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Le baromètre de l'industrie 2014 : secteur par secteur, l'état de santé des sous-traitants

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Les chiffres de la sous-traitance 2013 sont aussi mauvais qu’attendus, mais la reprise d’activité que les industriels prévoyaient pour 2014 a bien eu lieu. Le contexte est bon pour les industriels travaillant pour l’aéronautique et le médical, et la plupart des fédérations ont constaté un redémarrage de la filière automobile au cours du premier semestre. Problème : la reprise a été de courte durée et semble s’être arrêtée cet été. Reste à savoir si des commandes vont se débloquer au dernier trimestre, comme ce fut le cas en 2013, et si cela sera suffisant pour égaler les volumes d’activité de 2012.

Plasturgie : Rentabilité limitée (tendance 2014 stable)

  • C.A. 2013 : 9,235 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Plastic Omnium, Mecaplast, MGI Coutier, Plastivaloire
Même si les estimations pour 2014 sont plutôt positives, l’activité des plasturgistes a fortement baissé l’an passé et le secteur ne devrait pas retrouver son niveau de 2012. La rentabilité reste très limitée, les transformateurs de plastique étant coincés entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs de matières premières. « Nos industriels ont perdu 11 points de marge depuis 2010 à cause de cet effet d’étau », constate Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Les plasturgistes français continuent d’obtenir de bons résultats au niveau international, avec le plus fort taux mondial de création de valeur (6 000 euros par tonne transformée). « Nous restons les champions des procédés techniques et de la très haute qualité », assure Jean Martin.

Electronique : Croissance continue (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 7,08 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Asteelflash, Eolane, All Circuits, Lacroix Electronics
L’embellie s’est confirmée au deuxième trimestre avec un bond du chiffre d’affaires de 10 % et de 5 % pour l’effectif par rapport au deuxième trimestre de l’an passé. Pour la neuvième année consécutive, le secteur devrait connaître la croissance, selon le Syndicat national des entreprises de soustraitance électronique (Snese). Une dynamique favorisée par le désengagement des gros industriels de la production au profit des sous-traitants et l’apparition de marchés (LED, objets connectés). Selon le Snese, la pression sur les prix laminant les marges, les entreprises privilégient la production à bas coûts (au Maghreb, en Europe de l’Est…) et freinent l’investissement.

Mécanique industrielle : Reprise en cours (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 6,9 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : AD Industrie, Mecachrome, Figeac Aéro
L’an passé avait mal commencé mais s’est terminé avec une progression de 0,4% au total. « Cette quasi stabilité est due à la baisse de l’activité de l’automobile, analyse Désiré Raharivohitra, le chef du service statistiques à la Fédération des industries mécaniques (FIM). Car le chiffre d’affaires de l’aéronautique a progressé de 11% et le ferroviaire a également été positif. » Avec la reprise de l’automobile, la mécanique industrielle a progressé de 2,7% au premier semestre 2014. Cette tendance devrait se poursuivre, d’autant que les stocks sont à un niveau très bas. Grâce à la demande étrangère, Désiré Raharivohitra prévoit une progression de 2,9% pour l’année. Autre point positif : le taux de valeur ajoutée progresse encore à 45%.

Découpage, Emboutissage : Maintien attendu (tendance 2014 stable)

  • C.A. 2013 : 4,362 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : GMD, Defta, Diehl, Groupe FSD
Les entreprises du découpage, de l’emboutissage et de la tôlerie fine ont vu leur activité chuter de 3 % en 2013. « Les chiffres 2014 devraient être meilleurs, mais sans rattraper la baisse de 2013, car on espère au mieux retrouver les niveaux d’activité de 2012 », indique Éric Moleux, le président de la FIM métaux en feuilles (Fimmef). Les volumes réalisés sur le marché automobile dépendent beaucoup de la taille des entreprises : les ETI travaillant à l’international s’en sortent mieux que les PME centrées sur la France. Mais le syndicat s’inquiète pour le long terme : « Des entreprises ferment, laissant le plus souvent indifférents les utilisateurs finaux comme les pouvoirs publics, regrette Éric Moleux. Des savoir-faire disparaissent, car nous manquons de jeunes compétents dans de nombreux domaines, comme la conception d’outillages pour presses. » On notera toutefois la bonne santé du secteur du repoussage, une activité de niche sur laquelle la France se distingue toujours.

Forge : Export en tête (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 2,069 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Aubert et Duval, Sifcor, Gévelot Extrusion
Le mauvais souvenir de 2013 sera effacé… L’an passé, la forge a souffert : le chiffre d’affaires (2,069 milliards d’euros) a baissé de 4,2 %, la production (431 000 tonnes) de 1,7 % et l’effectif (8 223 salariés) de 3,6 %. « Les volumes devraient augmenter de 4 % », prévoit Jean-Luc Brillanceau, le directeur général de la Fédération forge fonderie (FFF). Au cours des huit premiers mois de 2014, l’export a bondi de 10 %, tiré par les nouveaux moteurs hybrides et électriques des constructeurs allemands. La filière souffre toujours des surcapacités mondiales. Le ferroviaire, lui, génère de plus en plus de volumes. La forge tente de redorer son image chez les jeunes… et les banques ! Si elle trouve de nouveaux profils et obtient plus de crédits, elle peut faire valoir ses compétences !

Transformation des élastomères : Contexte incertain (tendance 2014 stable)

  • C.A. 2013 : 3,533 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Hutchinson, Cooper Standard, Trelleborg, Freudenberg
L’année 2013 aura été marquée par un recul des principales branches du secteur des élastomères, à savoir la fabrication de pneumatiques (– 11 %) et le caoutchouc industriel (– 3 %). Heureusement, les industriels du secteur ont renoué avec la croissance au cours des sept premiers mois de 2014, avec un rebond de près de 2 %. Les raisons ? Une reprise des commandes des constructeurs automobiles français, la bonne santé de secteurs comme le médical, mais aussi la demande sur des produits de niche. Autre élément positif : les prix des matières premières baissent. « Après des tensions sur les prix en 2011, les relations commerciales se détendent, c’est une bouffée d’oxygène bienvenue dans un contexte incertain, où les volumes augmentent peu », note Bruno Muret, le directeur des études économiques au Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP). Mais ce léger rebond ne saurait compenser deux ans de baisse d’activité.

Chaudronnerie Tuyauterie : Mauvaise passe (tendance 2014 en baisse)

  • C.A. 2013 : 2,6 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Endel, Ponticelli, Fouré Lagadec, Boccard, Fivers Nordon
Comme prévu, 2013 a été bien moins bon que 2012. « Le manque de perspectives en France et en Europe domine et les carnets de commandes sont peu remplis », déplore Yolande Bufquin, la secrétaire générale du Syndicat de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle (SNCT). Les grands groupes sont encore tirés par l’export, qui est lui-même en baisse. Les espagnols et les italiens concurrencent les français avec des prix à la baisse. « Le secteur le plus sinistré est la chimie avec ses nombreuses fermetures qui fragilisent les contrats de maintenance. » Le nucléaire, pourtant protégé par sa réglementation, ralentit lui aussi. Le fameux grand carénage tarde à être lancé. L’agroalimentaire et la pharmacie tiennent, mais les investissements se font attendre.

Fonderie : Hausse en perspective (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 3,323 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Aubert et Duval, Le Bélier, Farinia, Arche, AFE
La fonderie respire à nouveau. Le chiffre d’affaires de la filière a augmenté de 0,3% l’an passé. Et la production est repartie à la hausse en 2014, après un exercice qui avait été marqué par une baisse de 0,7% (1,75 million de tonnes). Sur les huit premiers mois de cette année, elle progresse de 3 %. « La production devrait augmenter de 1,5% en raison d’un deuxième semestre plus difficile », projette Jean-Luc Brillanceau, le directeur général de la Fédération forge fonderie (FFF). Même mouvement haussier côtés facturations (+1,5%) et export (+5%). Outre le dynamisme de l’automobile et de l’aéronautique, la filière récolterait-elle enfin les fruits du rapprochement effectué ces dernières années avec celle de la forge ? On veut croire au sein de la FFF que la modernisation des outils de production est en marche. « Les nouvelles technologies comme la cobotique, c’est-àdire la robotique collaborative, et la production additive commencent à faire leur apparition », souligne Jean-Luc Brillanceau.

Traitement de surfaces : Tassement possible (tendance 2014 stable)

  • C.A. 2013 : 1,959 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Bodycote, Galvanoplast, Aalberts, Thermi-Lyon
« L’exercice 2013 n’a pas été trop mauvais », reconnaît Denis Théry, le délégué général de l’Union des industries de traitements de surface (UITS). Les travaux dans le nucléaire, la chimie et la mécanique se portent plutôt bien, l’automobile redémarre dans certaines usines et le médical est un peu plat, « mais c’est un secteur de pointe qui tire la R & D », souligne Denis Théry. L’aéronautique enregistre de bons volumes, de même que le ferroviaire. Mais le secteur des moules est plutôt sinistré. Des rachats afin d’accéder à la taille critique pour accompagner les donneurs d’ordres et mieux affronter les réglementations et certifications confirment la tendance à la concentration. Un contrat-cadre a été signé avec un grand donneur d’ordres de l’aéronautique afin de préciser le cadre de la prestation, d’optimiser la supply chain et de donner plus de visibilité au sous-traitant. « C’est une grande avancée », estime Denis Théry. Pour autant, les relations restent difficiles, surtout dans l’automobile, avec les constructeurs et les fournisseurs de rang 1. « La loi LME n’est que très peu appliquée et les litiges toujours nombreux », s’agace le délégué général. Le premier semestre 2014 est très correct, mais l’activité semble se tasser en fin d’année.

Transformation des élastomèresMoules, modèles, maquettes et outillages : En recul (tendance 2014 en baisse)

  • C.A. 2013 : 1,073 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Savoy international, Favi, Diehl Augé Découpage, MPO
L’année 2013 s’était terminée sur une note positive, avec une légère croissance de l’ordre de 1%. Mais 2014 devrait se terminer sur un recul de l’activité des fabricants de moules et de prototypes. La baisse devrait atteindre 3 % à 5%, selon Bruno Machet, le président de la FIM moules et prototypes. « L’année est difficile, et nous avons enregistré des défaillances d’entreprises cet été, dont certaines qui étaient des acteurs historiques, c’est plutôt inquiétant », indique-t-il. Il faut dire que l’activité des fabricants de moules dépend du nombre de lancements de produits par les donneurs d’ordres. Si les moulistes travaillent peu aujourd’hui, les plasturgistes travailleront peu demain. Sur le marché des moules, la concurrence des fabricants asiatiques ne se dément pas, 90 % des moules automobiles étant désormais réalisés en Chine. De fait, l’automobile ne représente plus que 7% des débouchés. Les moulistes, tout comme les fabricants de prototypes, se tournent vers les marchés plus porteurs de l’emballage, de la cosmétique et du luxe.

Ressorts : Bon premier semestre (tendance 2014 stable)

  • C.A. 2013 : 0,216 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Allevard Rejna, Groupe Simonin, Comptoir général du ressort
La baisse de la production de ressorts en 2013 frôlait les 6 %. L’exercice a été contrasté : alors que l’automobile a revu à la hausse ses commandes en fin d’année, l’aéronautique a pris le chemin inverse, avec un dernier trimestre en retrait. « Les flux sont devenus anarchiques, constate Philippe Basson, le président de la FIM ressorts. Les cycles se raccourcissent, les clients nous laissent moins de temps pour les études et pour les prototypes. La priorité n’est plus placée sur le prix mais sur la capacité à réagir. » Comme la plupart des autres domaines de la sous-traitance, le marché du ressort a connu un rebond au premier semestre 2014. « Mais il ne doit pas faire oublier une situation en retrait par rapport à 2013 », rappelle Philippe Basson. Pas de gros changement de prix des matières premières, même si l’on note des signes de pénuries pour des matériaux comme le silicium, et les tensions sont toujours fortes en ce qui concerne les délais de livraison. Toutefois, le secteur continue d’innover, et pas seulement techniquement. Le syndicat des fabricants de ressorts, soucieux de régler la délicate question du recrutement, a lancé une formation par apprentissage. La première promotion devrait compter neuf régleurs sur machines de ressorts de compression.

Décolletage : Plutôt positif (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 1,462 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : Maike, Savoy international, Bontaz Centre, MPO
Le premier semestre 2013 avait été difficile, avec une baisse du chiffre d’affaires de 2 %, et le second, étal. L’année terminait sur une note de 0%. « Les entreprises du décolletage dépendent à 60% de l’automobile », rappelle le directeur du Syndicat national du décolletage (SNDEC), Jérôme Akmouche. Le rebond du secteur a permis une progression de 5,4% sur les sept premiers mois de 2014. « Mais ce chiffre s’appuie sur la référence des mauvais résultats de 2013 », tempère Jérôme Akmouche. Il n’empêche, les immatriculations ont augmenté de 1,6% en France et de 6% en Europe. Et comme l’aéronautique et le médical ignorent la crise, le secteur respire. « La progression est confirmée par une vingtaine d’entreprises. Les grandes sont optimistes, les plus petites ont subi un léger fléchissement durant l’été. » L’année 2014 se terminera sur une notre positive, difficile à estimer.

Fixations, frappe à froid : Bonne tenue de route (tendance 2014 en hausse)

  • C.A. 2013 : 1,219 milliards d’euros
  • Principaux acteurs : A.Raymond, Lisi, Agrati
Les fabricants de fixations sont optimistes. Le secteur réalise une bonne moitié de son chiffre d’affaires sur le marché de l’automobile. « Notre secteur a souffert ces dernières années, mais il s’est restructuré. Nous comptons une trentaine d’entreprises. Les grands groupes comme A.Raymond et Lisi sont internationalisés et les petits fabricants de niche sont plutôt épargnés », explique Denis Tremblay, le délégué général de l’Association française des fabricants de fixations (Affix). Le secteur devrait néanmoins perdre une de ses usines dans les prochaines semaines, le groupe italien GFD ayant décidé de fermer son site de Saint-Étienne (Loire). Les gros acteurs bénéficient de la bonne tenue du marché mondial de l’automobile, notamment dans les pays émergents. La reprise timide du marché européen redonne de l’optimisme aux fabricants les plus eurocentrés. Dans le secteur du bâtiment, l’activité est plus difficile : « Nos adhérents sont dans l’attente de programmes de construction. Tout le monde sait qu’il manque des logements neufs », explique le délégué général de l’Affix.

Plasturgie : Rentabilité limitée

Même si les estimations pour 2014 sont plutôt positives, l’activité des plasturgistes a fortement baissé l’an passé et le secteur ne devrait pas retrouver son niveau de 2012. La rentabilité reste très limitée, les transformateurs de plastique étant coincés entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs de matières premières. "Nos industriels ont perdu 11 points de marge depuis 2010 à cause de cet effet d’étau", constate Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Les plasturgistes français continuent d’obtenir de bons résultats au niveau international, avec le plus fort taux mondial de création de valeur (6 000 euros par tonne transformée). "Nous restons les champions des procédés techniques et de la très haute qualité", assure Jean Martin.

electronique : Croissance continue

L’embellie s’est confirmée au deuxième trimestre avec un bond du chiffre d’affaires de 10 % et de 5 % pour l’effectif par rapport au deuxième trimestre de l’an passé. Pour la neuvième année consécutive, le secteur devrait connaître la croissance, selon le Syndicat national des entreprises de soustraitance électronique (Snese). Une dynamique favorisée par le désengagement des gros industriels de la production au profit des sous-traitants et l’apparition de marchés (LED, objets connectés). Selon le Snese, la pression sur les prix laminant les marges, les entreprises privilégient la production à bas coûts (au Maghreb, en Europe de l’Est...) et freinent l’investissement.

mécanique industrielle : Reprise en cours

L’an passé avait mal commencé mais s’est terminé avec une progression de 0,4% au total. "Cette quasi stabilité est due à la baisse de l’activité de l’automobile, analyse Désiré Raharivohitra, le chef du service statistiques à la Fédération des industries mécaniques (FIM). Car le chiffre d’affaires de l’aéronautique a progressé de 11% et le ferroviaire a également été positif." Avec la reprise de l’automobile, la mécanique industrielle a progressé de 2,7% au premier semestre 2014. Cette tendance devrait se poursuivre, d’autant que les stocks sont à un niveau très bas. Grâce à la demande étrangère, Désiré Raharivohitra prévoit une progression de 2,9% pour l’année. Autre point positif : le taux de valeur ajoutée progresse encore à 45%.

découpage, emboutissage : Maintien attendu

Les entreprises du découpage, de l’emboutissage et de la tôlerie fine ont vu leur activité chuter de 3 % en 2013. "Les chiffres 2014 devraient être meilleurs, mais sans rattraper la baisse de 2013, car on espère au mieux retrouver les niveaux d’activité de 2012", indique Éric Moleux, le président de la FIM métaux en feuilles (Fimmef). Les volumes réalisés sur le marché automobile dépendent beaucoup de la taille des entreprises : les ETI travaillant à l’international s’en sortent mieux que les PME centrées sur la France. Mais le syndicat s’inquiète pour le long terme : "Des entreprises ferment, laissant le plus souvent indifférents les utilisateurs finaux comme les pouvoirs publics, regrette Éric Moleux. Des savoir-faire disparaissent, car nous manquons de jeunes compétents dans de nombreux domaines, comme la conception d’outillages pour presses." On notera toutefois la bonne santé du secteur du repoussage, une activité de niche sur laquelle la France se distingue toujours.

forge : Export en tête

Le mauvais souvenir de 2013 sera effacé… L’an passé, la forge a souffert : le chiffre d’affaires (2,069 milliards d’euros) a baissé de 4,2 %, la production (431 000 tonnes) de 1,7 % et l’effectif (8 223 salariés) de 3,6 %. "Les volumes devraient augmenter de 4 %", prévoit Jean-Luc Brillanceau, le directeur général de la Fédération forge fonderie (FFF). Au cours des huit premiers mois de 2014, l’export a bondi de 10 %, tiré par les nouveaux moteurs hybrides et électriques des constructeurs allemands. La filière souffre toujours des surcapacités mondiales. Le ferroviaire, lui, génère de plus en plus de volumes. La forge tente de redorer son image chez les jeunes… et les banques ! Si elle trouve de nouveaux profils et obtient plus de crédits, elle peut faire valoir ses compétences !

transformation des élastomères : Contexte incertain

L’année 2013 aura été marquée par un recul des principales branches du secteur des élastomères, à savoir la fabrication de pneumatiques (– 11 %) et le caoutchouc industriel (– 3 %). Heureusement, les industriels du secteur ont renoué avec la croissance au cours des sept premiers mois de 2014, avec un rebond de près de 2 %. Les raisons ? Une reprise des commandes des constructeurs automobiles français, la bonne santé de secteurs comme le médical, mais aussi la demande sur des produits de niche. Autre élément positif : les prix des matières premières baissent. "Après des tensions sur les prix en 2011, les relations commerciales se détendent, c’est une bouffée d’oxygène bienvenue dans un contexte incertain, où les volumes augmentent peu", note Bruno Muret, le directeur des études économiques au Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP). Mais ce léger rebond ne saurait compenser deux ans de baisse d’activité.

chaudronnerie, tuyauterie : Mauvaise passe

Comme prévu, 2013 a été bien moins bon que 2012. "Le manque de perspectives en France et en Europe domine et les carnets de commandes sont peu remplis", déplore Yolande Bufquin, la secrétaire générale du Syndicat de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle (SNCT). Les grands groupes sont encore tirés par l’export, qui est lui-même en baisse. Les espagnols et les italiens concurrencent les français avec des prix à la baisse. "Le secteur le plus sinistré est la chimie avec ses nombreuses fermetures qui fragilisent les contrats de maintenance." Le nucléaire, pourtant protégé par sa réglementation, ralentit lui aussi. Le fameux grand carénage tarde à être lancé. L’agroalimentaire et la pharmacie tiennent, mais les investissements se font attendre.

fonderie : Hausse en perspective

La fonderie respire à nouveau. Le chiffre d’affaires de la filière a augmenté de 0,3% l’an passé. Et la production est repartie à la hausse en 2014, après un exercice qui avait été marqué par une baisse de 0,7% (1,75 million de tonnes). Sur les huit premiers mois de cette année, elle progresse de 3 %. "La production devrait augmenter de 1,5% en raison d’un deuxième semestre plus difficile", projette Jean-Luc Brillanceau, le directeur général de la Fédération forge fonderie (FFF). Même mouvement haussier côtés facturations (+1,5%) et export (+5%). Outre le dynamisme de l’automobile et de l’aéronautique, la filière récolterait-elle enfin les fruits du rapprochement effectué ces dernières années avec celle de la forge ? On veut croire au sein de la FFF que la modernisation des outils de production est en marche. "Les nouvelles technologies comme la cobotique, c’est-àdire la robotique collaborative, et la production additive commencent à faire leur apparition", souligne Jean-Luc Brillanceau.

traitement de surfaces : Tassement possible

"L’exercice 2013 n’a pas été trop mauvais", reconnaît Denis Théry, le délégué général de l’Union des industries de traitements de surface (UITS). Les travaux dans le nucléaire, la chimie et la mécanique se portent plutôt bien, l’automobile redémarre dans certaines usines et le médical est un peu plat, "mais c’est un secteur de pointe qui tire la R&D", souligne Denis Théry. L’aéronautique enregistre de bons volumes, de même que le ferroviaire. Mais le secteur des moules est plutôt sinistré. Des rachats afin d’accéder à la taille critique pour accompagner les donneurs d’ordres et mieux affronter les réglementations et certifications confirment la tendance à la concentration. Un contrat-cadre a été signé avec un grand donneur d’ordres de l’aéronautique afin de préciser le cadre de la prestation, d’optimiser la supply chain et de donner plus de visibilité au sous-traitant. "C’est une grande avancée", estime Denis Théry. Pour autant, les relations restent difficiles, surtout dans l’automobile, avec les constructeurs et les fournisseurs de rang 1. "La loi LME n’est que très peu appliquée et les litiges toujours nombreux", s’agace le délégué général. Le premier semestre 2014 est très correct, mais l’activité semble se tasser en fin d’année.

moules, modèles, maquettes et outillages : En recul

L’année 2013 s’était terminée sur une note positive, avec une légère croissance de l’ordre de 1%. Mais 2014 devrait se terminer sur un recul de l’activité des fabricants de moules et de prototypes. La baisse devrait atteindre 3 % à 5%, selon Bruno Machet, le président de la FIM moules et prototypes. "L’année est difficile, et nous avons enregistré des défaillances d’entreprises cet été, dont certaines qui étaient des acteurs historiques, c’est plutôt inquiétant", indique-t-il. Il faut dire que l’activité des fabricants de moules dépend du nombre de lancements de produits par les donneurs d’ordres. Si les moulistes travaillent peu aujourd’hui, les plasturgistes travailleront peu demain. Sur le marché des moules, la concurrence des fabricants asiatiques ne se dément pas, 90 % des moules automobiles étant désormais réalisés en Chine. De fait, l’automobile ne représente plus que 7% des débouchés. Les moulistes, tout comme les fabricants de prototypes, se tournent vers les marchés plus porteurs de l’emballage, de la cosmétique et du luxe.

ressorts : Bon premier semestre

La baisse de la production de ressorts en 2013 frôlait les 6 %. L’exercice a été contrasté : alors que l’automobile a revu à la hausse ses commandes en fin d’année, l’aéronautique a pris le chemin inverse, avec un dernier trimestre en retrait. "Les flux sont devenus anarchiques, constate Philippe Basson, le président de la FIM ressorts. Les cycles se raccourcissent, les clients nous laissent moins de temps pour les études et pour les prototypes. La priorité n’est plus placée sur le prix mais sur la capacité à réagir." Comme la plupart des autres domaines de la sous-traitance, le marché du ressort a connu un rebond au premier semestre 2014. "Mais il ne doit pas faire oublier une situation en retrait par rapport à 2013", rappelle Philippe Basson. Pas de gros changement de prix des matières premières, même si l’on note des signes de pénuries pour des matériaux comme le silicium, et les tensions sont toujours fortes en ce qui concerne les délais de livraison. Toutefois, le secteur continue d’innover, et pas seulement techniquement. Le syndicat des fabricants de ressorts, soucieux de régler la délicate question du recrutement, a lancé une formation par apprentissage. La première promotion devrait compter neuf régleurs sur machines de ressorts de compression.

décolletage : Plutôt positif

Le premier semestre 2013 avait été difficile, avec une baisse du chiffre d’affaires de 2 %, et le second, étal. L’année terminait sur une note de 0%. "Les entreprises du décolletage dépendent à 60% de l’automobile", rappelle le directeur du Syndicat national du décolletage (SNDEC), Jérôme Akmouche. Le rebond du secteur a permis une progression de 5,4% sur les sept premiers mois de 2014. "Mais ce chiffre s’appuie sur la référence des mauvais résultats de 2013", tempère Jérôme Akmouche. Il n’empêche, les immatriculations ont augmenté de 1,6% en France et de 6% en Europe. Et comme l’aéronautique et le médical ignorent la crise, le secteur respire. "La progression est confirmée par une vingtaine d’entreprises. Les grandes sont optimistes, les plus petites ont subi un léger fléchissement durant l’été." L’année 2014 se terminera sur une notre positive, difficile à estimer.

fixations, frappe à froid : Bonne tenue de route

Les fabricants de fixations sont optimistes. Le secteur réalise une bonne moitié de son chiffre d’affaires sur le marché de l’automobile. "Notre secteur a souffert ces dernières années, mais il s’est restructuré. Nous comptons une trentaine d’entreprises. Les grands groupes comme A.Raymond et Lisi sont internationalisés et les petits fabricants de niche sont plutôt épargnés", explique Denis Tremblay, le délégué général de l’Association française des fabricants de fixations (Affix). Le secteur devrait néanmoins perdre une de ses usines dans les prochaines semaines, le groupe italien GFD ayant décidé de fermer son site de Saint-Étienne (Loire). Les gros acteurs bénéficient de la bonne tenue du marché mondial de l’automobile, notamment dans les pays émergents. La reprise timide du marché européen redonne de l’optimisme aux fabricants les plus eurocentrés. Dans le secteur du bâtiment, l’activité est plus difficile : "Nos adhérents sont dans l’attente de programmes de construction. Tout le monde sait qu’il manque des logements neufs", explique le délégué général de l’Affix.

Méthodologie

Le dispositif Ésane (élaboration des statistiques annuelles d’entreprises) n’étant toujours pas opérationnel, les chiffres 2013 présentés dans ces pages sont fondés sur des indices chronologiques fournis par l’Insee. Ces derniers étant obtenus par sondage, ils n’offrent pas la même précision qu’une enquête exhaustive. Cela dit, les estimations ont été recoupées et complétées avec les informations collectées par les organisateurs du salon Midest auprès des exposants.

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