La rémunération de Carlos Ghosn est-elle vraiment trop élevée ?

Alors que les salariés de Renault subissent depuis 2013 une politique de modération salariale, Carlos Ghosn voit sa rémunération grimper de 169% en 2014, à 7,2 millions d’euros. Si elle peut être jugée trop élevée, cette somme se rapproche pourtant des rémunérations d’autres patrons de grands constructeurs mondiaux.

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La rémunération de Carlos Ghosn est-elle vraiment trop élevée ?

Chaque année, au début du printemps, le salaire de Carlos Ghosn est sujet à polémique en France. 2015 ne fait pas exception. Lundi 23 mars, Les Echos ont relevé dans le document de référence 2014 publié par Renault que le salaire du PDG atteindra au total 7,2 millions d’euros. Ce qui représente une hausse de 169% par rapport aux 2,67 millions gagnés en 2013.

Cette somme comprend 1,23 million d’euros de part fixe (inchangée par rapport à 2013), 1,81 million d’euros de part variable (contre 1,384 million en 2013) et 100 000 actions de performance, valorisées à 4,117 millions d’euros (contre 750 258 euros de stock-option en 2013). La hausse de la part variable comme de la valorisation des actions de performance sont liées aux bons résultats financiers du groupe Renault en 2014.

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Modération salariale

Cette hausse du salaire de Carlos Ghosn intervient alors que l'accord de compétitivité signé entre la direction et les syndicats impose une modération salariale depuis 2013 aux salariés de Renault. Une partie de la part variable du salaire de Carlos Ghosn est d’ailleurs soumise au "suivi de l’accord de compétitivité en France" (page 239 du document de référence). Dans ce contexte, les critiques en interne comme en externe que suscite le salaire du PDG semblent légitimes.

Si Renault a retrouvé de la compétitivité, c’est grâce à la stratégie de son patron mais aussi aux efforts des salariés qui mettent en œuvre cette politique sur le sol français. Or, eux ne verront pas leurs rémunérations revalorisées cette année. Les administrateurs salariés auraient d’ailleurs voté contre cette rémunération, mais la validation finale du salaire de Carlos Ghosn reviendra aux actionnaires du groupe (15% Nissan, 15% l’Etat français et plus de 60% d’institutionnels), lors d’un vote pendant l’assemblée générale qui se tiendra le 30 avril.

Carlos Ghosn ne touchera pas tout en 2015

Le salaire de Carlos Ghosn est-il pour autant trop élevé ? Tout dépend sur quel référentiel nous nous plaçons... Tout d’abord, Carlos Ghosn ne touchera pas cette année les 4,117 millions d’euros d’actions de performance qui font gonfler son salaire. Cette somme ne lui sera versée qu’après son départ du groupe, soit après 2018. La somme avancée de 7,2 millions d’euros pour 2015 n’est donc que théorique en 2015. Il faudra attendre qu'il parte pour pouvoir donner ses gains exacts sur les actions engrangées.

Dans la moyenne des patrons du secteur

Ensuite, si le salaire de Carlos Ghosn est mis à l’épreuve des standards du secteur automobile, le patron de l’Alliance Renault-Nissan reste dans les clous. Il a touché l’année dernière 7,2 millions d’euros chez Nissan, il touchera la même chose cette année chez Renault. Soit une rémunération totale comme patron de l’Alliance, quatrième groupe mondiale, qui devrait avoisiner les 15 millions d’euros.

Mary Barra, présidente de General Motors, troisième constructeur mondial, a touché l’année dernière 14,4 millions de dollars (13,1 millions d’euros). Martin Winterkorn, patron du groupe Volkswagen, numéro 2 mondial, touchera lui cette année 15,9 millions d’euros, tandis que le salaire de Sergio Marchionne s’envole à 72,6 millions d’euros. Le patron du groupe Fiat-Chrysler touchera en effet un salaire de 6,6 millions de dollars (6 millions d’euros) fixe et variable, avec un bonus de 30 millions d’euros.

Comme Sanofi

Exception à cette règle : Akio Toyoda, pourtant président directeur général du premier constructeur mondial Toyota, n’avait touché en 2013 "que" 1,6 million d’euros. Cette question sur la rémunération des grands patrons est récurrente dans nombre de secteurs. Le salaire du nouveau PDG de Sanofi et surtout de son "golden hello" défrayaient ainsi la chronique il y a quelques semaines.

Pauline Ducamp

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