La "tech for good" bénéficie d’un concours et d’un premier fonds d’investissement à impact

L’incubateur parisien Station F a accueilli lundi 26 novembre la première édition du concours The Robot of the year, qui vise à promouvoir les projets d’intelligence artificielle et de robotique à impact social. Il s’est accompagné du lancement d’un fonds d’investissement dédié au sujet, Ai.Ven.

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Le concours The robot of the year a décerné un prix Coup du coeur du jury à Agreenculture.

La "tech for good" renforce son écosystème. Dans le sillage des initiatives ImpactIA ou AI4good, un nouvel événement entend promouvoir l’intelligence artificielle (IA) et la robotique à impact positif, The Robot of the year. Ce concours, parrainé par le multi-entrepreneur spécialiste des robots Bruno Maisonnier, a tenu sa première édition lundi 26 novembre dans l’enceinte de l’incubateur parisien Station F.

Au menu : une journée de conférence et tables rondes sur l’IA et la robotique au service du bien commun et un concours visant à sélectionner deux projets en la matière, avec à la clé un financement allant jusqu'à 2 millions d’euros. Celui-ci sera opéré par le fonds d’investissement AI.Ven, lancé à cette occasion, qui revendique être le premier fonds d’investissement à impact dédié à l’IA et à la robotique.

"Approche pragmatique"

"Ce concours vise à promouvoir les initiatives positives en intelligence artificielle et en robotique, explique Philippe Nacson, fondateur de l’événement et directeur général du fonds AI.Ven. L’objectif est de donner de la visibilité à des projets technologiques qui répondent à nos critères d’éthique et d’impact ainsi que de leur donner accès à des fonds." The Robot of the year compte rejoindre la fondation ImpactAI, par rapport à laquelle il revendique une "approche pragmatique". "Nous voulons développer la réflexion autour de l’éthique mais aussi être une plateforme qui montre comment concrètement l’IA et la robotique à impact existent et se développent", pointe Philippe Nacson.

Trente personnalités ont constitué le jury de cette première édition, parmi lesquelles d’éminents chercheurs du domaine : le directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (Isir) et président de la IEEE Global initiative on ethics of autonomous and intelligent systems Raja Chatila, le psychiatre Serge Tisseron, la chercheuse en IA Laurence Devillers ou encore le directeur du département IA et robotique des Nations-Unies Irakli Beridze.

Une techno garante du pluralisme des idées

Sélectionnée parmi douze projets candidats, la lauréate de cette première édition est la start-up Wandercraft, qui développe un exosquelette d’aide à la marche pour des personnes en fauteuil roulant. Un prix Coup de cœur a également été décerné à la société de robotique agricole Agreenculture, spécialisée en solutions intelligentes pour l’agro-écologie.

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Ces projets ont été sélectionnés selon dix critères (la liste complète est à retrouver ici), qui renvoient à l’intégrité physique (les robots ne blessent ni ne tuent), morale et mentale des robots, mais aussi à leur bienfait ("les robots soulagent la tâche de l’homme"), leur fonction d’éducation ("les robots rendent l’homme meilleur et l’humanité plus riche de ses connaissances et de sa diversité") et au fait qu’ils doivent être garants du "pluralisme des opinions".

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Evaluation dans le temps et pénalité financière

Ce dernier critère s’oppose par exemple aux pratiques des géants Google et Amazon qui collectent avec leurs enceintes connectées les données personnelles des utilisateurs pour ensuite leur promouvoir des contenus et publicités liées à leurs préférences. "Un moyen de nous enfermer dans des bulles", dénonçait Rand Hindi à une table ronde, le cofondateur de Snips qui propose un assistant vocal sans envoi des données personnelles dans le cloud pour traitement.

Reste à voir comment l’évaluation de ces critères va s'effectuer. "Nous allons régulièrement évaluer les projets que nous finançons selon des critères d’impact social et nous allons mettre en place un mécanisme financier qui pénalisera les start-up qui ne respecteraient plus ces critères en évoluant", souligne Philippe Nacson. The Robot of the year compte également sur certains de ses partenaires, comme l’école 42 et l’incubateur Creative Valley, pour ouvrir la réflexion sur l’intégration de ces critères dans la conception même de la technologie. Un vaste chantier.

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