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L'Usine Matières premières

Le Loungeshare, hackaton de la matière : 48 heures pour faire du beau à partir de rebuts

Christophe Bys , , ,

Publié le

Reportage Pendant un week-end, 27 participants ont réfléchi à l’objet qui correspond le mieux à la définion de "se poser". Et ils l’ont réalisé. Car le Loungeshare n’est pas un simple concours d’idées. C’est un événement où l'on produit un objet. Prouvant au passage qu’on peut faire du beau en recyclant des rebuts. Encore faut-il bien se coordonner. Reportage. 

Le Loungeshare, hackaton de la matière : 48 heures pour faire du beau à partir de rebuts © Loungeshare

Pour ce premier dimanche d’automne en Ile-de-France, le sacrifice n’a pas dû être fort. Derrière la porte d’Ici Montreuil (Seine-Saint-Denis), ils sont une petite trentaine (27 exactement sur 250 dossiers envoyés) à avoir séché le repas dominical pour les joies du bricolage version design. Ils ? Ce sont les trois membres des neuf équipes, 13 filles et 14 garçons, âgés de 21 à 49 ans, qui participent à la troisième édition du Loungeshare.

Chaque équipe a été composée par les organisateurs Daria Blank et Axel Delbrayère, avec la volonté de panacher pour rassembler un designer, un ingénieur ou technicien et un curieux. Un peu comme eux deux, puisque l’une est avocate et l’autre designer. Chaque équipe a deux jours, puisque tout a commencé le samedi 15 novembre de bon matin, pour imaginer et construire un objet sur un thème imposé, soit "se poser" pour cette troisième édition. "Comme pour les deux premières éditions, nous avons rappelé aux candidats les critères : ils doivent proposer une solution fonctionnelle, esthétique, où la forme est cohérente avec la fonction, ergonomique et belle", rappelle l’exigeant Axel Delbrayère. Et pas question de proposer un prototype non fini ou non utilisable. Si on propose un siège, on doit pouvoir s’asseoir dedans.

se frotter à la matière

Vingt-quatre heures plus tôt, les unes et les autres ont eu une heure pour faire connaissance, trouver un nom d’équipe et commencer à esquisser un projet réalisable dans le temps imparti. Car, le Loungeshare n’est pas le lieu d’élucubrations hors sol. Les candidats doivent se frotter à la matière pour réaliser un objet en dur, avec des matières premières de récupération. Les matériaux disponibles conditionnent donc grandement la viabilité des différents projets. Bienvenue dans le monde de l’upcycling soit la transformation de rebuts en produit de qualité supérieure.

Lors des précédentes éditions on a vu d’anciens comptoirs utilisés à la Cité des sciences de l’industrie finir en fauteuils vendus dans une salle des ventes. Là, à l’heure où d’autres entament le gigot, certains participants s'équipent de couteaux électriques pour découper de la mousse qui remplira bientôt l’assise d’un fauteuil. La pause déjeuner commence et dans une joyeuse ambiance, on continue de parler des projets des uns et des autres. C’est Clément qui s’interroge "Combien de rangées de coutures on va faire ? Une ou deux ?".  Après une discussion passionnée, la décision est prise : "on commence avec une et on verra ce que ça donne."

 Sortir de sa zone de confort

Retour aux ateliers, une fois le sandwich avalé, agrémenté d’un jus de fruit bio. A quelque dix heures de la fin officielle du concours, la forme finale des différents projets reste encore très floue. Seule une équipe paraît en avance, les Chills : ils ont découpé des polygones à cinq côtés en bois qu’ils nettoient soigneusement à l’aspirateur, avant de les assembler pour former une sorte de grosse bulle "où s’isoler dans un open space pour téléphoner", explique Gérald, l'un des trois membres de l'équipe, designer de formation.

L’équipe des Yaa s’interroge encore sur la forme finale qu’elle va donner à son projet. Pragmatique, ses membres s’allongent sur le sol, testent, expérimentent le meilleur moyen pour inviter à se reposer... Un peu plus loin, les "Tales me more" semblent moins avancés avec leur projet de réaliser un tipi d'isolement. Ils ont prévu d’utiliser des chutes de lycra. L’interrogation du moment est de savoir s’ils en auront assez par rapport à leur plan. Marion s’affaire à couper des chutes de plastique. Verrier d’art, elle explique être "venue pour sortir de sa zone de confort et se confronter à d’autres métiers".

C’est réussi visiblement quand on écoute Gauthier, consultant en innovation et curieux de l’équipe, venu ici pour "faire quelque chose avec ses mains", avant de préciser : "on ne parle pas le même langage. Chaque fois qu’on me demande quelque chose, je me fais bien préciser ce qu'on attend de moi". Car pour bien innover durant le Loungeshare, il faut aussi réussir à créer un esprit d’équipe "Certains se comprennent tout de suite, d’autres n’ont pas réussi à se décider, observe Daria Blank. A l’inverse, d’autres s’entendent tellement bien qu’ils en ont un peu oublié d’avancer sur leur projet. Cela fait partie de la philosophie de l’événement."

LA TENSION MONTE D’UN CRAN

Car l’heure tourne et, en ce dimanche après-midi, quand d’autres prennent le thé, la tension est montée d’un cran. Le regain d'activité pour finir dans les temps est palpable et les différentes machines disponibles dans les 1700 mètres carrés d’Ici Montreuil sont utilisées par les uns et les autres. Si tous réussiront à terminer leur projet et à le présenter, certains finiront dans la nuit de dimanche à lundi aux alentours de deux heures du matin. Leur récompense ? Outre un cadeau, la perspective d’être élu parmi les plus belles créations. La possibilité aussi d’être exposé dans différents événements consacrés au design, et, qui sait, que leur création soit vendu aux enchères…

En attendant les deux fondateurs travaillent à une version du Loungeshare en entreprise. Faire travailler ensemble des salariés venus de différents services pour créer une œuvre commune. Comme un retour aux sources du travail.

Christophe Bys

L’ensemble des objets seront présentés jeudi 20 novembre à Ici Montreuil au 135 Boulevard de Chanzy. Les visiteurs pourront voter sur place ou en ligne (sur le site loungeshare.fr) pour leur création préférée

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