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Le crédit aux entreprises "à impact social et environnemental" émerge

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Publié le , mis à jour le 20/03/2018 À 08H41

Bien qu'encore très marginale, l’introduction de critères environnementaux et sociaux sur les lignes de crédits séduit de plus en plus d’entreprises : EDF, Bel, Philips... Depuis le début de l’année 2017, on estime à plus de 2,5 milliards d'euros le montant des transactions de ce type en France.

Le crédit aux entreprises à impact social et environnemental émerge © Daniel Julià Lundgren - Flickr - CC

Et si respecter des critères environnementaux et sociaux permettait aux entreprises de diminuer leur coût de financement ? C’est sur ce principe que se basent les "crédits à impact", parfois appelé aussi "crédits verts". En avril 2017, Philips a été la première entreprise à souscrire à ce nouvel instrument. Depuis l'entreprise néerlandaise a été suivie par EDF, le laitier français Bel et encore Danone qui annonçait, en fin de semaine dernière, l’introduction de critères sociaux et environnementaux dans l’évaluation du coût d'un crédit syndiqué de 2 milliards d'euros. Si l'approche a le vent en poupe, elle n'est pas standardisé et chaque parties prenantes définies ses modalités. 

Un outil en plein essor

Apparu dans le sillon des obligations vertes, le crédit à impact a pour but d'inciter les entreprises au respect de certains critères environnementaux et sociaux en intégrant un bénéfice “développement durable” qui affecte directement le coût du crédit.

Concrétement, cela se traduit par un score, mesuré par des organismes indépendants, que les banques prennent en compte pour faire varier le taux d'intérêt du crédit. L'objectif : récompenser les entreprises responsables en leur permettant de diminuer leur coût de financement. "Le crédit vert permet d’avoir une approche globale de la performance et des pratiques du groupe. C’est un produit totalement transversal qui mesure les progrés de l’entreprise", explique Sandrine Enguehard, responsable de la structuration de produits verts à la Société Générale. 

Contrairement aux obligations vertes, ces crédits ne sont pas uniquement dédiés au financement de projets durables mais peuvent être utilisés pour le financement général de l'activité de l'entreprise: "intégrer un bénéfice développement durable à une structure financière est une vraie innovation et prouve qu’il y a une réelle prise de conscience autour de ces sujets actuellement“ rajoute Leonie Schreve, directrice du département finance durable de la banque néerlandaise, ING impliqué sur le crédit de Philips.

Et preuve de cette prise de conscience : bien qu'il soit encore très embryonnaire, ce type de crédit, connait une croissance rapide. Depuis le début de l'année 2017, plus de 2,5 milliards d'euros de transactions de ce type ont été signés en France et en 2018, le nombre de crédits verts a déjà dépassé celui de 2017. 

Taux d'intérêts réduits ou amendes compensatoires...

Malgré son succès, ce nouveau produit durable n'est pas encore cadré et fonctionne selon des modalité très variables : "A l’heure actuelle, il n’y a pas encore de standard de marché, chaque deal fonctionne donc de manière différente" explique t-on à la Société Générale.

Première à avoir lancé le modèle en France, EDF a choisi un schéma où le taux d’intérêt de son crédit syndiqué de 150 millions d’euros est déterminé selon des paliers : plus la note ESG est bonne, plus le taux d’intérêt sera faible et inversement. L’entreprise Bel, qui a modifié sa ligne de crédit de 520 millions d’euros, a, de son côté, choisi un fonctionnement par amendes compensatoires. "Nous avons défini avec le client trois principaux objectifs RSE : la réduction de leur empreinte carbone, le développement d’une filière laitière durable, la mise en place d’un programme nutritionnel dans les pays clés du groupe. Pour chacun de ces objectifs, nous avons établi un calendrier de manière à pouvoir établir des mesures compensatoires si, à la fin de l’année, les objectifs ne sont pas atteints" explique Sandrine Enguehard. 

Chez Danone la note ESG sera déterminée par deux organismes indépendants, Vigeo et Sustenalytics, qui évalueront la performance de l’entreprise selon une liste de 60 critères allant de la gestion des RH à la diminution des émissions de gaz à effet de serre en passant par le pourcentage de production bio… Ce score influera sur le taux d’intérêt du crédit syndiqué de 2 milliards signé par l’entreprise française. Le détail de la note ne sera toutefois pas communiquée. 

Consciente du poids croissant de l'économie verte, l'Union Européenne doit, d'ici la fin du mois de mars, élaborer un système de classification des instruments financiers durables. Pas sûr que le crédit à impact, très innovant, sera intégré dans ce nouveau cadre. 

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