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La levée possible des mesures antidumping avec la Chine inquiète les industriels

Solène Davesne , ,

Publié le

La perspective d'une reconnaissance du statut d'économie de marché pour la Chine en 2016 inquiète les industriels. "On ne peut pas être le seul endroit au monde où la Chine déverse ses surcapacités", s'alarme le groupe des fédérations industrielles en France. 

Les entreprises citées

Pour les industriels européens, le débat ne pouvait pas plus mal tombé. Alors que les autorités chinoises peinent à réduire les surcapacités de la production d’acier et de panneaux solaires aggravées par le ralentissement économique, l’Europe doit-elle ouvrir sans limite son marché aux produits chinois en levant ses barrières anti-dumping ?

La perspective de voir la Chine accéder au statut d’économie de marché en décembre 2016 inquiète en tout cas les industriels européens. 

En France, le groupe des fédérations industrielles est monté au créneau "Il faut conserver la capacité d’avoir une protection de la part de l’Europe. On ne peut pas être le seul endroit au monde où la Chine déverse ses surcapacités. Or si la Chine obtient ce statut, toutes nos opérations anti-dumping tombent", s’inquiète Philippe Darmayan, le président du GFI.

La situation est particulièrement délicate pour la sidérurgie, l’un des secteurs les plus concurrencés depuis quelques mois par la déferlante des importations chinoises à prix cassés. "Sur l’acier, la Chine a 300 millions de tonnes de surcapacité sur une production de 800 millions de tonnes. Même si les autorités s’attèlent à les réduire, cela prendra des années", s’inquiète encore Philippe Darmayan, qui préside aussi ArcelorMittal France.

Des mesures anti-dumping trés limitées

Le dossier n’est pas une nouvelle lubie des technocrates de Bruxelles. Il date de décembre 2001. Lorsque la Chine adhère à l’OMC, elle y entre sous le statut d’économie non marchande. Un statut transitoire, prévu pour durer 15 ans, le temps théoriquement que le pays se réforme et réduise l’interventionnisme de l’Etat dans la conduite des affaires. Pendant cette période, les partenaires commerciaux ont le droit de lui appliquer des mesures antidumping plus fortes pour compenser les distorsions de concurrence avec leurs entreprises.

Résultat : quinze ans après son entrée à l’OMC, Pékin considère désormais qu’il a désormais droit automatiquement au statut d’économie de marché. Pour les Européens, le changement ne serait pas anodin.

En obligeant à changer les modes de calcul des prix pratiqués sur le marché d’origine – qui permet de mesurer par ricochet le niveau de subvention accordé aux exportateurs – le statut d’économie de marché réduirait trés significativement l’ampleur des mesures anti-dumping que Bruxelles peut mettre en œuvre pour limiter les importations chinois subventionnées par Pékin.

Le marché européen risquerait de se retrouver en première ligne, alors que les Etats-Unis excluent d'accéder à la demande chinoise. 

780 000 emplois industriels menacés 

Il serait donc particulièrement pénalisant aussi, au delà des acteurs de l'acier pour les fabricants de panneaux solaires, de vélos, de carreaux de céramiques ou d’aspartame, où des mesures anti-dumping ont été prises ou sont en cours d’examen.

Bruxelles impose ainsi par exemple des taxes de 47,7 % sur les panneaux solaires chinois. Selon le lobby Aegis Europe, qui regroupe trente fédérations industrielles opposées à la levée des protections douanières, accorder le statut d’économie de marché à la Chine menacerait 780 000 à 1,5 million d’emplois du secteur manufacturier européens, avec les plus gros contingents dans le secteur textile, l’électronique, l’ameublement et la transformation des métaux.

A Bruxelles, l’affaire est cependant loin d’être jouée. Comme à chaque débat sur la politique commerciale, les Européens sont divisés entre les pays d’Europe du Nord et ceux du Sud – dont la France – favorables au maintien de barrières commerciales. Comme en 2013, lorsque la Commission avait pris le risque de mesures de rétorsions chinoises en adoptant des mesures anti-dumping, le clivage traverse aussi les milieux industriels. Avec d’un côté les secteurs exposés à la concurrence chinoise et de l’autre ceux qui espèrent conforter leurs liens commerciaux avec la Chine et y voit un débouché incontournable.

La commission temporise 

Devant la bronca, la Commission européenne préfère temporiser. Prudemment, le collège des commissaires a rappelé après sa première séance de travail le 13 janvier qu’ "aucune décision n’a encore été prise" et qu’il tiendrait compte de l’impact potentiel sur l’emploi en Europe. Pour gagner du temps, Jean-Claude Juncker a reporté à l’été la décision sur ce sujet.

Les industriels espèrent une solution de compromis. A défaut de refuser la demande chinoise, Bruxelles pourrait accorder le statut d’économie de marché mais assorties de conditions que Pékin ne remplit pas encore.

Une façon de gagner du temps et de couper la poire en deux. L’Union européenne a d’autres lots de consolation. Bruxelles entend avancer vite sur un accord d’investissement avec Pékin, afin de sécuriser les investissements de ses industriels en Chine. Difficile de se couper totalement d’un partenaire devenu incontournable.

Solène Davesne
 

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2 commentaires

Nom profil

15/01/2016 - 10h35 -

le loup est dans le bergerie mais c'est l'UE qui lui à ouvert la porte, CF article 23 et 64 du TFUE. Pour les télécoms la faute reviens au rachat de lucent par alcatel , un fardeau. En aéronautique , ils n'allait pas rester éternellement absent. Pour le BTP c'est cuit archi-cuit.
Ceci dis ce n'est pas eu les plus menaçant, Ils s'accapare les marchés soit mais ceux qui rachète nos pôle d'excellence ce sont les américains (gemplus, alstom, phoenix système, ... la liste est interminable).

La solution ? faire comme tous le monde du protectionisme, les USA vante le libéraliste mais sont parmis les plus protectioniste. Impossible dans le cadre de l'UE le luxembourg, l'angleterre, l'autriche vivent des mouvements de capitaux, ils feront blocage.
Ou faire comme les allemands et avoir un quart de la population travailleur pauvre qui ne consommerons que le minimum vital.

Messieurs faite votre choix de société.
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Nom profil

14/01/2016 - 18h57 -

Malheureusement le loup est déjà dans la bergerie, il a ruiné notre industrie des Télécoms, il est en passe de produire ses propres A320 moins cher que nous et plus vite, dans 5 ans il sera dans le nucléaire civil et la liste s'allonge. Le bénéfice est soit disant pour le citoyen car cela améliore son pouvoir d'achat. Mais seuls les citoyens Fonctionnaires vont en bénéficier, car ceux du secteur commerçant vont massivement aller pointer à Pôle Emploi.
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