Le parcours haché des salariés en contrats courts

La moitié des salariés en contrat de travail de moins de trois mois réussit à travailler toute l’année, quand un tiers multiplie les aller-retour entre emploi et chômage, indique une étude de l’INSEE publiée le 6 février. Une précarité que les partenaires sociaux cherchent à endiguer en renégociant les règles de l’Assurance chômage.

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 Le parcours haché des salariés en contrats courts
4,5% des emplois sont occupés par des personnes en contrat de travail de moins de trois mois, une part stable depuis une douzaine d'année.

Depuis plusieurs mois, à la demande du gouvernement, les partenaires sociaux cherchent un moyen de limiter le recours aux contrats de travail très courts. En plus de la précarité dans laquelle ils maintiennent les salariés qui les signent, ils coûtent cher à l’Assurance chômage, appelée à leur verser une indemnité entre deux périodes travaillées: 40% des dépenses en indemnisation chômage viennent d'une fin de CDD ou d'intérim.

Dans une étude publiée ce mercredi 6 février, l’INSEE apporte sa contribution au débat en détaillant les parcours et profils des personnes concernées. L’Institut confirme que la part des salariés en contrat court (CDD ou intérim de moins de trois mois), après avoir fortement augmenté entre 1980 et le milieu des années 2000, évolue peu depuis : ils sont 1,2 million en 2017, représentant 4,5% des personnes en emploi.

La part des salariés en CDD court est particulièrement stable, celle de l’intérim de courte durée fluctuant, elle, en fonction de la conjoncture. En revanche, dans le même temps, les embauches en CDD de moins de trois mois ont continué d’augmenter, pour représenter les trois quarts des recrutements de 2017. Autrement dit, le même nombre de personnes signe de plus en plus de contrats, car ils sont de plus en plus courts : la moitié des contrats de moins de trois mois durent moins d’un mois.

Une moitié de salariés en emploi quasi continu

L’INSEE dresse un portrait des personnes travaillant de courtes durées. Près de la moitié d’entre elles étaient "en emploi de façon quasi continue" au cours de l’année précédente. De petit contrat en petit contrat, elles finissent par travailler 11,2 mois par an en moyenne, très souvent chez le même employeur. Sans surprise, les professions des arts et du spectacle sont sur-représentées dans cette catégorie. Si la moitié de ces salariés sont inscrits à Pôle emploi, ils ne passent en moyenne qu’un demi-mois au chômage dans l’année.

A l’inverse, 19% des salariés qui ont travaillé en contrat court à un moment ont été au chômage la plupart de l’année (9 mois sur 12). 80% d’entre eux n’ont pas choisi cette situation, 41% souhaitent travailler d'avantage. Entre ces deux situations extrêmes, 17% des salariés en contrat court ont alterné six mois de chômage et six mois d’activité. Parmi eux, un sur quatre seulement dit avoir choisi cette situation. Ce sont dans ces deux catégories, qui pèsent un peu plus du tiers des contrats courts, que l’on trouve la plus grande part de d’inscrits à Pôle emploi. Des permittents, qui alternent périodes en emploi et périodes au chômage, comptabilisés dans les catégories B et C (activité réduite) des statistiques de Pôle emploi. La moitié d’entre eux occupe des postes d’employés et ouvriers non qualifiés.

Pour un tableau complet, 11% des contrats courts sont occupés par des étudiants qui travaillent l'équivalent d'un mois et demi par an, en plus de leurs études, et 3% par des personnes inactives, ayant choisi d’exercer ponctuellement une activité d’appoint, beaucoup de femmes, de seniors, n’exerçant aucune activité neuf mois par an. Deux catégories qui s’inscrivent peu à Pôle emploi.

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