"Le financement des industriels n’est pas qu’un sujet régalien", pour Jeanne-Marie Prost

Le Conseil national de l’industrie (CNI) présente aujourd’hui 10 recommandations pour faciliter le financement des entreprises industrielles. Jeanne-Marie Prost, ex-médiatrice du crédit, qui a présidé le groupe de travail du CNI, nous explique les priorités et l’esprit de ces recommandations.

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L’Usine Nouvelle - Votre position de médiatrice du crédit vous a permis de bien comprendre les écueils du financement des entreprises industrielles. Sur les 10 recommandations du CNI, lesquelles vous semblent prioritaires ?

Jeanne-Marie Prost - D’abord, je voudrais insister sur la dimension opérationnelle de ce travail. Nous n’avons pas voulu faire un catalogue de 80 mesures mais cibler les efforts autour d’un petit nombre de sujets pratiques. Il y en a un qui est pour moi essentiel, celui des délais de paiement. Le crédit inter-entreprises est très important pour le financement des entreprises, c’est le premier poste. Il y a eu des progrès avec la loi LME mais il ne faut pas relâcher l’effort. Il faut les faire respecter, et il ne faut pas tout attendre de l’Etat, car cela relève de la responsabilité des acteurs qui doivent tenir leurs engagements : donneurs d’ordre public comme privé, grandes entreprises comme les ETI.

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Le deuxième sujet, c’est d’explorer rapidement un nouveau mode de financement du court terme qui est assis sur les stocks. C’est très important pour les entreprises industrielles qui en ont souvent beaucoup. Il y a un petit sujet juridique à résoudre pour sécuriser cet outil mais après c’est aux réseaux bancaires de proposer rapidement des produits adaptés. La fédération bancaire qui était membre du groupe de travail est ouverte au sujet.

Sur les relations bancaires, le CNI estime qu’il faut renforcer la proximité avec les entreprises et donner une plus importante délégation aux banquiers au niveau local, n’est-ce pas un vœu pieux ?

Mon expérience de médiatrice me laisse penser qu’au contraire c’est un mouvement qui s’amorce. Certains réseaux ont déjà augmenté les niveaux de délégation. Pour une raison simple, les PME sont redevenues une clientèle importante pour les banques car les grandes entreprises et les ETI font de plus en plus appel aux marchés et aux financements désintermédiés. Des deux côtés, il faut miser sur un partenariat dans la durée. Si on a une relation riche de 10 ou 15 ans, il y a plus de chance que la relation avec la banque se passe bien en cas de coup dur. Mais cela implique aussi un effort des entreprises. Il faut que son dirigeant discute de ses comptes, de sa stratégie une à deux fois par an avec son banquier.

Du côté du financement long terme, le CNI propose que la BPI poursuive ses crédits de développement pour accompagner l’innovation des PMI. Faut-il tout attendre de la puissance publique ?

Non. D’ailleurs la BPI intervient déjà en cofinancement avec les réseaux bancaires sur ces produits. Il faut pousser les banques à s’impliquer et aussi les acteurs des fonds obligataires. Le financement des entreprises, ce n’est pas seulement un sujet régalien, c’est une dynamique de tous les acteurs du marché. C’était d’ailleurs l’intérêt de ce groupe du travail, il impliquait les syndicats patronaux et salariés de l’industrie mais aussi la fédération des banques, les investisseurs en capital, des entrepreneurs de terrain. En développant une vision collective, on a plus de chance de changer les choses.

Quels sont les éléments de votre rapport qui pourrait aboutir rapidement ?

En réalité certains ont déjà été pris en charge. L’avis du CNI est présenté, ce 10 décembre, mais le rapport a été remis cet été à l’exécutif. Toute la réflexion sur le rôle que pourrait jouer l’épargne salariale se concrétise déjà dans la loi croissance et activité que présente le ministre de l’Economie aujourd’hui.

Je pense aussi qu’un meilleur financement du besoin en fonds de roulement en s’appuyant sur les stocks est une proposition qui va déboucher. Après il y a des sujets de plus long terme qu’il faut explorer comme la place des créanciers dans le droit des faillites pour faciliter le financement par l’endettement.

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

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