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Quotidien des Usines

Le musée des Tissus objet d'une embrouille bien française

Pascal Gateaud ,

Publié le

Le musée des Tissus objet d'une embrouille bien française
Crédits : Pascal Guittet

Il n’a pas la notoriété du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Et il ne peut faire état de la fréquentation de la Cité de l’automobile à Mulhouse. Il n’en témoigne pas moins d’une longue histoire industrielle, d’un passé de conquêtes commerciales et de luttes ouvrières, marqué par l’invention des métiers à tisser et le savoir-faire des canuts. Le 6 octobre, une réunion de la dernière chance doit sceller le sort du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, riche de près de 2,5 millions de pièces, de l’Égypte pharaonique à nos jours. Il s’agit en réalité de deux musées contigus, logés dans des hôtels particuliers au cœur de la ville, dont le propriétaire, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), ne veut plus, incapable, dit-elle, de les moderniser. Il en coûterait quelque 20 millions d’euros pour rénover et mettre aux normes les bâtiments existants, somme à laquelle il faut ajouter les 2,5 millions d’euros du budget de fonctionnement annuel. La CCI, qui veut éviter la fermeture du musée, doit ménager la chèvre et le chou depuis que le président de la région (LR) Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, est sorti du bois, se disant prêt à apporter 10 millions d’euros, à condition que la ville de Lyon et la Métropole, fief du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, en fassent autant. Seulement voilà, la Métropole, qui exerce sur son territoire les compétences autrefois dévolues au département du Rhône, a déjà repris le musée des Confluences, dont le succès ne se dément pas depuis son inauguration le 19 décembre 2014. Quand il était encore aux manettes du Grand Lyon, Gérard Collomb avait expliqué qu’il ne voulait pas s’embarrasser d’une nouvelle institution culturelle et d’une nouvelle ligne budgétaire. Une embrouille bien française en somme. Qui ne doit pas cacher l’essentiel : l’inadaptation d’un musée, propriétaire de collections certes prestigieuses, au XXIe siècle. Pourquoi avoir tant attendu pour vouloir l’ouvrir au design, à la création contemporaine et à l’industrie, comme le préconise l’un des deux scénarios établis par une société d’audit en juillet ? Le directeur du musée, débarqué en juillet, penchait, semble-t-il, pour le second : le rattachement des collections textiles au musée des Confluences, et des collections arts décoratifs au musée des Beaux-Arts, scénario privilégié par les successeurs de Gérard Collomb dans un souci d’optimisation. On en oublierait presque que Lyon accueille jusqu’en janvier une quatorzième Biennale d’art contemporain réputée dans le monde entier… 

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