avaient surtout été concentrées sur les 1 % les plus aisés en 2018.

De quoi doper a priori la consommation de cette année. Pour l’OFCE, les mesures budgétaires devraient contribuer à soutenir la croissance de près de 0,5 point de PIB en 2018 en stimulant la demande intérieure, dont 0,3 point issu des dispositifs annoncés en décembre (prime exceptionnelle, prime d’activité, heures supplémentaire défiscalisées…). Un  soutien pas négligeable alors que les nuages s’accumulent sur la conjoncture mondiale. Les incertitudes sur le Brexit, le coup de frein de la locomotive allemande et les tensions commerciales pèsent sur les débouchés à l’étranger des entreprises. Les perspectives d'investissement des entreprises ont aussi fortement ralenti fin 2018, alors que la demande se tasse. 

Un moral des ménages encore fragile

"Les nouvelles mesures de soutien à la consommation commencent à être comprises et devraient avoir un impact sur la consommation début 2019", estime-t-on à Bercy. Encore faut-il que ces gains de pouvoir d’achat soient ressentis comme tels par les ménages et se répercutent sur leurs comportements. Fin 2018, malgré le recul brutal des prix pétroliers et la baisse des cotisations sociales en octobre, favorable à leur pouvoir d’achat, le moral des ménages s’est effondré. L’excès de pessimisme a incité les ménages à reconstituer leur taux d’épargne plutôt qu’à consommer. « On n’a jamais vu une telle déconnexion sur la confiance des ménages », reconnaît Mathieu Plane, perplexe. En janvier, la confiance des ménages est remontée de 5 points, à 91 point. Mais elle reste encore à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période et la crainte du chômage a progressé. La prudence des Français se comprend. Entre 1997 et 2007, le pouvoir d’achat ( revenu disponible par ménage) avait progressé de 5 610 euros (soit +1,8 % en moyenne). De 2008 à 2018, le gain n’a pas dépassé 385 euros sur les onze ans (soit +0,1%).

Ce manque de confiance pourrait perdurer, prévient Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes. "L’impact des mesures budgétaires sur la croissance devrait être modéré par l’accroissement du taux d’épargne des ménages. Ce dernier était de 14,4% au troisième trimestre 2018 et nous anticipons qu’il atteigne 15,3% au premier trimestre 2019", estime l’économiste qui juge qui ne table que sur un impact limité de +0,2 point sur la croissance française. De quoi atteindre péniblement 1,2 % de croissance en 2019 selon Euler Hermes.

Dans ce contexte, la mise en place du prélèvement à la source pourrait ajouter un effet psychologique supplémentaire lorsque les recevront ces jours-ci leurs fiches de paye amputées de l’impôt à la source et les inciter à décaler certains achats. L’impact est difficile à évaluer. Et seuls 43 % des ménages sont concernés. 

 

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