Economie

La valorisation des ETI françaises marque le pas

Arnaud Dumas , , ,

Publié le

Les entreprises françaises de taille intermédiaire se vendent en moyenne pour 7,4 fois leur Ebitda. Une valorisation qui a fortement chuté. Selon la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, la raison tient au manque de confiance des acquéreurs dans l’économie et dans les entreprises françaises.

La valorisation des ETI françaises marque le pas © D.R.

L’atonie de l’économie française se ressent directement sur les prix des entreprises. Depuis 2012, le multiple de ventes des sociétés françaises de taille moyenne non cotées a chuté de 15%, avant de se stabiliser en 2014. Il atteint aujourd’hui 7,4 fois l’Ebitda.

"On assiste à un certain attentisme de la part des vendeurs, du fait du manque de clarté sur la situation économique, mais aussi des investisseurs qui n’ont pas de vision sur les perspectives des entreprises", explique Yves Nicolas, le président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC).

La CNCC et le cabinet Epsilon Research viennent de lancer l’Observatoire de la valeur des moyennes entreprises justement pour avoir une vision plus claire des valorisations des ETI en France. Leur champ de recherche (entreprises françaises non cotées, dont la valeur des fonds propres est comprise entre 15 et 50 millions d’euros) concerne environ 7000 sociétés en France, pour 2 millions d’emplois.

De moins en moins de beaux actifs

Si le prix des transactions baisse au global, on observe toutefois des disparités selon la santé des entreprises. "Il y a en fait une réduction du nombre d’actifs de qualité à acheter, note Grégoire Buisson, le président d’Epsilon Research. On voit une bipolarisation du marché entre les belles entreprises dont les prix restent élevés et celles qui sont déficitaires qui sont acquises davantage par opportunisme."

Les difficultés de l’économie se traduisent par un nombre de moins en moins élevé d’entreprises de bonne qualité à la vente, d’où la baisse du prix moyen.

Une autre source de différenciation du prix vient de la Bourse. "Il y a une véritable déconnexion entre le coté et le non coté, assure Yves Nicolas. Dès qu’une entreprise est introduite en Bourse, elle se valorise à des niveaux assez élevés."

Par rapport au reste de la zone euro, les prix des valeurs moyennes françaises se situe légèrement en-dessous des entreprises européennes, qui s’échangent en moyenne à 7,9 fois l’Ebitda. L’évolution des prix calculée pour la zone euro a d’ailleurs été l’inverse de celle en France : les multiples de vente en zone euro ont baissé jusqu’en 2012 avant de remonter et de dépasser les prix français.

"La France a d’abord affiché une plus grande résistance par rapport à la crise, mais les autres pays européens ont pris des mesures drastiques qui commencent à faire leurs effets maintenant", explique le président de la CNCC.

Selon lui, les valeurs moyennes françaises pâtissent d’un déficit de confiance de la part des acquéreurs, notamment parce qu’ils les connaissent mal. "Les commissaires aux comptes ont leur rôle à jouer pour cela", conclut-il.

Arnaud Dumas

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