Economie

La réouverture de l'A10 attendue avec impatience

Stéphane Frachet , ,

Publié le

Plusieurs usines ont été inondées dans le Centre-Val-de-Loire, dont Hutchinson et Thales dans le Loiret. Alors que la décrue s'amorce, les industriels attendent avec impatience la réouverture de l'A10, un axe nord-sud vital pour leurs approvisionnements.

La réouverture de l'A10 attendue avec impatience
Capture d'écran - Inondation impressionnante de l'autoroute A10 à hauteur d'Orléans le 30 mai 2016.
© YouTube

Après un week-end de nettoyage, la remise en route est progressive chez Hutchinson à Montargis (Loiret), principale usine de la filiale industrielle de Total. De la marchandise a été abîmée, des armoires électriques encore imbibées d'eau empêchent le redémarrage de quelques machines. "Dans l'un des ateliers, les carpes étaient rentrées. Le parking est jonché de poissons morts", témoigne un salarié. Un comité d'entreprise extraordinaire est prévu jeudi 9 juin pour faire un premier bilan de la situation.

D'autres entreprises ont été touchées et l'heure est au réamorçage des lignes de production et des approvisionnements, comme chez Servier à Gidy et Thales à La Ferté-Saint-Aubin, autour d'Orléans.

Diagnostic risques chez Koyo Bearings

Ailleurs, les cas sont moins concentrés et moins graves. Chez Esvres Matriçage, près de Tours (Indre-et-Loire) au bord du Cher, le patron de cet usineur de précision a vu l'eau monter à 2 cm de son armoire électrique. L'usine de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire) de l'équipementier aéroportuaire TLD est aussi touchée. Les salariés ont dû passer le week-end à surélever les matériels et des tracteurs d'avions en cours d'assemblage. Plus en amont, à Vierzon (Cher), plusieurs industriels nettoyaient leurs locaux lundi comme Jacobi et Calibracier. Plusieurs ont dû arrêter la production.

A noter le cas particulier de Koyo Bearings. Bien qu'inondé par le débordement de La Chée, un petit affluent du Cher, le site vierzonnais du fabricant japonais de roulements à aiguilles a poursuivi son activité.

En 2009, en collaboration avec l'Etablissement public Loire, Koyo Bearings avait réalisé un diagnostic de vulnérabilité au risque inondation. A l'issue de cette analyse, il avait réalisé un bassin de rétention dans lequel il a pu déverser tout le week-end le trop plein d'eau qui menaçait ses cuves de four et ses presses. Cette usine de 180 salariés et 70 intérimaires n'a jamais cessé de tourner.

29 000 entreprises en zone inondable du Puy-en-Velay à Saint-Nazaire

"Les chefs d'entreprises sont comme le reste de la population, la culture du risque n'est malheureusement pas bien partagée", constate Benoit Rossignol, directeur du développement de l'EPLoire. Entre 2008 et 2014, l'EPLoire a réalisé 2 349 diagnostics entreprises, sur les 29 000 que compte le bassin de la Loire, du Puy-en-Velay à Saint-Nazaire, en passant par Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, Vichy, Bourges, Orléans, Tours, Angers et Nantes.

Désormais, tous les industriels attendent avec impatience la réouverture de l'autoroute A10 au niveau d'Orléans, axe stratégique par lequel transitent leurs approvisionnements. Une opération de pompage inédite créant un corridor sec a permis à Cofiroute d'évacuer entre dimanche et lundi matin 200 voitures et une cinquantaine de poids-lourds bloqués. Mais il reste des nappes d'eau. Vinci ne prévoit pas de réouverture avant plusieurs jours.

Stéphane Frachet

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