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Quotidien des Usines

Le gouvernement lâche-t-il des usines comme l'accuse Xavier Bertrand?

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Lors de la matinale de France Inter, ce 12 septembre, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a mis en cause le gouvernement sur l’accompagnement de deux entreprises en difficulté, TIM et Ascoval. Il accuse Emmanuel Macron et Bercy de ne pas se préoccuper de l’industrie et même de "cynisme d’état". Jean-Pierre Floris, le délégué aux restructurations d’entreprises, a une analyse un peu différente de la situation.

Le gouvernement lâche-t-il des usines comme l'accuse Xavier Bertrand?
Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France accuse le gouvernement de lâcher des usines. Pas si simple...
© Pascal Guittet

"J’ai vu un gouvernement qui ne tient pas parole. Notamment dans des dossiers importants pour moi, l’industrie, des dossiers industriels. […]Il y a un cynisme d’Etat qui consiste à laisser des entreprises mourir." Ce mercredi 12 septembre au matin, sur France Inter, Xavier Bertrand a poussé un coup de gueule. Il a mis en cause nommément Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, et Jean-Pierre Floris, le délégué aux restructurations sur la gestion et le sauvetage de deux entreprises industrielles des Hauts-de France. 

Il s’agit de deux entreprises du Nord, le fabricant de cabines de chantier TIM à Quaëdrype et l’aciérie Ascoval à Saint Saulve. Selon Xavier Bertrand, l’Etat n’honorerait pas ses engagements. TIM (450 salariés) est dans une situation très délicate aujourd’hui après avoir été déjà reprise en 2017 par l’industriel bulgare Fil Filipov. Xavier Bertrand explique que la région a versé 3,5 millions d’euros à cette société et que "Benjamin Griveaux, qui s’était rendu dans l’entreprise, avait promis 2 millions d’euros. Dans un courrier reçu en août, le ministre m’a dit que pour des raisons X ou Y il ne les verserait pas", affirme Xavier Bertrand.

 

Un prêt de l'Etat sous conditions

Interrogé, Jean-Pierre Floris, le commissaire aux restructurations ne nie pas le projet de prêt de 2 millions mais il revient sur ces fameuses "raisons X ou Y". "Nous avons toujours dit et écrit que le prêt à TIM serait consenti si l’entreprise était en mesure de le rembourser. Les aides publiques sont contrôlées, et ce que l’on donne aux uns n’est pas donné aux autres. Cet argent, c’est l’argent des citoyens. Or le plan d’affaires actuel que j’ai examiné suscite des questions ; le propriétaire de l’entreprise refuse de donner des précisions complémentaires et aussi de mettre en place un système d’information régulière des services de l’Etat si ce prêt était consenti", explique l’ancien industriel, engagé par Bercy. Dans ces conditions, le ministère de l'Economie refuse de mettre au pot, tandis que la région a elle en revanche bien engagé ses 3,5 millions d’euros.

Extrait de la lettre envoyé par Bruno Le Maire à Xavier Bertrand le 8 août dernier sur TIM : 

 

 

Par ailleurs, une autre solution avait été trouvée avant cet épisode en pleine concertation avec la région. L’idée était d’adosser TIM à une autre entreprise du secteur, via une fusion mais le propriétaire, M. Filipov, avait refusé cette solution qui impliquait de vendre ses parts et le départ d’environ 80 salariés. Aujourd’hui, Tim a ouvert un plan de départ volontaire de 150 personnes et préfère poursuivre en solo.

 

De gros investissements pour transformer Ascoval

Sur Ascoval (280 salariés), en redressement judiciaire et en quête de repreneur, Xavier Bertrand accuse une fois encore le gouvernement de ne pas mettre assez d’énergie et de financement pour assister un des repreneurs. Celui-ci a imaginé un plan d’investissement pour diversifier les débouchés de l’usine qui fabriquait de l’acier pour les tubes de Vallourec.

En janvier 2018, les co-propriétaires du site, le suisse Schmolz+Bickenval et Vallourec, avaient assuré un plan de charges d'un an à l’usine le temps du redressement judiciaire qui prend fin en septembre. Ils sont sollicités pour remettre au pot et assurer la pérennité de la reprise sous forme de nouvel engagement de commandes. La décision sur la reprise appartient au tribunal de grande instance de Strasbourg qui doit se prononcer le 26 septembre. A Bercy, on estime que ce repreneur a un projet très sérieux mais est trop gourmand. Le délégué aux restructurations est toujours en discussion sur les aides que pourrait consentir l’Etat et en discussion avec les propriétaires actuels. Pour Xavier Bertrand, l’Etat comme Vallourec ne pense "qu’aux actionnaires et au pognon."  Selon nos informations, les sommes en question sont de l’ordre de la dizaine de millions. Dans tous les cas, c’est le tribunal de Strasbourg qui tranchera au vu des éléments du dossier.

Sans vouloir polémiquer, le délégué aux restructurations s’est étonné d’être accusé de ne pas vouloir sauver l’industrie française. "Le ministère de l’Economie et des Finances travaille en parfaite concertation avec les services de la région. Et j’ai moi-même travaillé toute ma vie dans l’industrie. Si quelqu’un aime l’industrie c’est moi, se défend l’ancien patron de Verallia. Notre philosophie c’est de garder le maximum d’entreprises sur le territoire et qu’elles soient le plus performantes pour sécuriser l’emploi. Je n’ai accepté ce poste que pour rendre au pays un peu de ce qu’il m’a donné."  Xavier Bertrand donne aussi tout à son pays qui est désormais, avant tout, les Hauts-de-France.

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2 commentaires

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23/09/2018 - 08h53 -

Mme La JOURNALISTE: 1. L’Etat ma demandé d'accepter un audit financier par les grands auditeurs et n'ont pas voulu accepter l'audit effectué par le notre - situé à Dunkerque. Pourquoi TIM devrait-il consacrer du temps et de l’argent aux auditeurs pour nous dire que TIM n’était pas viable? Nous le savions tous! OUI, j'ai refusé. 2. Oui, ils m'ont proposé de vendre TIM et j'étais d'accord pour le vendre à 1 € à la condition "comme c'est où c'est " ..... non, ils voulaient que j'accepte un "pre-pack”, déposer le bilan pour insolvabilité et pour que Buisard reprenne avec 80 personnes en moins .....! OUI, j'ai refusé. J'ai été traité comme le jeune garçon qui demandait de l'argent pour acheter son premier vélo… ils oublient que quoi qu'il arrive, j'ai économisé des millions d'euros aux contribuables et 600/700 emplois directs et indirects dans la région! Je n’ai pris aucun salaire depuis plus d’un an et je n’ai pas l’intention de le faire… mais je vais tout faire pour sauver TIM.
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15/09/2018 - 09h49 -

L'entreprise est la seule activité qui permet de créer de la richesse dans un pays, tout en améliorant la qualité de la vie. Mais pour qu'elles ne puissent pas abuser d'une situation privilégiée, il est absolument nécessaire de maintenir une forte concurrence territoriale. Or aujourd'hui nous avons sur notre sol des entreprises qui n'ont pas de concurrent (GAFA) et en plus on fait subir à celles qui produisent sur le territoire la concurrence déloyale des pays à faible coût ? C'est ainsi qu'on perd des parts importantes de notre savoir faire, parce que n'étant pas capables de nous protéger, elles se délocalisent. Ce qui reste et se développe, sont juste celles qui sont dans la prédation Qui vivent des décisions des gouvernement SANS CRÉER AUCUNE VALEUR que celle de pouvoir prendre à ceux qui se déplacent . C'est ainsi qu'on a crée toute une industrie autour des radars. Alors même qu'on a abandonné des secteurs comme le textile qui faisait vivre des milliers des personnes peu qualifiées
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