Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

[Portrait] Sébastien Gendron, le Français d'Hyperloop

Publié le , mis à jour le 15/01/2018 À 10H21

Sébastien Gendron a fondé Transpod pour réaliser le rêve Hyperloop. Un projet fou qu’il développe avec pragmatisme et qui incarne sa quête d’excellence.

[Portrait] Sébastien Gendron, le Français d'Hyperloop
Sébastien Gendron
© Dominique FONTENAT

Hyperloop est le transport du futur rêvé par la Silicon Valley. Ses stars ? Elon Musk, l’investisseur Shervin Pishevar, Richard Branson et… Sébastien Gendron. Ce Français de 38 ans au relationnel simple et direct détonne dans la galaxie Hyperloop. Transpod, la société qu’il a cofondée au Canada fin 2015, vise elle aussi à embarquer des passagers dans des capsules filant à plus de 1 000 km/h au sein de tubes sous vide. « Nous nous voulons pragmatiques et crédibles », assène Sébastien Gendron. Sans se priver de tacler ses concurrents, le fameux Hyperloop One en tête : « On n’annonce pas que l’on sillonnera les mers de tunnels et que vous pourrez acheter votre ticket en 2020-2021 ». Pas question de promettre la lune. Si Sébastien Gendron présentera un prototype au salon ferroviaire Innotrans en septembre 2018, son agenda n’a pas la flamboyance californienne, avec une première ligne opérationnelle prévue « avant 2030 ».

Des grands groupes à la start-up

Plutôt que d’éblouir son interlocuteur avec l’Hyperloop, cet ancien d’Airbus et de Bombardier Transportation passé par Messier-Bugatti-Dowty préfère raconter comment il travaille avec le ministère des Transports canadien pour établir les normes nécessaires à une certification. « Si on le compare à Bibop Gresta [le cofondateur d’Hyperloop Transportation Technologies, ndlr], c’est le grand écart entre l’ingénieur aux pieds sur terre et le communicant gominé », s’amuse David Rechatin, le gérant de REC Architecture, qui a travaillé sur le design intérieur des capsules de Transpod. « Sébastien n’est pas quelqu’un qui prend la lumière quand il entre dans une pièce. Il est assez humble et réservé », témoigne Magali Mariniere, qui l’encadrait chez Airbus. Son passage en classe prépa, après dix-huit ans au sein d’une famille emmenée aux quatre coins de l’Afrique et de l’Asie par un père expatrié d’Accor, a été bref : « Les profs nous répétaient que nous étions l’élite de la nation… Très peu pour moi. » De ses cinq ans chez Airbus après un master à Supaero, il retient « des relations franches avec les cols bleus. Il n’y a pas de langue de bois ». Et commente sa promotion à 27 ans à la tête d’une équipe de 60 personnes chargée de la phase critique de mise en vol par un sobre : « On m’a fait confiance. »

Reste qu’on ne se retrouve pas par hasard à monter une start-up Hyperloop. « Sébastien est assez dingue pour se lancer dans ce genre de truc ! C’est quelqu’un d’impatient, plein d’énergie et qui aime prendre des risques », apprécie Magali Mariniere. « Il cherchait une cause à embrasser depuis longtemps, un projet dans lequel se réaliser », ajoute David Rechatin. Car Sébastien Gendron rongeait son frein dans les grands groupes. « Il n’était souvent pas d’accord avec ses supérieurs et il enrageait de voir que ses propositions n’étaient pas reprises », se souvient son frère cadet, Benjamin. L’intéressé pointe un immobilisme insupportable, à l’image de ce directeur d’usine qui lui lance : « Arrête de m’embêter avec tes histoires d’amélioration. Tout roule, on ne change rien. »

La performance pour mot d’ordre

Ce féru d’exécution – « c’est ma fibre » – et ceinture noire de lean six sigma a beaucoup appris dans les grands groupes. Mais lui qui ne jure que par l’excellence et l’engagement peste contre « un manque de courage et de culture de la performance. On ne tire pas les bons vers le haut et on laisse en place des tire-au-flanc qui entraînent l’entreprise vers le bas ». Le départ sous les cieux canadiens n’y change rien. Sébastien Gendron se retrouve face à un choix : « Soit vivoter dans ce système, soit se battre et s’user, soit arrêter de donner des leçons et démontrer par l’exemple que l’on peut mener un projet industriel en étant plus performant et innovant. » Il repère fin 2011 un précurseur d’Hyperloop, ET3. Elon Musk remet l’idée au goût du jour en 2013. Sébastien Gendron se lance.

Installé à Toronto depuis six ans – « ma plus longue période au même endroit » –, marié et père d’une petite fille de 6 ans, il veut, avec Transpod, développer un nouveau mode de transport, bien sûr, mais aussi « bâtir une entreprise axée sur la culture de la performance, sans tomber dans le cliché de la Silicon Valley où les hommes s’épuisent au boulot ». Il navigue entre l’Europe et l’Amérique du Nord pour conclure une levée de fonds de 50 millions de dollars après avoir levé 15 millions fin 2016 auprès de l’italien Angelo Investments. Et vient de remettre une feuille de route sur Hyperloop au gouvernement français. Car après les grands groupes, c’est aux ministères que doit se frotter l’impatient entrepreneur. « Il est plus difficile de convaincre les hommes politiques que de lever de l’argent privé », ironise-t-il, avant de relever : « Ce type de projet permet de vérifier si ce gouvernement est sérieux en termes d’innovation et de prise de risque. On parle de start-up nation… On sera fixé. »

 

 

En quelques mots

  • Passionné Après la voile, c’est aujourd’hui Transpod. « Il est habité par son projet. Il vit, mange et dort Hyperloop », témoigne David Rechatin.
  • Pragmatique Les pieds fermement ancrés sur terre, il privilégie les actes et les résultats à l’idéologie.
  • Obstiné « Quand il a quelque chose en tête, il n’en démord pas. Et il est prêt à prendre des risques pour arriver à ses fins », apprécie Magali Mariniere.
  •  

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus