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La taxe sur les robots de Bill Gates n'effraie pas l'Amérique

Gabriel Thierry

Publié le

La proposition de taxer les robots lancée par Bill Gates, le fondateur de Microsoft, n'a pas suscité de levée de boucliers outre-Atlantique. Alors qu'une telle taxe, prônée notamment par le candidat à la présidentielle Benoit Hamon, a été rejetée par le parlement européen le 16 février, la presse anglo-saxonne en retient surtout la nécessité de mieux répartir les fruits de la croissance engendrée par la technologie.

La taxe sur les robots de Bill Gates n'effraie pas l'Amérique
Bill Gates
© nitot - Flickr - C.C

La parole d’un milliardaire est d’or. Emboîtant le pas à Benoît Hamon et à certains députés européens, le milliardaire américain Bill Gates, fondateur de Microsoft, s’est engagé en faveur de la création d’une taxe sur les robots, le tout sans susciter de levée de boucliers. "Il y aura certainement des taxes relatives à l’automatisation", a-t-il ainsi déclaré le 17 février dans une interview à Quartz. Et la première fortune mondiale, selon Forbes, d’ajouter : "Je ne pense pas que les fabricants de robots seraient outragés s’il y avait une taxe".

La sortie du fondateur de Microsoft n’a pas suscité de réaction chez les professionnels du secteur, le site de la Robotic industries association restant pour le moment sourd à ce débat. Contrairement à la France où le Symop, le Syndicat des machines et technologies de production, avait estimé que la proposition de Benoît Hamon, candidat de la gauche à l’élection présidentielle, de taxer les robots pour financer un revenu universel était "une fausse bonne idée qui va encore affaiblir l’industrie française".

La question de la redistribution

La presse anglo-saxonne n'a pas non plus poussé de cris d'orfraie face aux déclarations de Bill Gates. Celles-ci pointeraient au contraire une question fondamentale et urgente : la redistribution des profits générés par la technologie. Dans son édition en ligne, le magazine Fortune voit dans la proposition du milliardaire le choix d'un moindre mal : "Bill Gates croit que si l'automatisation ne profite pas clairement à tous les membres de la société, elle pourrait engendrer une sorte de mouvement néo-luddiste qui restreindrait la technologie beaucoup plus sévèrement que tout impôt."

Le New York Times souligne, lui, dans un éditorial, publié le 20 février, que "le problème avec l’automatisation n’est pas dans les robots, il est dans les gouvernants, qui ont échoué depuis des décennies à soutenir des politiques qui permettent aux travailleurs de capter une partie de la richesse de la croissance engendrée par les technologies".

Quant au Financial Times, il remarque qu’il "est facile de caricaturer de telles propositions - mais les arguments sous-jacents ne sont pas aussi fous qu'ils pourraient le sembler au premier abord". Le quotidien britannique, étendard du libéralisme, ne va cependant pas jusqu'à renier ses fondamentaux : "Une taxe directe sur les robots n'est pas la réponse Il n'y a aucun sens à pénaliser l'innovation technologique qui augmente la productivité et crée la richesse", tacle le FT. Mais son analyse rejoint celle du New York Times : "La question la plus importante est de savoir comment les décideurs peuvent utiliser le système fiscal pour assurer une répartition plus équitable de la croissance."

 

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1 commentaire

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22/02/2017 - 07h08 -

Le milliardaire B. Gates a fait fortune dans l'édition de logiciels et à ce titre est très écouté . Les E.U. ne sont plus très connus pour avoir une industrie manufacturière très automatisée. Les derniers exemples de relocalisation aux E.U. montrent qu'ils ont été accompagnés d'une forte automatisation. B. Gates doit être salué comme un grand du marketing qui a su s'appuyer sur les progrès techniques de la miniaturisation. Un jour il a comparé "son industrie" à celle de l'automobile pour minorer les progrès de cette dernière qui implicitement ne devait attirer que les plus mauvais. On se demande ce qui empêchait B. Gates de faire profiter les autres industries de son savoir. Il faut rappeler aussi que les derniers grands succès de l'industrie américaine se font sur le dos de la main d'oeuvre bon marché du reste du monde.
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