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La vélorution reste à venir…

Pascal Gateaud ,

Publié le

La vélorution reste à venir…
Pascal Gateaud

Une vélorution, une révolution de la petite reine, rien de moins ! C’est la promesse sous-jacente lors de l’inauguration du Vélib’ à Paris, le 15 juillet 2007. À la manœuvre, la société JC Decaux, forte de son savoir-faire dans la publicité et le mobilier urbain. Depuis deux ans, elle exploite Vélo’v, un système de vélos en libre-service à Lyon. Forts du succès de cette expérimentation à grande échelle, ses responsables font preuve d’optimisme. Pas plus le relief, moins accidenté que celui de la capitale des Gaules, que la densité du trafic automobile et l’insuffisance d’infrastructures dédiées ne pourront entraver la pratique du vélo à Paris. Les touristes sont les premiers à enfourcher les (lourds) Vélib’. Très vite, les images font le tour du monde et taire les critiques, pour le plus grand bénéfice du maire (PS) de la capitale, Bertrand Delanoë, qui sera réélu haut la main un an plus tard. JC Decaux duplique le système un peu partout dans le monde. Avec, en prime, venue d’outre-Manche, une critique féroce du vandalisme et des vols qui mettent en danger l’équilibre économique du Vélib’, le fantasque maire de Londres, Boris Johnson, allant jusqu’à traiter les Parisiens de « chapardeurs ». Vélib’ rencontre un succès qui ne se dément pas (plus de 300 000 abonnés annuels en 2016), incitant de nombreux particuliers à acheter leurs propres vélos, quand ils ne se contentent pas de ressortir de vieux clous depuis trop longtemps remisés. Dix ans plus tard, changement de paradigme. Non seulement JC Decaux vient de passer la main à Smovengo, le nouvel opérateur du Vélib’ qui se montre incapable, pour l’instant, de tenir ses promesses, mais les trottoirs de la capitale sont envahis de vélos verts, jaunes, bleus, en libre-service, localisables grâce à une puce GPS intégrée et une application à télécharger sur smartphone. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les opérateurs de ce « free floating » déplorent des dégradations, des vols, quand ce n’est pas une privatisation de certains vélos ! L’accident industriel de Smovengo, qui a promis le déploiement d’un nouveau Vélib’ à la fois « électrique et métropolitain », sur un territoire beaucoup plus vaste, montre qu’il est difficile de remplacer sans coup férir un spécialiste de la ville comme JC Decaux. Surtout, les difficultés rencontrées par d’autres systèmes de vélos en libre-service, notamment dans des villes moyennes, prouvent que la vraie vélorution reste à venir. À condition, toutefois, que les municipalités mettent en œuvre, dans la durée, de véritables plans vélo, avec pistes cyclables et stationnements sécurisés, comme c’est le cas à Strasbourg, première ville cyclable de France, qui soutient les entreprises favorisant l’utilisation du vélo… 

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