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Le Medef relance le débat sur le contrat de travail

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Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, annonce que le syndicat patronal présentera début 2019 des propositions pour réformer le contrat de travail et atténuer les différences entre CDD et CDI.

Le Medef relance le débat sur le contrat de travail
Geoffroy Roux de Bézieux a été élu président du Medef en juillet 2018.
© Pascal Guittet

Le nouveau président du Medef, qui rencontrait ce mardi 13 novembre des journalistes économiques et sociaux, est resté volontairement évasif sur la proposition que prépare son organisation. Mais proposition il y aura, début 2019, pour réformer le contrat de travail. Un sujet explosif qu’Emmanuel Macron s’était bien gardé d’aborder frontalement dans les premières réformes sociales de son quinquennat.

Inspiré par sa récente lecture d’Economie du bien commun, le livre du Français Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014 et défenseur du contrat de travail unique, Geoffroy Roux de Bézieux préconise de gommer les différences entre contrats à durée déterminée (CDD) et contrats à durée indéterminée (CDI). Si les employeurs utilisent autant le CDD, c'est que sa fin reste prévisible pour eux, a-t-il défendu, alors que "la fin d’un CDI est totalement imprévisible". Il reconnaît néanmoins que la récente réforme des prud'hommes a rendu la fin du CDI un peu moins imprévisible... Le président du Medef propose donc d'instaurer un "continuum" entre les CDD de quelques jours, les CDD plus longs et les CDI. "On pourrait imaginer un contrat de 20 jours par mois, mais qui seraient flottants dans le mois en fonction de l’activité : trois jours par ci, cinq jours par là… "

Le bonus malus sur les contrats courts en arriere-plan

La relance de l’idée d’une réforme du contrat de travail n’arrive pas maintenant par hasard. Elle tombe au moment où les organisations patronales sont vent debout contre l'instauration d’un bonus-malus sur les contrats très courts, une idée poussée par le gouvernement et remise en avant par Emmanuel Macron vendredi 9 novembre, jour de démarrage de la négociation entre partenaires sociaux sur l’assurance chômage.

L’idée du gouvernement est de mesurer, pour chaque secteur, le taux moyen d’inscription à Pôle emploi, et de fixer les cotisations patronales à l’assurance chômage de chaque entreprise en fonction de sa position par rapport à cette moyenne. Autrement dit, plus une entreprise met fin à des CDD ou licencie, plus elle cotise à l’assurance chômage.

Peu d'accords de branche

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, "l’économie diverge", et les besoins des employeurs, y compris à l’intérieur d’un même secteur, sont différents. Il prend pour exemple les entreprises de la restauration : celles qui assurent la restauration d’entreprise ont une forte prévisibilité sur leur activité et peuvent donc signer des CDI, tandis que les traiteurs qui travaillent sur des événements ponctuels, comme les congrès, ont besoin de contrats plus flexibles. Taxer les contrats courts mettra en difficulté ces derniers, tandis que les premières n’embaucheront pas pour autant de nouveaux salariés. Pour lui, le système de bonus-malus imaginé "détruira de l’emploi court et ne créera pas de CDI".

Le gouvernement a laissé une issue aux organisations patronales : si les branches professionnelles signent des accords pour limiter les contrats courts, il n’imposera pas son bonus-malus. Mais deux branches seulement ont trouvé un accord : la propreté et la métallurgie. Le Medef espère qu’une dizaine d’autres suivront d’ici début 2019. Insuffisant, sans aucun doute, pour le gouvernement. La négociation sur l’Assurance chômage voit vraiment s’amonceler les nuages au-dessus de sa tête.

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