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La page PSA se tourne à Aulnay-sous-Bois

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Le site de l’ancienne usine automobile s’apprête à revivre à travers la création d’un quartier mêlant activités économiques et logements.

La page PSA se tourne à Aulnay-sous-Bois
Fin 2017, la municipalité a recouvré la maîtrise des 105 ha restants de la friche industrielle.

Printemps 2014. À Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la campagne des élections municipales se joue sur fond de crise sociale. L’usine PSA va fermer ses portes et la commune perdre son poumon économique ainsi que son principal employeur privé. Quelque 3 000?personnes y travaillent encore au moment de l’annonce de la fermeture. Les candidats se déchirent sur le devenir cette friche industrielle de 180?hectares, pépite foncière propriété de PSA.

Quatre ans ont passé. La ville pleure toujours ses emplois perdus. Mais un peu moins. Car 2017 a vu émerger plusieurs projets émanant d’acteurs privés comme publics, qui laissent augurer une reconversion de ce territoire plus étendu que le quartier de la Défense. « Dans le contrat de revitalisation, PSA s’était engagé sur la création de 1 000?emplois nouveaux. Aujourd’hui, 1 500?emplois sont en passe d’y être créés et ce n’est pas fini », se félicite un porte-parole de PSA.

Un emplacement idéal pour la logistique

Un tel emplacement, desservi par trois autoroutes, proche de l’aéroport de Roissy et distant de seulement 15?kilomètres de Paris, ne pouvait que susciter l’intérêt de la logistique. Segro, foncière en immobilier logistique, est la première à amorcer la réindustrialisation du site. Propriétaire de 18?hectares, Segro construit pour Carrefour Supply Chain un bâtiment de 26 000?mètres carrés extensible à 32 000, livrable dès le premier semestre 2018 et destiné aux activités e-commerce du distributeur. Carrefour est, par ailleurs, sur le point d’acheter une parcelle de 15?hectares attenante au parc Segro pour y construire un centre logistique. Au moins 500?emplois seront créés sur les deux implantations.

Segro réalise aussi pour le compte de Chronopost un centre de tri de 11 000?mètres carrés entièrement automatisé qui entrera en service fin 2018 et emploiera 290 salariés. « On a cru à cette implantation et on a eu raison », se réjouit Christophe?Broncard, le directeur du développement Europe du Sud chez Segro France. Lequel réfute par avance le procès sur la densité d’emplois offerte par ce type d’activité. « Nous ne sommes pas dans la logistique traditionnelle mais dans une activité de distribution urbaine, avec près de 60?emplois à l’hectare. Ce qui est trois fois supérieur au ratio d’emplois lors de la fermeture de l’usine », plaide-t-il.

Le passé industriel du site revivra partiellement avec le projet de la Société du Grand Paris (SGP) d’implanter à Aulnay-sous-Bois le centre d’exploitation des lignes 16 et 17 du futur métro automatique. Une installation qui remplira trois fonctions : elle accueillera le poste de commande et de contrôle centralisé des deux lignes, un site de maintenance et de remise du matériel et, enfin, un établissement de maintenance des infrastructures. Environ 350?emplois sont prévus. La SGP a acquis en février?2017 une parcelle de 29?hectares et investira 592?millions d’euros pour réaliser ce centre dont les travaux débuteraient en 2020 pour une ouverture en 2023.

Mais pour le nouveau maire, Bruno?Beschizza (LR), cette partie de la ville a, d’abord, vocation à devenir un nouveau quartier à usage mixte mêlant activités, centre de formation, logements, équipements publics et espaces verts dans des proportions équilibrées. Pour mener à bien son programme, la ville avait d’abord besoin de recouvrer la maîtrise foncière des terrains restants. Cela a été fait via l’acquisition, fin novembre, de 105?hectares par l’Établissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif) pour un montant de 110?millions d’euros. PSA a dû réduire très fortement ses prétentions financières initiales, mais sort tête haute de l’épineux dossier. « Nous estimons que le prix est correct par rapport au marché. Personne n’est lésé », assure le porte-parole du groupe. L’accord inclut cependant une clause d’intéressement au profit de l’industriel, qui percevra un complément si les objectifs de constructibilité évoluent à la hausse.

« L’Epfif se charge du portage foncier. Il assurera également la gestion du site dans la période intercalaire et effectuera des opérations liées à sa requalification, comme la destruction de bâtiments ou la réalisation d’études. Ensuite, il cédera les terrains aux opérateurs désignés quand la collectivité le décidera », détaille Gilles Bouvelot, le directeur général de l’établissement public. Si le contenu final du projet reste à affiner, les grandes orientations sont arrêtées. « Notre ambition est de créer un nouveau quartier comptant au maximum 2 500?logements de tous les types afin de recréer les conditions d’un véritable parcours résidentiel et, en parallèle, de consolider un vrai projet économique en s’appuyant sur l’arc industriel en train d’être posé, pour ensuite développer d’autres types d’activités », explique Philippe?Palomo, le directeur général des services de la ville.

Un projet complexe à dix ans

Au cœur du plan figure également la réalisation d’un campus de formation dont les enseignements seront en lien avec les besoins du bassin d’emploi. « Nous visons particulièrement les filières du bâtiment, des mobilités et les métiers de la sécurité, notamment aéroportuaire », précise Philippe?Palomo. Pour faciliter et accélérer la réalisation de son projet, la ville a créé une société d’économie mixte d’aménagement à opération unique (Semaop). « Cette opération va s’étendre sur les dix prochaines années, conclut Gilles?Bouvelot. Réaliser des aménagements sur une emprise de cette taille est complexe, il faut se méfier des transformations trop rapides. » 

Un secteur stratégique pour le Grand Paris

La reconversion du site de l’ex-usine PSA d’Aulnay-sous-Bois s’inscrit dans le cadre du développement économique d’un territoire stratégique de par son excellente situation géographique et ses disponibilités foncières. Tout le secteur est en forte mutation. Au nord des anciens terrains PSA, le parc d’activités Paris Nord 2 (300?hectares) veut se reconstruire sur lui-même pour doubler sa capacité d’accueil qui atteindrait deux millions de mètres carrés (200?hectares) alors qu’à proximité, sur la commune de Tremblay-en-France, le parc d’activités AéroliansParis (198?hectares) est sorti de terre et vise jusqu’à 15 000?créations d’emplois d’ici son achèvement en 2033. Mais la grande ambition du territoire réside dans le projet de complexe de loisirs et commercial Europa City à l’intérieur du Triangle de Gonesse. Un projet contesté par les défenseurs de l’environnement et par certains élus de Seine-Saint-Denis qui craignent une concurrence frontale avec les projets de revitalisation des communes alentour. Tout ce territoire sera desservi par les lignes 16?et 17 du futur Grand Paris Express. Leur réalisation pourrait, toutefois, être différée en raison du surcoût prévisible de la construction de la ligne 15 et du prolongement de la ligne 14, prioritaires pour la tenue des jeux Olympiques de 2024. 

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