Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le bouton, continent englouti aux frontières des arts et de l’industrie

, , , ,

Publié le

Utile ou futile, structurant une pièce ou l’ornant fastueusement, le bouton est un accessoire essentiel du vêtement. Aux Musée des arts décoratifs, l’exposition "Déboutonnez la mode" nous révèle au travers d’une collection de plus de 3000 boutons une aventure industrielle et esthétique.

Le bouton, continent englouti aux frontières des arts et de l’industrie © Anne-Sophie Bellaiche

En prenant le chemin du musée des Arts décoratifs pour visiter une exposition sur les boutons, on se demande si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Mais le souvenir nostalgique de ces heures où, enfant, on farfouillait dans la boîte à trésors d’une grand-mère couturière, ou celles passées à la mercerie pour choisir les boutons fleurs ou papillon d’un cardigan tricoté avec amour l’emporte. En avant pour "Déboutonnez la mode", l’exposition définitive sur ce micro-accessoire de mode où l’utile se conjugue avec le futile, le structurant avec l’ornement, l’art avec l’industrie.

L’exposition présente dans un parcours chronologique la collection du passionné Loïc Allio acquise par le musée. Elle fait dialoguer ses boutons extraordinaires avec les vêtements et les costumes que conserve le musée. Car le bouton s’exprime aussi dans son positionnement sur le vêtement. La collection frappe par sa variété car dans le bouton tout est bon : bois, corne, nacre, porcelaine, verre, bronze, soie, galalithe, bronze, fourrure, soie... rien n’entrave l’imagination pour les matières.

La France, patrie du bouton artisanal

On y découvre aussi que le bouton est à message. Message politique ou moraliste : au 18e siècle des boutons illustrent la prise de la Bastille ou à l’inverse des portraits de la famille royale, des boutons se montrent patriotes après la seconde guerre mondiale quand d’autres sont inspirés des fables de la Fontaine. L’exposition met également à jour les deux terrains de jeu du bouton : celle des artistes et celle d’une véritable industrie dès la fin du 19e siècle. Il faut en effet fournir en grande quantité de boutons de chemisier, de guêtre, de bottines et de robes. Car l’art du bouton, c’est aussi le plaisir de déboutonner. Et plus leur taille se réduit, plus leur nombre augmente.  

Au 19e et jusqu’aux années 40, la France occupe une position importante sur ce secteur avec deux grandes implantations : Meru dans l’Oise (qui travaille beaucoup la nacre) et Briare dans le Loiret. Jusqu’à 30 000 personnes travailleront dans l’industrie du bouton. On trouve aussi un centre de production dans le Jura ou perdure encore aujourd’hui, à Lavans-lès-Saint-Claude, cinq fabriques de boutons qui servent la haute couture ou le prêt-à-porter. L’arrivée des matières plastiques, où l’injection remplace le tournage, a aujourd’hui largement déporté sa production vers d’autres lieux que la France. Mais durant tout le 20e siècle et encore aujourd’hui une approche artisanale et artistique du bouton perdure. 

Dans les allées du musée des arts décoratifs, on peut ainsi admirer d’extraordinaire boutons "art nouveau" et des créations de joaillers comme Cartier. Des artistes aussi renommés que Pablo Picasso ou Jean Arp s’adonne au sujet sur commande des grands couturiers. En sortant de l’exposition, c’est un triste regard que l’on porte sur la fermeture éclair de son pantalon où les boutons sans âme de son cardigan.

Anne-Sophie Bellaiche

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle