Le Luxembourg veut continuer d’attirer la finance mondiale

A l’occasion du séminaire de la place financière luxembourgeoise à Paris, Pierre Gramegna, la ministre des Finances du Luxembourg a expliqué les réformes engagées dans le pays. Le Grand-Duché assure s’être mis aux standards internationaux en termes de fiscalité. Et prévoit malgré tout de rester attractif. 

Partager


Colloque Luxembourg for Finance - Crédits Twitter CC Luxembourg for Finance

Cela faisait trois ans que la place financière luxembourgeoise faisait profil bas. Face aux critiques de la communauté internationale sur les pratiques fiscales du Grand-Duché, l’association Luxembourg for Finance préférait ne pas tenir son colloque annuel à Paris à destination des banquiers et gérants de fonds.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"Je crois que le moment est venu de présenter la nouvelle place financière luxembourgeoise", estime aujourd’hui Paul Dühr, l’ambassadeur du Luxembourg en France. La place financière du Grand-Duché a organisé le 20 octobre 2015 son séminaire pour inciter les financiers parisiens à investir sur son territoire.

Pour cela, Pierre Gramegna, le ministre des Finances du Luxembourg, est venu expliquer la manière dont la réglementation avait été modifiée. "Le monde de la fiscalité internationale a beaucoup changé et le Luxembourg est l’un des pays qui s’est le plus transformé", indique-t-il.

L’année dernière, le Luxembourg a ainsi aboli le secret bancaire, qui protégeait ses banques privées et les patrimoines qu’elles géraient.


Echange des informations fiscales
Le ministre assure par ailleurs que, depuis le 1er janvier 2015, son administration fiscale a mis en place un échange des informations avec ses homologues. Il rappelle que la directive européenne imposant plus de transparence sur les rescrits fiscaux a été adoptée pendant la présidence luxembourgeoise.

"Et nous ferons partie des premiers pays, en 2017, à mettre en place les échanges d’informations aux standards de l’OCDE", reprend Pierre Gramegna. En tant que représentant de la présidence de l’Union européenne, il faisait partie de la réunion des ministres des Finances du G20 à Lima le 9 octobre 2015, au cours de laquelle le projet de l’OCDE sur l’Erosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) a été adopté.

S’il est d’accord pour se racheter une conduite face à la grogne des autres pays, le Luxembourg ne veut pas pour autant perdre tous ses avantages. Pierre Gramegna continue de s’opposer au projet de taxe sur les transactions financières, porté par 11 pays européen.

"Pour être efficace au niveau international, il faut un terrain de jeu équitable, explique-t-il. Si on voulait introduire une telle taxe, il faudrait le faire au niveau mondial." Même chose pour le projet BEPS de l’OCDE. "Maintenant que nous nous sommes mis d’accord sur des règles, il faut que la mise en œuvre se fasse de manière concomitante", martèle-t-il.

Le Grand-Duché, qui revendique notamment le statut de deuxième place mondiale pour l’attractivité des fonds d’investissement, entend rester une place financière de choix. "Nous avons accumulé un savoir-faire remarquable, nous avons attiré beaucoup de talents et nous sommes internationaux par nature", revendique Pierre Gramegna. Il s’assure qu’aujourd’hui, la place financière luxembourgeoise a réussi à s’adapter à la nouvelle donne fiscale. "2014 a même été un bon millésime !", assure-t-il.

Arnaud Dumas

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS