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La monopsony, le boulet de la hausse des salaires

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Analyse

La monopsony, le boulet de la hausse des salaires © Refracted Moments

Aux États-Unis, alors que le taux de chômage est désormais de 3,7 %, les salaires commencent à augmenter timidement (2,9 % sur un an en septembre). Les économistes s’interrogent pour savoir pourquoi ils n’augmentent pas plus vite (ainsi que l’inflation), alors que le taux de chômage est en dessous de 7 % depuis plus de quatre ans.

Avec moins de main-d’œuvre disponible, les employeurs devraient en toute logique payer davantage les salariés pour les attirer ou conserver ceux qui sont déjà chez eux. En réalité, depuis la fin de la grande récession en 2010 et en tenant compte de l’évolution de l’inflation, les salaires réels ont quasiment stagné. Les explications à ce phénomène sont nombreuses, mais l’une d’entre elles trouve un regain d’intérêt : la " monopsony ". Il s’agit d’une forme de monopole appliqué au marché du travail.

Lorsqu’un acheteur, en l’occurrence de travail, a une position dominante ou qu’il y a un nombre très réduit d’acheteurs, ils gardent la main sur les prix. Et le pouvoir de négociation des vendeurs, en l’occurrence les salariés, s’amoindrit. Si la théorie est discutée, c’est que la concentration des entreprises s’est considérablement renforcée ces vingt dernières années. De manière évidente avec les grands acteurs de la tech, mais aussi de façon sensible dans d’autres secteurs d’activité. Par ailleurs, les clauses de non-concurrence autrefois réservées à certains cadres se sont généralisées.

Pour identifier les liens entre concentration et niveau des salaires, trois chercheurs, Ioana Marinescu, José Azar et Marshall Steinbaum, ont mené une étude sur 8 000 zones d’emploi aux États-Unis. Ils ont eu l’idée de partir des données du principal site américain de recrutement : CareerBuilder. Sur chaque zone, ils ont calculé la part d’offres d’emplois par entreprise sur un trimestre donné. Premier constat : ils ont découvert, en s’appuyant sur les standards de l’autorité américaine antitrust, que le marché du travail américain est en moyenne très concentré. Seules les zones des grandes métropoles ne le sont pas du tout. Les zones sont même, pour une large part, extrêmement concentrées.

En intégrant les salaires affichés dans les annonces, ils ont aussi prouvé que la concentration du marché du travail était corrélée négativement aux salaires. Le passage du 25e au 75e percentile de la distribution de la concentration est associé à une baisse des salaires de 15 à 25 %. Bref, les salariés ont perdu la main. 

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