Le français Shadow vise des millions de joueurs sur son cloud en 2022

Extension à l’international, entrée chez des fournisseurs d’accès à internet, partenariat avec OVHCloud… La pépite française Shadow du jeu dans le cloud explore plusieurs axes de développement. L’ambition est de capter sur sa plateforme de PC virtuel des millions de joueurs en 2022. De quoi en faire une grosse ETI.

 

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Le français Shadow vise des millions de joueurs sur son cloud en 2022
La pépite française Shadow veut capter sur sa plateforme de PC virtuel des millions de joueurs en 2022.

Shadow, la marque de la pépite française Blade de jeu dans le cloud, rentre dans un cercle vertueux. A peine son cinquième tour de table de 33,5 millions d’euros bouclé, portant le total des fonds levés depuis sa création à 98,5 millions d’euros, elle pense au prochain en 2020.

Projet de lever plus de fonds en 2020

"Nous sommes dans une activité qui réclame beaucoup de capitaux, explique à L’Usine Nouvelle Jérôme Arnaud, directeur général de la start-up. Nous en avons besoin pour à la fois continuer à développer notre technologie et construire notre infrastructure. La prochaine levée de fonds sera d’un montant plus important que celle de cette année. Nous sommes dans un modèle intéressant où plus nous progressons et plus il devient facile pour nous de lever des fonds."

Fondée à Paris en octobre 2015, Shadow propose un service de PC virtuel de jeu, l’ombre d’un PC de jeu à hautes performances hébergé dans ses datacenters. Moyennant un abonnement de 13 à 40 euros par mois, le joueur accède à la puissance d’une machine au top niveau et à jour, sans avoir à investir régulièrement dans un coûteux PC. Le service est accessible sur tout écran (PC, tablette ou smartphone) via une application. Il nécessite toutefois une bonne connexion internet pour éviter les temps de latence, cause de frustration chez les adeptes du cloud gaming.

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Google Stadia, un service de cloud gaming très ambitieux mais rempli de zones d'ombre

La pépite française compte aujourd’hui 200 personnes, dont 170 en France, et 70 000 abonnés à sa plateforme, dont un tiers aux Etats-Unis. Elle se positionne différemment des plateformes de jeu en streaming (cloud gaming) comme Statia de Google, PS Now de Sony ou GeForce Now de Nvidia. "Nous offrons juste un service de PC dématérialisé, précise le directeur général. Libre ensuite au joueur d’aller sur la plateforme de jeu en ligne de son choix ou d'utiliser ses jeux existants. Nous sommes agnostiques aux plateformes de vente de jeux en ligne. C’est un gros avantage. Mais nous donnons accès à toutes les plateformes. Et le développement de plateformes de cloud gaming comme Stadia de Google ne peut que nous être favorable, car il participe à l’évangélisation du marché. Nous allons faire en sorte que les jeux soient facilement accessibles en ligne pour nos abonnés. Mais, en aucune façon, nous n’irons dans les services de jeux en streaming comme le fait Google avec son service Stadia. "

Future licorne

Pour Jérôme Arnaud, qui a pris le poste de directeur général en septembre dernier avec la mission d’accélérer la croissance de la société, la priorité va au développement commercial pour accroître la pénétration de sa plateforme en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Bénelux où l’entreprise est aujourd’hui présente. L’un des moyens envisagé est d’entrer chez les fournisseurs d’accès à internet comme le fait Netflix. La présence outre-Atlantique est jugée encore légère. L’objectif est de la renforcer tout en s’étendant à l’Espagne, l’Italie, la Scandinavie, Singapour et la Corée du Sud, des pays connus pour leur forte appétence pour les jeux.

"Nous voulons changer d’échelle en passant à quelques centaines de milliers d’abonnés en 2020 puis quelques millions en 2022, confie Jérôme Arnaud. Le marché adressable est énorme. Le nombre de joueurs sur console et PC se compte en centaines de millions dans le monde. Nous voulons en convertir juste un petit pourcentage. Si nous atteignons notre objectif, nous serons plus qu'une grosse ETI. Nous avons le potentiel de devenir une licorne."

Jusqu’ici, Shadow s’appuie sur sa propre infrastructure avec sept datacenters chez des hébergeurs informatiques comme Equinix ou Interxion : deux en Ile de France, quatre aux Etats-Unis et un à Amsterdam. Pour accompagner sa montée en puissance, il va s’appuyer sur l’infrastructure cloud d’OVHCloud d’abord en France puis à l’international. C’est le sens du partenariat noué récemment entre les deux entreprises.

Maîtrise de toute la chaîne de valeur

"Cela va alléger notre modèle et nous libérer des ressources pour développer notre technologie et optimiser nos processus d'allocation des ressources, explique Jérôme Arnaud. Mais nous tenons à garder la maîtrise de l’ensemble de notre chaîne de valeur. Nous continuerons à développer aussi notre propre infrastructure en partenariat avec 2CRSI, qui construit et fabrique sur mesure nos serveurs. Notre développement à l'international nous amène à ouvrir un ou deux datacenters en Europe du Sud et un autre en Asie."

Le partenariat entre les deux sociétés va au-delà des relations client-fournisseur. 2CRSI a profité de la dernière levée de fonds pour prendre une participation de 2 millions d’euros dans Shadow. Un investissement stratégique puisque Blade reste son plus gros client.

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