La "prime Macron" n'est pas terminée, mode d'emploi pour les entreprises et les salariés

[ACTUALISÉ] Le 10 décembre, Emmanuel Macron appelait les entreprises à la générosité en pleine crise des "gilets jaunes". Depuis, les grands groupes ont suivi le mouvement en distribuant des "primes exceptionnelles de pouvoir d'achat", surnommés aussi "primes Macron". Beaucoup ont été annoncées durant les fêtes, mais il n'est pas trop tard pour distribuer (ou recevoir) la dotation. Qui est éligible ? Jusqu'à quand les entreprises peuvent donner et sous quelles conditions ? Quelles sociétés ont déjà répondu à l'appel ? Réponses à vos questions ci-dessous.

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Les entreprises ont répondu à l'appel d'Emmanuel Macron en distribuant des primes exceptionnelles de pouvoir d'achat.

Tout est parti de l’appel d’Emmanuel Macron. En décembre 2018, le mouvement des gilets jaunes est à son apogée. Les manifestants occupent les ronds points et défilent tous les samedis dans les villes. L’amélioration du pouvoir d’achat fait partie de leurs principales revendications. Le 10 décembre, le Président de la République livre une allocution pour tenter une sortie de crise. Il s’adresse directement aux entreprises : “Je veux renouer avec une idée juste : que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenu [...]. Et je veux qu'une vraie amélioration soit tout de suite perceptible ; c'est pourquoi je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent, de verser une prime de fin d'année à leurs employés et cette prime n'aura à acquitter ni impôt ni charge.”

Depuis l’appel, de nombreuses entreprises ont adopté ces primes exceptionnelles, parfois surnommées “primes Macron”. Pourquoi les grands groupes ont-il réagi à cet appel ? Quelles sont les conditions de versement des primes ? Quelles sociétés ont suivi le mouvement ? Toutes nos réponses.

Qui peut toucher la prime ?

Tous les salariés avec une rémunération inférieure à trois fois le montant du SMIC en 2018, soit 53 944,80 euros bruts. Autre condition : compter dans les effectifs de l’entreprise au 31 décembre 2018 ou à la date de versement de la prime si celle-ci est distribuée entre 11 et 30 décembre 2018. Selon le gouvernement quatre à cinq millions de salariés sont concernés.

À noter : l’employeur peut moduler la prime selon le statut des salariés mais dans des conditions précises. “Afin de garantir une mesure équitable entre tous les salariés d’un même employeur, le montant de cette prime ne pourra être modifié qu’en fonction du niveau de rémunération, de la durée de travail ou de la durée de présence dans l’entreprise au cours de l’année 2018”, indique le ministère de l’Économie et des Finances.

Quelles taxes s’appliquent sur la prime ?

Jusqu’à 1 000 euros, la prime est exonérée d’impôts, de cotisations sociales et de prélèvements sociaux. La CSG (contribution sociale généralisée) et la CRDS (contribution à la réduction de la dette sociale) ne sont pas non plus applicables, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un premier temps par le gouvernement. Si la prime est supérieure à 1 000 euros, les impôts et les cotisations sociales sont dûs uniquement sur le surplus.

Quand les primes peuvent être distribuées ?

C’est là que les nuances débutent. La "prime Macron" peut être distribuée du 11 décembre 2018 au 31 mars 2019. Jusqu’au 31 janvier 2019, le chef d’entreprise peut décider de la verser de façon unilatérale, tant qu’il en informe le Comité social et économique (CSE) avant le 31 mars 2019. Durant cette période, la prime peut aussi faire l’objet d’un accord d’entreprise. Entre le 1er février et le 31 mars, l’employeur ne peut plus décider cette prime de façon unilatérale. Elle doit faire l’objet soit d’un accord d’entreprise majoritaire, d’un accord conclu avec le CSE ou d’une ratification d’un projet d’accord proposé par l’employeur par deux tiers des salariés.

Qui a distribué la prime ?

Selon un baromètre d’Eurogroup Consulting publié le 14 janvier, 56% des dirigeants de grande entreprise se déclaraient disposés à verser une prime exceptionnelle à leurs salariés. Certaines PME et TPE semblent aussi avoir suivi l’appel mais il est compliqué d’obtenir un ordre de grandeur sur le nombre d’entreprises françaises qui ont répondu à l’appel du président. Selon des données du site AEF info, une centaine de grandes et moyennes entreprises ont versé des primes à 1,5 million de salariés pour un montant moyen entre 500 et 600 euros.

Nous avons beaucoup plus de visibilité sur les industriels qui ont pris de telles mesures. Ces derniers sont aussi susceptibles d’avoir davantage de fonds pour financer la dotation. Airbus a été le dernier à annoncer une prime exceptionnelle, peu après L’Oréal France. On retrouve aussi parmi les grands groupes : Dassault Aviation, Engie, Iliad, Kering, LVMH, Michelin, Orange, RATP, Renault, Sanofi, SNCF ou encore Total.

Vendredi 1er février, Safran a annoncé qu’il distribuerait une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat à une majorité de ses salariés en France. “Elle sera échelonnée de 350 euros à 800 euros, en fonction de quatre paliers de rémunérations”, indique l’équipementier. Le 28 janvier, Bombardier a aussi annoncé une prime 600 salariés touchant moins de 2500 euros brut par mois. La dotation ira de 100 à 900 euros et concernera 40% des salariés de l'usine Bombardier de Crespin (Nord).

Des primes ont également été distribuées chez les acteurs de la grande distribution, de la finance ou du transport. Europe 1 a réalisé un recensement de ces entreprises à retrouver ci-dessous.

Qui ne va pas en distribuer ?

Naturellement, ceux qui donnent moins sont plus discrets. Il est encore un peu tôt pour pointer les entreprises les moins généreuses, puisqu’elles ont encore jusqu’au 31 mars pour changer d’avis. D’autres ne vont pas distribuer de prime mais mettent en valeur d’autres mesures, plus ou moins bien accueillies.

Deuxième capitalisation boursière mondiale au 31 décembre 2018, Apple ne distribuera pas de prime mais augmentera tous ses employés de 750 euros, à l’exception des managers. Une avancée obtenue à l’issue de grèves en pleine période des fêtes mais accueillie par la CFDT par sa pérennité à l'inverse des primes.

Selon Europe 1, une politique similaire a été appliquée chez Air France, Flixbus, Google ou Nokia.

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