Economie

La tête de la CGT embarrassée par le rôle de l’avocat Rilov dans l’affaire Goodyear

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

La centrale de Montreuil tente de rattraper à la fois la catastrophe sociale de l’affaire Goodyear et la mauvaise image de la CGT. Mais elle est mal à l’aise avec le rôle joué par l’avocat Fiodor Rilov.

La tête de la CGT embarrassée par le rôle de l’avocat Rilov dans l’affaire Goodyear © Facebook

La volée de bois vert tombée sur la CGT de Goodyear, accusée d’avoir fait capoter la reprise par Titan d’une partie du site d’Amiens-Nord, ne pouvait laisser indifférente la centrale de Montreuil. Dans un difficile exercice d’équilibrisme, un membre influent de la direction soutient le délégué syndical CGT du site, Mikael Wamen, mais se montre nettement plus critique vis-à-vis de l’avocat "rouge" qui le conseille, Fiodor Rilov.

"Les équipes syndicales se sont toujours battues pour obtenir des investissements sur le site, et un engagement du repreneur à maintenir une activité pendant plusieurs années, justifie-t-il. Elles ont beaucoup fait évoluer le projet, et un accord a failli être trouvé. Le plan de départs volontaires avait remplacé les licenciements."

La CGT exigeait un engagement de Titan sur 5 ans, les discussions avaient permis d’obtenir un engagement sur 3 ans et demi. "On était très près des revendications de la CGT, on pouvait aboutir, Mikael était prêt à signer, quand Rilov a soudainement demandé un engagement sur sept ans et tout fait capoter ! C’est une catastrophe, ce type ! Ca fait du mal à la CGT, mais surtout aux salariés. On pouvait sauver 500 emplois, plus les indirects ! Et là on a 1200 licenciements et des milliers d’emplois indirects menacés."

Selon ce responsable de la CGT, Arnaud Montebourg lui-même n’arrive pas à faire entendre raison à l’avocat, qui s’arc-boute et promet aux salariés de faire annuler le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à venir. A Amiens, l’argument porte, et l’avocat fait mouche auprès des salariés.

Le ministre du Redressement productif essaie de "remettre tout le monde autour de la table", mais une première table ronde n’a pas pu se tenir parce que la direction de Goodyear n’en voulait pas. Face à cette catastrophe sociale annoncée, et à l’image écornée de la CGT, Bernard Thibault, dimanche sur France Inter, s’est montré ouvert à une réouverture des négociations avec Titan : "Si Montebourg a les capacités de réunir autour de la table l'ensemble des acteurs, et de dessiner un plan qui aux yeux des personnels est convenable, je ne vois pas pourquoi la CGT refuserait cette perspective", a affirmé le leader de la CGT. Une réunion tripartite au ministère aurait l’avantage de se tenir sans l’avocat Rilov...

L’affaire est également politique, puisque Fiodor Rilov a souhaité se présenter aux élections législatives, en juin dernier, porté par le mouvement de Maxime Gremetz. Faute d’avoir été naturalisé à temps, il a envoyé Mikael Wamen au front. Le délégué syndical a fait 6,3%.

Même politisation du mouvement à PSA Aulnay. La CGT, accusée d’intimidations à l’égard des non-grévistes, y est dirigée par Jean-Pierre Mercier, ancien porte-parole de Nathalie Artaud, candidate Lutte ouvrière à l’élection présidentielle. Là aussi, si la CGT ne peut pas critiquer ouvertement ses troupes, elle tente de recoller les morceaux et de reprendre la main, syndicalement, sur le mouvement.

Cécile Maillard

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2 commentaires

Nom profil

06/02/2013 - 14h30 -

Un syndicaliste n'a pas pour vocation de scier la branche sur laquelle il est assis. La critique est facile vu de l’extérieur. Les sacrifices et compromis ont rarement sauvé l'emploi de façon durable. Moi je vois un Arnaud de Montebourg en marge de sa mission, jouer les médiateurs en faveur des employeurs.
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Nom profil

04/02/2013 - 18h57 -

La CGT a été, est et restera la fossoyeuse de l'industrie, elle n'a jamais hésité à employer la manière forte pour intimider qui que ce soit lors de ses plus que nombreuses revendications y compris irréalistes et mortifères, à ce titre elle n'a pas à être considérée en tant qu'interlocuteur digne de foi.
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