Le CNES et Arianegroup en mode start-up pour préparer l’après Ariane 6

Open innovation, prise de risque, rupture technologique… ArianeWorks, la nouvelle entité issue du partenariat entre l'agence spatiale française et le chef de file industriel européen, adopte les méthodes du nspace pour concevoir la prochaine génération de lanceurs et diviser par deux le coût d’accès à l’espace.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Le CNES et Arianegroup en mode start-up pour préparer l’après Ariane 6
ArianeGroup et le CNES développent Themis, un démonstrateur de lanceur à bas coût et potentiellement réutilisable.

Ariane 6 volera en 2020 et déjà le CNES (centre national d’études spatiales) et ArianeGroup préparent l’étape d'après. Les deux partenaires ont présenté jeudi 21 février l’initiative ArianeWorks, définie comme une plateforme d’accélération pour favoriser l’innovation de rupture dans le secteur spatial.

Au cœur de cette démarche : une équipe de près d’une dizaine d’ingénieurs du secteur spatial recrutés au sein des deux maisons-mères. Ils ont un premier objectif ambitieux : concevoir Themis, un démonstrateur de lanceur bas coût et réutilisable, qui devrait voler d’ici 2023. "L’objectif est d’aller plus loin qu’Ariane 6 et de baisser les coûts d’accès à l’espace d’un nouveau facteur deux", explique Jean-Marc Astorg, directeur des lanceurs au CNES. Le coût du développement de Themis jusqu’à son premier vol est estimé à environ 300 millions d’euros.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Un moteur dix fois moins cher

ArianeWorks ne part pas de zéro. Dans la boîte à outils offerte par les maisons-mères, la nouvelle équipe pourra s’appuyer sur deux développements prometteurs en cours : le moteur Prometheus, qui devrait être dix fois moins cher que les moteurs actuels ainsi que le démonstrateur de lanceur réutilisable Callisto issu d’une coopération entre les agences spatiales française (CNES), allemande (DLR) et japonaise (JAXA)…

Pour les faire venir à maturité et garantir une forte réduction des coûts, ArianeWorks met clairement le cap sur l’innovation de rupture plutôt que l’innovation incrémentale. Localisée dans les locaux de l’incubateur Starburst à Paris, elle fonctionnera comme une start-up avec des ingénieurs pluridisciplinaires présents sur un même plateau pour partager rapidement leurs expertises dans les domaines des matériaux, de l’avionique, de la propulsion, des algorithmes, de la fabrication additive…

Des contacts avec les fabricants... de cuves à vin

ArianeWorks s’ouvrira aussi aux innovations des start-up, des ETI ainsi que des laboratoires des autres secteurs d’activité. L’immersion dans cet écosystème ouvert doit donner accès à un ensemble d’idées auquel l’équipe n’aurait pas accès dans son tissu industriel d'origine. La démarche se veut audacieuse. "Pour la réalisation de réservoirs à bas coût, nous avons récemment pris contact avec des industriels qui fabriquent des cuves à vin ou des citernes", précise l’un des ingénieurs. ArianeWorks est également très intéressée par des technologies développées par l’industrie médicale proches de celles du spatial mais nettement moins chères.

Pour exploiter tout le potentiel de la réutilisabilité, ArianeWorks va miser également sur l’intelligence artificielle appliquée à la maintenance prédictive. "La maintenance prédictive permettra de pouvoir réutiliser très rapidement un étage qui a déjà volé sans avoir à multiplier les tests et sans avoir à réaliser des coûteuses réparations", explique-t-on du côté d’ArianeWorks.

Apprendre par l'expérience

La nouvelle équipe cherche à promouvoir une culture de la prise de risque… comme celle développée par l'américain Space X. Avant de réussir à faire revenir sa fusée, son patron Elon Musk a subi plusieurs déconvenues, vécues comme autant d’occasion de rectifier le tir et progresser. "On veut intégrer la notion d’échec dans une véritable stratégie d’apprentissage par l’expérience", souligne l'un des membres.

Il y a quelques années, l’Europe spatiale n’avait pas vu venir SpaceX et ses fusées réutilisables. En misant sur l’innovation de rupture, elle entend ne plus se laisser surprendre et, pourquoi pas, reprendre la tête en matière d’innovation spatiale.

Partager

NEWSLETTER Aéro et Défense
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS