Economie

"La simplification n'est pas un choc c'est un chemin", pour Françoise Holder, la co-présidente du conseil de la simplification

Solène Davesne

Publié le

Le Premier ministre détaille ce mercredi 3 février une nouvelle liste de 90 mesures de simplification pour les entreprises. Deux ans et demi après le lancement du "choc de simplification",   les entreprises peinent à voir ses effets sur le terrain.  Françoise Holder, la présidente du groupe Holder et co-présidente du conseil de la simplification estime qu'il faut aller plus vite. 

L'Usine Nouvelle : Quelles sont les principales nouvelles mesures de simplification ? 

Françoise Holder : Les 90 mesures de simplification remontent des ateliers de travail auxquels participent des chefs d’entreprises et concernent la formation professionnelle, la gouvernance, les entreprises innovantes...  Pour aider les entreprises à recruter par exemple, nous proposons de mettre en place un simulateur des coûts et des aides qui existent pour l’embauche d’un salarié.

Cela doit permettre à des PME qui font leur première embauche de se rendre compte que le coût n’est pas toujours aussi élevé qu’ils le croient.

Il y a aussi des mesures de dématérialisation des procédures douanières, avec des déclarations de dédouanement centralisés et des formulaires beaucoup plus légers, qui doivent simplifier la vie des exportateurs.

Nous allons aussi simplifier les autorisations de transports exceptionnels ou allonger la validité des autorisations d’urbanisme. Il faut enfoncer le clou, aller plus loin et plus vite. Notre objectif est d’aller vers des mesures de plus en plus emblématiques et qui relèvent moins du détail.

 

Les entreprises ont parfois du mal à percevoir le choc de simplification. Deux ans après le lancement du conseil de la simplification, où en est-on ?

Environ 325 mesures ont été proposées par le conseil de la simplification pour alléger la vie des entreprises, dont près de 60 % sont effectives. Bien sûr ce n’est pas suffisant et on peut faire mieux. Le temps de l’administration n’est pas celui de l’entreprise. On voudrait que les décrets se signent plus vite et que l’Assemblée nationale ait davantage de temps disponibles pour faire passer les lois qui nous occupent. Le travail ne doit pas s’arrêter à la fin du quinquennat. Il reste de quoi s’occuper pendant dix ans. Pour moi, la simplification ce n’est pas vraiment un choc mais c’est un chemin. Il faut y rester. On a peut-être aussi à se reprocher un manque de communication.

 

Où en est le comité d’impact qui doit évaluer les lois en cours de préparation au regard des entreprises ?

C’est un de nos bébés. Il est en place et se réunit tous les mois à Matignon. Il a été amené à se prononcer sur la loi Lemaire sur l’économique numérique et ses comptes-rendus ont été remis au Premier ministre. Ses travaux ont notamment permis de protéger davantage les données des entreprises et leur confidentialité. Il devrait désormais se pencher sur la simplification du code du travail et les exigences de qualifications professionnelles.

 

Quels sont les chantiers encore à ouvrir ?

Beaucoup a été fait dans la construction. Dans les mois qui viennent, la simplification de la formation et l’apprentissage et ce qui touche à l’emploi devraient devenir des sujets importants pour le conseil.

Propos recueillis par Solène Davesne
 

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1 commentaire

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04/02/2016 - 13h56 -

Simplifier va in fine revenir à réduire le nombre de fonctionnaires!
Y est on prêt? Comment recycler les Fonctionnaires en excès?
Sinon pas de simplification à attendre sauf dans les discours!
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