Economie

Le bilan en demi-teinte du Conseil national de l’industrie

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Publié le , mis à jour le 15/06/2015 À 16H43

Le Conseil national de l’industrie (CNI) a fait le point sur son programme de travail. L’occasion de pointer ses priorités en soulignant parfois son manque de résultats.

Le bilan en demi-teinte du Conseil national de l’industrie © Merial

"La lassitude n’a pas gagné tout le monde" lâchait un brin désabusé Jean-François Dehecq, vice-président du CNI ce lundi 15 juin. Il pointe année après année "toujours les mêmes thèmes et les mêmes propositions afin d’avoir une cohérence dans les différents volets de politiques publiques. Le fameux choc qui devait relancer l’industrie en France (titre du rapport du CNI de 2011) n’est pas arrivé". Créé en 2010, le CNI fête ses 5 années d’existence. Et celui-ci de reconnaître dans son rapport « des avancées et des résultats mais aussi des difficultés et des insatisfactions sur le rythme d’avancement ».

A l’occasion de la présentation du rapport 2014 du CNI, l’organisme a présenté son programme de travail. Philippe Darmayan, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) a détaillé la stratégie à adopter afin que l’Industrie du futur devienne une réalité. "Nous lancerons des appels à projets, en partie financés, qui permettront concrètement de voir l’industrie française progresser. Ensuite il faudra construire des vitrines pour ces projets afin d’étendre ces applications à l’ensemble des entreprises. Pour cela, il sera nécessaire d’établir un référentiel pour savoir comment former les patrons et le personnel des différentes sociétés en leur donnant des idées." 

Priorité donnée à l’apprentissage

L’importance de la formation a été souligné par le CNI. "L’accélération des transformations et mutations dans l’Industrie avec notamment la transition écologique et numérique rend plus difficile à prévoir les besoins de formations de demain. C’est pourtant ce que nous essayons de définir en lien avec l’Education nationale afin d’avoir dans le futur les compétences nécessaires" explique Isabelle Martin, secrétaire confédéral à la CFDT et membre du bureau du CNI. Elle a souhaité faire de l’apprentissage sa priorité de travail l’an prochain afin de comprendre pourquoi celui-ci baissait légèrement. 

Sans surprise, Philippe Gœbel, président de l’Union des industries chimiques (UIC), a plaidé lui à demi mots pour l’exploitation du gaz de schiste national. "Nous avions indiqué à Madame Royal qu’il ne fallait pas écarter les ressources dont nous disposions sur le territoire national. Nous voyons la transition énergétique comme une opportunité de croissance et d’emploi."

De son côté Frédéric Grivot, vice-président de la CGPME, a insisté sur le rôle "des entreprises de pettes tailles qui feront l’industrie de demain." Sur les dernières mesures en faveur de l'investissement industriel, le principe du suramortissement (à hauteur de 140 % de l'investissement) est accueilli favorablement par le représentant de la CGPME qui s'interroge sur sa nature et sa durée. Selon lui, la durée de un an est trop courte pour que les PME définissent et réalisent leur investissement et il ne fallait pas exclure le matériel roulant du dispositif. 

Tout cela donne un rapport annuel de 279 pages (annexes comprises) où il est bien difficile de comprendre la cohérence et le but concret. Jean-François Dehecq le résume à sa manière. "Chaque phrase du rapport commun a été l’objet de longues discussions afin de rapprocher les idées alors qu’il est parfois compliqué de sortir des postures". 

Adrien Schwyter

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