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L'Usine Matières premières

La vague anti-plastique profite aux industriels du papier-carton

Franck Stassi , , , ,

Publié le

L'emballage et le conditionnement constituent la planche de salut de l’industrie du papier-carton. Des arrêts techniques ont engendré une baisse de la production globale de 2% en 2018. L’explosion des prix de la fibre et les tensions sur les approvisionnements en bois pénalisent certains industriels.

La vague anti-plastique profite aux industriels du papier-carton
Le segment des papiers graphiques continue de plomber les résultats de la filière papier-carton.
© Pascal Guittet

L'industrie papetière française compte sur sa qualité d'alternative au plastique pour se redresser. Après une hausse de 0,5% en 2017, la production de papiers-cartons a baissé de 2% en 2018, à 7,8 millions de tonnes (Mt). L’augmentation du prix de vente de la plupart des sortes commercialisées a toutefois permis aux industriels d’enregistrer un chiffre d’affaires en hausse de 4,5%, à 6,2 milliards d’euros. "On a, je l’espère, enrayé la spirale baissière engagée en 2003. Depuis 2013, la part de l’emballage croît année après année, tandis que les papiers graphiques sont en baisse inexorable", constate (comme tous les ans) Paul-Antoine Lacour, délégué général de l’Union française des industries des papiers, cartons et celluloses (Copacel).

L’industrie poursuit son virage vers toujours plus d’emballages et conditionnements – ceux-ci pèsent désormais 56,7% de la production française, contre 44,9% en 2003. La baisse de production de 1,2% en volume en 2018 (4,4 Mt) est liée à des arrêts techniques et à des mises en conformité dans plusieurs usines. "Ce segment se porte bien avec des niveaux de prix records pour les cartons pour ondulé. La situation est plutôt favorable : nous sommes dans une période anti-plastique. Le papier est recyclable, a une très bonne image, et se développe. Le commerce en ligne se révèle aussi très positif", indique Rémi Poirson, CEO de Smurfit Kappa Papier recyclé France et délégué général de Copacel.

A l’échelle européenne, la production de papiers et cartons d’emballage est passée de 33 à 48 Mt entre 1998 et 2018, soit 52,5% du total de la production de papiers et cartons. "L’impact des déchets plastiques sur les écosystèmes, lié à leur faible taux de recyclage, a conduit les autorités françaises et européennes à limiter l'usage de certains plastiques. La directive sur les plastiques à usage unique en cours d’adoption, et la mise en marché de matériaux alternatifs, notamment à base de cellulose, sont des opportunités", appuie Agnès Roger (Arjowiggins), présidente de Copacel, qui a cédé dans la foulée son poste à Philippe d'Adhémar (International Paper).

Les papiers graphiques continuent de dévisser

Sans surprise, le segment des papiers graphiques continue pour sa part de faire grise mine : la production française a reculé de 5,1% en 2018, à 2,1 Mt. Les papetiers ont, en revanche, répercuté des hausses moyennes de prix de 11% à leurs clients, sous l’effet d’une hausse des prix de certaines matières premières.

A l’échelle européenne, la consommation a perdu 6,9%. Les papiers couchés sans bois, qui servent notamment pour les meilleurs grammages (rapports annuels, plaquettes…) "souffrent fortement du développement des usages électroniques", constate Philippe d’Adhémar, vice-président de l’organisation. La baisse des volumes de papiers couchés sans bois (papier ramette), liée à la baisse des usages administratifs, est atténuée par l’essor des imprimantes individuelles à domicile. Les papiers non-couchés sans bois souffrent, eux, des difficultés de la presse régionale et de la baisse de diffusion des magazines de télévision, qui étaient traditionnellement de gros consommateurs.

La production de papiers d’hygiène a, elle, gagné 0,6% en France l’an dernier, et environ 1% en Europe. De nouvelles capacités de production sont annoncées pour 2019 et 2020 en Espagne et au Portugal. En France, les restrictions imposées dans les promotions sur l’alimentation chez les distributeurs pour préserver la rentabilité des producteurs pourraient éventuellement convaincre la grande distribution de mener bataille sur les prix des produits d’hygiène-beauté, qui n’y sont pas soumis.

Tensions sur les approvisionnements

Dans les usines, la hausse de 11% du prix de l’électricité et de 31% du prix du gaz n’est pas passée inaperçue. La hausse des cours de la pâte de fibres longues (NBSK) de 30% et celle de 22% de la pâte d’eucalyptus (fibre courte) non plus. Des difficultés d’exploitation forestière et des arrêts de production dans plusieurs usines à travers le monde expliquent notamment ces hausses. Les professionnels suivent avec attention l’évolution de la demande en Chine, première zone de consommation, où les achats se sont stabilisés en 2017 et en 2018 après huit ans de croissance ininterrompue.

Les représentants de la profession pointent par ailleurs l’impact de la fermeture des frontières chinoises à de nombreuses qualités de déchets sur leurs propres achats de papiers et cartons à recycler. "Même si les récupérateurs font des efforts pour améliorer leur tri, cela prend du temps : de mi-2017 à mi-2018, à l’échelle moyenne, nous avons constaté une dégradation de la qualité de certaines qualités en mélange", regrette Paul-Antoine Lacour.

L’augmentation de la part de bois dirigée vers l’énergie émeut également les professionnels : "la fluctuation des prix du gaz accroît l’utilisation de bois-bûches. De plus, les politiques publiques encouragent l’utilisation de chaufferies biomasse. Des coupes qui étaient destinées au bois de trituration vont aussi vers des usages ménagers", explique le délégué général. L’interprofession, impliquée dans le plan de filière bois, rappelle que plus de 1,5 Mt de déchets de bois pourraient être fléchés vers les usages énergétiques, sur les 6 Mt issus de la déconstruction chaque année

Pour l’heure, priorité est donnée à surveiller les éventuelles conséquences du Brexit – le niveau des exportations vers la Grande-Bretagne se limite à 5% de la production française de papiers-cartons.

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