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Le Canada dans le rouge

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Publié le

La santé économique de la onzième économie du monde n'est pas à la fête. Fortement dependante de celle des Etats-Unis, l'économie canadienne est même le sujet principal des prochaines élections. 

À Toronto, Montréal et Vancouver, la vigueur plus forte que prévu du PIB américain révélée la semaine dernière, a donné un peu de baume au cœur aux milieux économiques, tant la prospérité du Canada reste liée à celle de son voisin. Il absorbe 70 % de ses exportations. Mais les faits demeurent, la santé de la onzième économie du monde n’est guère vaillante. Au premier semestre, le pays de l’érable aurait connu une légère récession, autour de 0,6 %. Le FMI avait, au printemps, révisé sa prévision de croissance annuelle de 2,2 à 1,5 %. 

Nul n’est sûr que ce chiffre soit tenu. Scotiabank prévoit 1,2 %. L’explication est simple : avec le Brésil, l’Algérie et le Kazakhstan, le Canada fait partie des victimes collatérales du ralentissement chinois. Pétrole et autres minéraux pèsent un quart de l’industrie et 8 % du PIB, selon Statistique Canada. 

La plongée des cours de l’or noir agit tel un choc dans les provinces pétrolières de Terre-Neuve et des Prairies. En Alberta, épicentre mondial des sables bitumineux et huiles de schiste, on ne dénombre plus les forages, mais les puits abandonnés. Hier prospère, la province devrait subir une récession de 1 % cette année, contre 4,4 % de croissance en 2014 !

Pour le Premier ministre conservateur, l’affaire tombe mal. En piste pour un quatrième mandat, "le très honorable" Stephen Harper a convoqué, cet été, des législatives pour le 19 octobre, espérant encore surfer sur de bons indicateurs. À 6,8 %, le taux de chômage est, certes, déjà un peu reparti à la hausse, mais il reste à des plus bas depuis 2008. Après l’envolée des déficits, consécutive à la Grande Récession, le budget fédéral devrait retrouver l’équilibre cette année fiscale. De plus, le Québec et, surtout, l’Ontario (60 % de la population à eux deux) restent en nette croissance, respectivement autour de 1,5 % et 2 %.

le casse-tête canadien

Il s’agit d’un petit casse-tête pour la Banque du Canada qui, un peu comme la BCE dans la zone euro, doit composer avec des dynamiques dissymétriques (elle a choisi de baisser ses taux deux fois cette année). Marquée jusque-là par un vieux scandale impliquant les conservateurs, la campagne s’oriente de plus en plus sur l’économie. "Vu la turbulence, il faut rester avec un plan qui fonctionne", martèle Stephen Harper. Dans les sondages, son parti est pourtant dépassé par les libéraux (centristes) de Justin Trudeau et le NPD (sociaux-démocrates) de Thomas Mulcair.

Chouchou des médias façon Kennedy, Justin Trudeau a proposé de creuser le déficit fédéral pour relancer la machine. Se faisant aussitôt rabrouer par ses deux adversaires. Depuis la grande crise des finances publiques du pays, voilà vingt ans, au Canada, on se targue souvent d’avoir enterré Keynes. Sauf circonstances exceptionnelles. Et cette fois ? 

Pierre-Olivier Rouaud 

 

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