Le chimiste Arkema mise sur Bostik pour se redresser

Avec des résultats en baisse liés aux difficultés de trois activités, le numéro un français de la chimie Arkema a traversé une année 2014 difficile. Il compte sur ses mesures de restructuration et le rachat du numéro trois mondial des adhésifs pour atteindre une taille critique.

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Le chimiste Arkema mise sur Bostik pour se redresser

Pour le numéro un français de la chimie Arkema, l’année 2014 a été compliquée : chute du chiffre d'affaires de 2,4% (-1,4% à taux de change et périmètre constants) pour tomber à 5,95 milliard d’euros, stabilité du résultat net à 167 millions d’euros et une marge d’Ebitda en baisse à 13,2% (contre 14,8% en 2013).

De nouvelles restructurations en Europe

Arkema entend maintenir une position forte en Europe et notamment en France, où il ne réalise que 10% de ses ventes mais investit chaque année 200 millions d’euros. Il poursuit sa restructuration sur ce continent à la croissance atone, n’excluant pas des réductions d‘effectifs ou fermetures de petits sites qui manqueraient de compétitivité. Pour améliorer la rentabilité de son activité Résines de Revêtements, le chimiste a ainsi décidé de suspendre la production de son atelier situé sur son site de Villers-Saint-Paul (Oise), entraînant la suppression de 26 postes. "Cela va être socialement très bien traité", précise Thierry Le Hénaff. Il estime avoir réussi, suite à la fermeture il y a un an du site de Chauny (Aisne), à trouver une solution pour tous les employés dans les six mois.

Trois métiers phares sur les douze activités que compte Arkema ont rencontré des difficultés : les gaz fluorés, les acryliques et les polyamides. Le groupe espère bien retrouver le chemin de la croissance en 2015, estimant avoir souffert de conditions défavorables, mais avoir pris les mesures nécessaires pour redresser ces trois métiers.

Finaliser le rachat d’une usine chinoise dans les acryliques

Dans les gaz fluorés, 2014 a été difficile face à la concurrence chinoise, même si l’activité est à nouveau stable depuis la fin d’année. En dix-huit mois, le PDG d’Arkema, Thierry Le Hénaff, estime avoir perdu cent millions d’euros d’Ebitda, qu’il entend désormais récupérer en travaillant sur la rentabilité en interne et en profitant d’un cycle plus favorable.

Les acryliques ont souffert d’une dégradation de leur environnement l’an dernier, et devraient rester en petite forme cette année. Une situation qui a poussé Arkema à reporter d’un an l’augmentation de sa participation dans les acryliques de la société chinoise Sunke. Une première tranche avait été acquise en octobre pour un montant environ 187 millions d'euros.

Le PDG estime très probable qu’il s’emparera d’ici début 2016 de la deuxième tranche de cette "usine très compétitive". Elle lui permettra d’atteindre une capacité totale de production d'acide acrylique de 320 000 tonnes. "Le marché peut connaître un rebond très rapidement, explique-t-il, tout en misant sur le fait que des sites moins performants ferment sur ce marché technologiquement complexe et fortement concentré". Arkema se positionne, selon ses dires, parmi les trois premiers mondiaux.

10 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2020

Le Français mise surtout sur une spectaculaire acquisition, finalisée le mois dernier, pour accélérer sa transformation en chimiste de spécialité. L'ancienne spin-off de Total, cotée en bourse depuis huit ans, a racheté pour 1,74 milliard d’euros à son ancien actionnaire Bostik, le numéro trois mondial des adhésifs qui a réalisé 1,53 milliard d’euros de chiffre d'affaires l’an dernier. Une entité aux marges faibles qu’il va devoir redresser, mais à la croissance régulière, aux marques fortes et sont le savoir-faire technologique pourrait être combiné à celui d’Arkema pour créer de nouvelles solutions.

Ces synergies devraient prendre deux à trois ans, voire quatre à cinq ans pour l’aspect commercial. Avec cette acquisitiion, Arkema peut afficher un profil différent dès aujourd'hui, avec 7,6 milliards d’euros de chiffre d'affaires et 19 000 salariés dans le monde. Son ambition : atteindre les 8 milliards d’euros en 2017, et faire partie des chimistes de plus de dix milliards d’euros en 2020... le numéro un mondial BASF frôle toujours les 75 milliards d’euros.

Le Français se réjouit aussi d’avoir une présence de plus en plus équilibrée dans les trois grandes régions mondiales qu’il juge stratégiques : 45% en Europe, 30% aux Etats-Unis, et le reste principalement en Asie. Il vient de démarrer en Malaisie une plateforme de thiochimie pour servir ce continent prometteur.

Gaëlle Fleitour

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