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La production industrielle accélère mais les industriels peinent à suivre

Solène Davesne

Publié le

Selon l’Insee, les industriels déclarent des tensions sur leur appareil de production proche de leur pic historique de début 2000. Seul point rassurant : les tensions sont encore plus fortes en Allemagne

La production industrielle accélère mais les industriels peinent à suivre

Les industriels vont-ils réussir à suivre la cadence ? Après une hausse du PIB de 1,9 % - un chiffre encore plus élevé que prévu -, l’économie française devrait maintenir son rythme de croissance au moins jusqu’à l’été, selon la dernière note de conjoncture de l’Insee. Elle devrait enregistrer une hausse de 0,5 % puis 0,4 % pour les deux premiers trimestres de l’année. La production industrielle devrait quant à elle accélérer en début d’année. Son acquis de croissance à l’été serait de 2,5 %, supérieur à son évolution en 2017 (+1,9 % sur l’année).

Le dynamisme tranche avec la croissance poussive de ces dernières années. Mais il apporte aussi de nouveaux défis. L’Insee souligne que les tensions sur les capacités de production se sont accrues depuis le début de l’année. Elles devraient encore s'accentuer l'an prochain. Depuis l’été, les industriels sont plus nombreux à signaler des contraintes d’offres que de demande. Du jamais vu depuis 2008.

En octobre, 34 % d’entre eux ont limité leur production faute de pouvoir suivre la cadence, près de deux fois plus qu’un an auparavant. Les difficultés sont encore plus criantes chez les fabricants de matériels de transport, y compris automobile et aéronautique, où près d’un industriel sur deux est concerné. A l’inverse, 27 % des industriels jugent souffrir uniquement d’une faiblesse de la demande.

Dans l’industrie, les usines tournent désormais à plein régime. Le taux d’utilisation des capacités de production est remonté à 84,9 % en octobre. Les industriels signalent une forte hausse depuis l’été de leurs difficultés d’approvisionnement. Mais les tensions sont aussi liées aux difficultés de recrutement de la main d’œuvre qualifié et à des investissements insuffisants dans la modernisation ou l’extension des équipements.

Des difficultés de recrutement plus marquées en Allemagne

Fin 2017, 42 % des entreprises industrielles déclaraient avoir du mal à recruter, une proportion jamais vue depuis 2007. Seul lot de consolation : les entreprises françaises ne sont pas les seules à subir ces goulots d’étranglement. En Allemagne, la part d’industriels signalant des goulots de production par manque de personnel est grimpée en flèche depuis le début de l’année et atteint un niveau inédit depuis la réunification. Elle est bien supérieure à celui des industriels français.

"La pénurie de techniciens est beaucoup plus importante dans les régions industrielles allemandes qu’en France", abonde Bruno Grandjean, le président de la fédération des industries mécaniques et patron de l’ETI REdex qui vient d’acquérir un site dans le Bade Wurtemberg. Il reconnait que "les industriels français ont manqué d’anticipation et ont été trop prudents en retardant les embauches et les investissements. Résultat : il y a maintenant surchauffe et partout les délais de livraison s’allongent". De quoi tirer à la hausse dans les prochains mois les dépenses d’investissement des entreprises. Selon l’Insee, celles-ci devraient progresser de 0,9 % puis 1,2 % par trimestres.

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