Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La valorisation de la recherche en France, c'est complexe

Publié le

Les ministres de l'économie et celui de la recherche annoncent une série de mesures destinées à accroître l'efficacité du soutien à l'innovation. Le fruit de 3 rapports qui pointent la complexité du système français.

La valorisation de la recherche en France, c'est complexe
Le secrétaire d'Etat Thierry Mandon propose des aménagements pour mieux valoriser la recherche
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

62 dispositifs de soutien à l'innovation en 2016, contre "seulement" une trentaine en 2000: le moins que l'on puisse dire est que le système français de valorisation de la recherche n'a pas tendance à se simplifier ! C'est l'un des points relevés par un rapport publié début 2016 sur "15 ans de politique d'innovation en France", sous la direction de Jean Pisany-Ferry, Commissaire général de France Stratégie.

C'est en s'appuyant sur ce rapport, complété par celui de Suzanne Berger (professeur au MIT) sur l'écosystème d'innovation français, et sur le bilan à mi-parcours du Plan d'investissements d'avenir, réalisé par Philippe Maystadt (président de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur de la fédération Wallonie-Bruxelles),qu'Emmanuel Macron, ministre de l'économie, et Thierry Mandon, secrétaire d' Etat à l'enseignement supérieur et la Recherche, ont annoncé une série de mesures visant à améliorer l'efficacité de la valorisation de la recherche en France.

Le constat des auteurs de ces rapports, dont deux – Suzanne Berger (Etats-Unis) et Philippe Maystadt  (Belgique) - sont extérieurs au système français, est sans ambiguïté. Pour Jean Pisani-Ferry, l'inflation des dispositifs a créé un « jardin anglais foisonnant », qui souvent, au lieu de valoriser l'innovation, valorise surtout la connaissance des dispositifs... et de leurs instabilités !

Suzanne Berger s'interroge sur le rôle des nouvelles structures intermédiaires qui ont proliféré sous des sigles nombreux et variés (SATT, IRT, ITE, IHU...) : accélérateurs ou écrans ? "Je pense que ce sont plutôt des écrans", dit la professeure américaine, qui plaide pour, à l'image de ce qui est en cours au MIT, une intégration du processus de valorisation au sein même des établissements de recherche.

Faute de tailler dans le maquis de l'écosystème de l'innovation à la française, Emmanuel Macron et Thierry Mandon ont choisi dix mesures qui visent au moins à simplifier et accélérer les processus de valorisation. Parmi lesquelles :

  • Les unités mixtes de recherche (université/CNRS, etc.) auront un mandataire unique pour gérer les relations avec les entreprises et signer des contrats de propriété industrielle. Sur les SATT (sociétés d'accélération du transfert de technologies), auquel Philippe Maystadt attribuerait "plutôt une bonne note",
  • l'Etat, qui siège à leur conseil d'administration, devrait renoncer à une partie de son droit de veto sur les projets financés. L'obligation de rentabilité des SATT au bout de dix ans, jugée peu réaliste et surtout contre-productive, sera repoussée.
  • Du côté des Instituts Carnot, une aide sera accordée à une sélection de laboratoires qui n'ont pas encore réussi à obtenir le label.

Pour favoriser les contacts directs entre laboratoires et entreprises, l'embauche des docteurs doit être favorisées, y compris pour des postes hors de la R&D. "Dans une économie de plus en plus ouverte et internationale, la recherche est une école d'adaptabilité", a insisté Emmanuel Macron.

La conférence des deux ministres, qui s'est tenue dans le cadre de l'université Pierre et Marie Curie à Paris, a aussi permis à Louis Schweitzer, Commissaire général à l'investissement et chargé de la gestion des PIA, de préciser le calendrier du futur PIA3. En cours de préparation et doté de 10 milliards d'euros, il devrait être voté à la fin de 2016. Il ne donnera pas lieu à la création de nouvelles structures, a promis Louis Schweitzer (sauf quelques IHU). Mais permettra notamment de pérenniser le financement des IRT et ITE au-delà de 2019.

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

11/06/2016 - 19h46 -

Nous n'avons pas la culture de la complexité, nous l'exerçons (et mal) par paranoïa organisationnelle, pour lutter contre notre culture de - finalement - l'éternelle démerde, l'arrangement, le service entre voisins, amis, intérêts communs (dont nous avons stupidement honte). Hélas, ça ne marche pas: chaque petit "Politique" local ou "Universicrate" crée son "petit machin innovant", protégé et opaque, avec secrétaires, jeunes cadres, vieux amis... c'est usant, surtout en budget! Mais un peuple qui a fait la 2Cv sait aussi être rationnel et efficace, et avoir du coeur... Alors en matière d'innovation, je (chef d'entreprise) préconise la démerde! Ou quelque chose comme le pragmatisme de nos voisins britanniques: voir le "Business, Innovation and Skills department": http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/royaume-uni/article/lancement-d-un-nouvel-outil-de-financement-de-la-recherche-et-innovation
Répondre au commentaire

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle