Economie

Le plan de Theresa May pour relancer l'industrie britannique

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La Première ministre Theresa May a réuni son Comité sur la stratégie économique et industrielle mardi 2 août. Elle souhaite mettre en place une politique industrielle, abandonnée trente ans plus tôt par Margaret Thatcher. Un moyen de rassurer les industriels, perturbés depuis le référendum sur le Brexit du 23 juin.

Le plan de Theresa May pour relancer l'industrie britannique © Flickr c.c.

Le Royaume-Uni est-il à l'aube d'une renaissance industrielle ? C'est en tout cas ce qu'espère Theresa May. La nouvelle Première ministre a réuni pour la première fois, mardi 2 août, le Comité sur la stratégie économique et industrielle au 10 Downing street. L'objectif de ce comité était de réfléchir à une stratégie industrielle afin de profiter des opportunités offertes par le Brexit. Les mesures restent pour le moment floues, mais c'est la première fois qu'un chef du gouvernement britannique s'intéresse d'aussi près au secteur secondaire, depuis que Magaret Thatcher ait enterré le concept de politique industrielle il y a trente ans.

"La première ministre a insisté sur le fait que la politique économique du pays devait fonctionner pour tout le monde", a rapporté un porte-parole du gouvernement à l'issu du comité. Elle espère réunir le pays et donner plus de pouvoir à ceux qu'elle appelle "the hard-working people" (ceux qui travaillent dur). Comprendre les populations des zones désindustrialisées du pays qui se sont largement prononcées en faveur du Brexit.

L'Association des manufacturiers rassurée

Le ministre des finances Philip Hammond, présent au comité, a estimé que la réduction de l'écart de compétitivité entre Londres et le reste du pays devrait entraîner 9% de croissance, soit 150 milliards de livres (179 milliards d'euros) supplémentaires dans les caisses de l'état.

Le gouvernement souhaite aider les industries qui font la force du Royaume-Uni, comme l'automobile avec Jaguar Land Rover et l'aéronautique avec BAE Systems. Et il veut également rester ouvert aux nouvelles industries, comme le fabricant de puces électroniques ARM Systems, vendu à Japan Soft Bank en juillet pour 32 milliards de livres, soit 38 milliards d'euros.

Le comité a également dit qu'il soutiendrait la formation des ouvriers qualifiés, de plus en plus demandés dans l'industrie.

"Le simple fait que la Première ministre préside ce comité pour la stratégie industrielle est un début de réponse à l'une des faiblesses des deux précédents gouvernements : le manque de concertation et d'approche trans-ministérielle", a déclaré Teddy Scuoler, le président de l'Association britannique des fabricants (EEF) à Reuters.

Selon l'EEF, 60% des industriels étaient contre le Brexit. Si le plan de Theresa May n'a pas encore fait ses preuves, il sera au moins déjà parvenu à les rassurer.

Pour l'heure le gouvernement doit traiter, deux dossiers industriels de taille. Hinkley Point, la Première ministre se laisse jusqu'à l'automne pour prendre une décision finale, et Tata Steel, le sidérurgiste indien avait annoncé fin mars la vente de ses activités au Royaume-Uni, mettant en péril des milliers d'emplois. Finalement, suite au Brexit, il a déclaré vouloir revoir sa réflexion, et a engagé des négociations avec Thyssenkrupp pour l'éventuelle création d'une co-entreprise.

Avec Reuters 

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