"La sécurité, c'est un million d'emplois en France", explique le délégué aux industries de sécurité du ministère de l’Intérieur

Présent au salon Milipol qui se tient à Villepinte, Thierry Delville, délégué aux industries de sécurité du ministère de l’Intérieur, revient sur les priorités de la nouvelle filière industrielle.

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Au salon Milipol - Crédits Pascal Guittet

L'Usine Nouvelle : Dans son intervention face au congrès à Versailles lundi dernier, le président de la République a annoncé le renforcement des effectifs des forces de sécurité et insisté sur l'importance des technologies. Face au défi du terrorisme, la réponse est elle technologique?

Thierry Delville : On peut difficilement imaginer recruter ces personnels sans les former aux nouvelles technologies qui répondent aux défis qui nous attendent. Il faut des techniques et des matériaux de plus en plus sophistiqués pour protéger les hommes, que ce soient les policiers de quartier, comme ceux qui sont intervenus en premier vendredi dernier sur des scènes extrêmement dangereuses ou les forces d'intervention.

Par ailleurs, une grande partie du travail de renseignement, et d'enquête judiciaire repose sur des apports technologiques. Pour être plus réactif, il faut pouvoir investiguer dans des sources multiples : téléphone portable, bases de données, flux vidéo...Les outils comme ceux de surveillance des réseaux, évoluent à un rythme extrêmement rapide. Il ne faut pas non plus tomber dans le tout technologies. Il y a un facteur humain qui est incontournable. Mais l'humain est plus performant quand il se dote de moyens technologiques qui lui permettent de lutter contre des assaillants qui bénéficient eux mêmes de moyens technologiques souvent issus du grand public mais qui une fois détournés deviennent performants.

Quelles sont les priorités pour la filière industrielle de la sécurité ?
La priorité de fond c'est de rapprocher au plus près l'expression du besoin formulé par les acteurs opérationnels comme la police, la gendarmerie mais aussi les opérateurs d'importance vitale, des solutions qui peuvent être apportées par les industriels de la sécurité. Cela se traduit par la mise en place de démonstrateurs technologiques. Plusieurs ont déjà été lancés et financés notamment dans le domaine de l'intelligence vidéo pour exploiter des données dans des flux vidéos très volumineux, de la radio très haut débit... Nous réfléchissons aussi sur les équipements de protection des primo intervenants, ces agents qui interviennent les premiers sur les lieux de crise. D'autres projets de démonstrateurs seront présentés dans le cadre du prochain comité de filière industrielle qui se réunira en principe le 1er décembre. La feuille de route technologique sera présentée au ministère de l'intérieur et au ministère de l'économie et des finances.

Vous identifiez les PME comme le moteur en terme d'innovation pour la filière. Comment les soutenez vous?
L'un des enjeux de la filière c'est de ne pas les oublier et de leur donner accès aux marchés en France comme à l'étranger. Historiquement, le ministère de l'Intérieur fait partie des ministères parmi les plus acheteurs auprès des PME. Plus 60% de nos achats se font auprès des PME.
Pour les soutenir à l'étranger, nous mobilisons notre réseau des attachés de sécurité intérieur. C'est environ 76 spécialistes qui couvrant près de 160 pays. Ce ne sont pas des commerciaux mais des facilitateurs qui peuvent leur ouvrir des opportunités dans des pays où nous avons des coopérations techniques fortes dans le domaine de la sécurité.

Quel est le poids de l'industrie de la sécurité dans l'économie française ?
Si on totalise tous les acteurs qui concourent à la sécurité, du policier municipal au pompier, en passant par les acteurs privés, on arrive à un million d'emplois. Les budgets publics ajoutés à ceux du secteur marchand représentent 60 milliards d'euros d'activités. C'est un marché en croissance de l'ordre de 5% par an avec certains domaines comme la cybersécurité qui enregistrent une croissance à deux chiffres.



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