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Comment le gouvernement veut accélérer l’industrie du futur

Solène Davesne ,

Publié le , mis à jour le 20/09/2018 À 15H27

[ACTUALISÉ] Le Premier ministre Édouard Philippe a détaillé le jeudi 20 septembre le plan d’action du gouvernement en faveur de la transformation numérique de l’industrie. Sur-amortissement fiscal, soutien à des plateformes numériques et technologiques... Découvrez les trois principales mesures annoncées.

Comment le gouvernement veut accélérer l’industrie du futur © Schneider Electric

Le jeudi 20 septembre, le Premier ministre Édouard Philippe a arbitré sur le retour d'un dispositif de sur-amortissement fiscal des investissements des industriels en présentant un plan d’action du gouvernement pour la transformation numérique de l’industrie, lors d’une visite chez Dassault système, en région parisienne.

1- Sur-amortissement fiscal pour les PME

Ces annonces étaient surveillées de près par les industriels. Le 10 septembre, lors d’une réunion du Conseil national de l’industrie, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’était dit favorable à un sur-amortissement fiscal dans le prochain projet de loi de finances.

Une mesure confirmée ce 20 septembre, avec l'annonce d'un sur-amortissement fiscal de 40 % des investissements limités à la robotique et à la transformation numérique (imprimante 3D, logiciel de gestion de la production, capteurs connectés ..) pour les achats effectués entre janvier 2019 et fin 2020. L’avantage sera réservé aux PME, contrairement au dernier dispositif d’avril 2015 à avril 2017, qui concernait toutes les entreprises.

"L’industrie française doit continuer à rattraper son retard d’équipement de ses usines, or les incertitudes autour de la croissance peuvent freiner les investissements", plaidait Bruno Grandjean, le président de la Fédération des industries mécaniques et de l’Alliance pour l’industrie du futur. Entre 2015 et 2017, la mesure, qui permettait de réduire le coût de revient des équipements industriels de 40%, avait coûté près de 500 millions d’euros par an mais avait fait bondir les chiffres de ventes de robots. En mai, une baisse des taxes de production, pour laquelle militait Bruno Le Maire avait été reporté par le Premier ministre à l’après 2020 au mieux, faute de marges budgétaires.

Le plan d’action s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis l’automne dernier, le gouvernement s’est engagé dans une remise à plat de sa politique de soutien aux filières, avec la refonte du conseil national de l’industrie. Pour piloter la transformation numérique de l’industrie, un nouvel outil, le CNI numérique, a été installé en juillet.

2 - Des plateformes d'accélération de l'industrie du futur

Pour accélérer l’industrie du futur en région, Édouard Philippe a également annoncé des plateformes d’accélération des technologies de l’industrie du futur, qui selon le cas porteront des moyens de formation, d’appui à l’innovation ou d’accompagnement. Elles pourront s’insérer dans des CTI (centre technique industrie), des pôles de compétitivité, des IRT. Une mission est confiée à la député Anne-Laure Cattelot et Bruno Grandjean, président de la FIM et de l’alliance de l’industrie du futur, qui rendront un rapport sur le sujet fin novembre.

"Ce serait un lieu pour diffuser les bonnes pratiques, former et servir de vitrines pour les technologies nouvelles et les diffuser largement", estime Bruno Grandjean. Ces lieux pourraient notamment s’inspirer d’initiative en cours, comme la construction dans la vallée de l’Arve du centre d’expertise pour le décolletage ID Center.

Le gouvernement s'est aussi appuyé sur un rapport de l’institut Montaigne, piloté par Benard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes et Jean-Dominique Senard, le président de Michelin, et dévoilé mercredi 19 septembre. Estimant que "le déploiement de l’industrie du futur est à même de définir un nouveau paradigme dans lequel la France disposerait d’avantages non négligeables", les industriels qui ont été épaulé par le BCG militent pour l’ouverture de 15 à 20 centres d’accélération de l’industrie du futur sur le territoire.

"Il s’agit de coordonner, de rationaliser et d’accélérer l’ensemble des initiatives dans le cadre de la transformation de l’industrie française", estime le rapport, qui propose que ces centres, placés sous l’impulsion d’un grand groupe industriel, proposent des activités de formations, de soutien à l’innovation et de guichet unique pour accompagner les PME et les ETI. Des lignes pilotes pourraient aussi y être intégrées pour tester les technologies futures. Ces centres pourraient être spécialisés sur différentes thématiques de l’industrie du futur.

L’institut Montaigne évalue entre 45 et 100 millions d’euros le budget nécessaire. Un effort qu’il juge nécessaire pour ne pas se faire distancer dans la course. Le BCG estime que l’industrie du futur devrait favoriser des gains de l’ordre de 10 à 20 % des coûts de fabrication et une amélioration des conditions de travail. "Certains pays ont davantage structuré l’écosystème au service des entreprises", assure le rapport. L’Allemagne notamment dispose déjà de 19 centres d’excellence, un dans chacun de ses Länder.

3 - Un soutien à la transformation numérique

Pour l'ensemble de son programme dédié à l'industrie du futur, Édouard Philippe a finalement annoncé une enveloppe de 500 millions d’euros. Son plan prévoit aussi le financement avec les régions de l’accompagnement à la transformation numérique de 10 000 supplémentaires de PME d’ici 2022, après les 5200 déjà suivies. Mais aussi le développement de plateformes numériques dans les 16 filières du Conseil national de l’industrie, auquel un budget de 70 millions d’euros issus du Grand plan d’investissement est dédié.

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2 commentaires

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05/10/2018 - 11h54 -

Bonjour, Où peut-on accéder au détail du plan d'action ? Merci
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Nom profil

20/09/2018 - 21h42 -

Je partage le contenu du rapport. Toutefois, il est amnésique. Il ne mentionne pas l'échec des projets d'usine du futur menés dans les années 1980. Une liste de techniques médiatiques ne fait pas en soi un système de production performant. De plus, l'un des maillons faibles de l'écosystème proposé est l'enseignement supérieur français (ES). Expériences personnelles récentes : -projet de création d'une licence pour former des innovateurs en PMI. Abandon. Cause : réduction de l'enveloppe horaire et suppressions de postes dans mon université; -projet de recherche sur les pratiques d'ingénierie dans les PMI exportatrices régionales. Abandon. Cause : impossibilité de financer les déplacements pour rencontrer les industriels. La capacité de l'ES à accompagner l'innovation des PMI est faible. Les incitations se sont même amenuisées. En période de vaches maigres, mener une recherche collaborative avec un grand groupe rapporte; vouloir le faire avec une PMI génère des surcoûts non-couverts...
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