International

Le moteur chinois de l’export est déprimé, pas sa compétitivité

Anne-Sophie Bellaiche , , ,

Publié le

Les exportations chinoises ne cessent de baisser. Faut-il y voir un effet du dynamisme de nouveaux émergents du Sud-Est asiatique qui entamerait sa compétitivité ? Non car sa part de marché dans les exportations mondiales ne cessent de progresser. En revanche la Chine pâtit d’une stagnation du commerce mondial et de la faiblesse de la première zone économique : l’Europe. 


Une usine en Chine - DR

-2, 8 % en juin, - 8,3 % en juillet, - 5,5 % en août par rapport aux même mois de l’année précédente : c’est clair les exportations décrochent en Chine. 

Pour l’année 2015 au global, elles ne devraient progresser que de 4,5 %. A titre de comparaison, elles connaissaient une progression à deux chiffres dans les années 2010-2011 après la grande récession, et continuaient de croître un peu en dessous de 8 % les années suivantes.

D'autres pays du Sud-Est asiatique comme le Vietnam ou l’Indonésie font preuve d’un grand dynamisme en matière industrielle. Ils proposent désormais des coûts unitaires du travail largement inférieur à l’Empire du milieu. Une interrogation surgit alors : la Chine a-t-elle perdu la main en matière de compétitivité et son statut d’usine du monde est-il remis en question ? 

Le chef économiste de HSBC pour la Chine basé à Hong-Kong est formel : "La Chine a conservé toute sa compétitivité, ses problèmes d’exportation sont dus à la faiblesse de la demande mondiale", estime Qu Hongbin.

Argument convaincant :  la part de marché de la Chine dans les importations européennes était légèrement supérieure à 15 % en  2012. Elle est de 20 % en 2015.  Cette même tendance se retrouve dans la part de marché de la Chine dans les exportations mondiales qui n’a jamais cessé sa progression et est passée de 10 % en 2009 à près de 13 % mi-2014. En revanche, le niveau du commerce mondial a stagné, d’où les surcapacités d’un certain nombre de secteurs manufacturiers et le fait que la Chine se retrouve avec un appareil productif désormais surdimensionné.  L’effet de la concurrence est pourtant là. 

Une NOUVELLE CONCURRENCE Qui n'a pas entamé la suprématie

A l’intérieur même du secteur manufacturier une redistribution des cartes est en cours avec les pays voisins. "Oui, une entreprise chinoise de chaussures n’est plus compétitive par rapport à d’autres pays du Sud-Est asiatique, affirme Qu Hongbin, mais en revanche celles qui produisent des smartphones le sont. Il suffit de regarder le rang occupé par les entreprises chinoises dans la production de ce secteur dans le monde".

En réalité, la Chine est montée en gamme dans la chaîne de valeur et s’est bien adaptée à la hausse de ses salaires. Cependant, avec une consommation intérieure qui progresse mais contribue encore faiblement au produit intérieur brut, cette déprime du commerce mondiale ralentit sa croissance. Elle devrait s’établir autour de 7% en 2015 selon HSBC tandis que la production industrielle, principale victime du ralentissement des exportations ne dépasseraient pas 4,5 %. Si la Chine s’inquiète de la faiblesse de la première zone économique mondiale (l’Europe) elle reste très confiante dans sa compétitivité.

 

 

 

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte