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L'Usine Santé

La laboratoire Servier veut faire du Brésil un eldorado

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Reportage Présent depuis une cinquantaine d’années au Brésil, le laboratoire pharmaceutique français Servier n’y figure qu’en 30e position. Le prix de son indépendance face à des géants internationaux et des spécialistes locaux du générique. Mais il contre-attaque. Reportage.

La laboratoire Servier veut faire du Brésil un eldorado © Pharlab

Sous le soleil brûlant de l’été brésilien, avec ses bâtisses aux couleurs chaudes, ses pelouses impeccablement tondues, son babyfoot et une magnifique vue sur les monts surplombant Rio de Janeiro, le site brésilien de Servier aurait presque des airs de village vacances… Il ne faut pas se méprendre. C’est ici que le deuxième laboratoire français (4 milliards d’euros de chiffre d'affaires l’an dernier)  - après le géant Sanofi - héberge le siège de sa filiale brésilienne. 

C’est un de ses 19 centres mondiaux d’essais cliniques, mais son unique site de production en Amérique latine, avec 500 salariés. Les enjeux du Brésil sont colossaux pour ce groupe indépendant, détenu par une fondation. Il est arrivé dans ce pays dès 1965 pour distribuer ses médicaments avant de s’installer sur cet ancien champ de canne à sucre de Jacarepagua en 2009. Aujourd’hui, il n’arrive qu’au 30e rang. Il est loin du top 5, même s’il faut ajouter 22 millions d’euros de ventes réalisées par Pharlab, le quinzième acteur brésilien des génériques, dont Servier a pris le contrôle en 2012, tout en lui laissant son autonomie. 

Le français figure néanmoins au 13e rang sur le seul marché "privé" des médicaments innovants. Un marché qui a enregistré une croissance de 8% l’an dernier, mais qui reste réservé aux plus riches ou aux titulaires d’une complémentaire santé. Ces traitements ne bénéficient d’aucun système de remboursement public, circonscrit aux génériques des maladies chroniques. Même si le gouvernement promet de l’ouvrir aux thérapies innovantes contre le cancer…

Une année 2014 décevante

Pour le groupe pharmaceutique français, l’année 2014 a été plus difficile que prévue. Les causes sont multiples entre l’impact négatif du taux de change (les variations de change ont d’ailleurs globalement plombé l’ensemble de son chiffre d'affaires mondial, en chute de 4,8% l’an dernier), des commandes freinées durant la Coupe du Monde de football, une croissance du PIB atone affectant le pouvoir d’achat des Brésiliens et un budget de l’Etat voté tardivement à cause des élections présidentielles. 

Servier n’a donc pas atteint ses objectifs de ventes au Brésil l’an dernier, même s’il y a enregistré une croissance de 15%, légèrement supérieure aux 14% du marché pharmaceutique local, actuellement dominé par les génériques. Pourtant, avec l’émergence d’une grande classe moyenne au sein de la large population brésilienne et des réformes gouvernementales pour ouvrir l’accès à la santé, le potentiel du marché pharmaceutique est énorme.

Etre une des cinq plus grandes filiales du groupe dans trois ans’

En découvrant pour la première fois les équipes brésiliennes en tant que président du groupe, Olivier Laureau entendait donc remobiliser ses troupes. Durant une semaine, l’ancien directeur financier et nouveau patron de Servier - nommé suite au décès du fondateur éponyme l’an dernier - enchaîne les "business reviews" avec les managers locaux et la moitié de son comité exécutif, qui a fait le déplacement. Pas de temps pour profiter des festivités du Carnaval de Rio, qui bloqueront l’activité de la ville durant quatre jours dès samedi 14 février. Les équipes brésiliennes de Servier l’ont bien compris, d’autant que les objectifs pour cette année sont ambitieux : atteindre 21% de croissance afin de frôler les 100 millions d’euros de chiffre d'affaires. Huitième filiale étrangère de Servier, le Brésil pourrait même intégrer le top cinq dans les trois ans, selon Olivier Laureau. Pour cela, il doit profiter de ses nombreux médicaments pour le diabète, les maladies cardiovasculaires et la dépression, jugés "matures" en Europe, qui retrouvent ici une seconde vie.

Les taxes d’importation étant très élevées au Brésil, ils sont produits pour la plupart dans la petite usine de Rio. Ce site à l’équipement moderne, avec une organisation des flux similaire à celle des huit autres usines pharmaceutiques du groupe, a fabriqué l’an dernier 11 millions de boites, soit deux millions de plus qu’en 2013, tandis que ses coûts de production décroissaient de 14%. Objectif, atteindre les 18 millions de boites dans trois ans, en s’appuyant sur de nouveaux équipements comme cette machine à comprimés dernier cri, dont l’installation et la mise en route ont coûté 900 000 euros. 

Le laboratoire espère lancer sur le marché brésilien des traitements innovants dans l’oncologie et le diabète. Et il vient de signer plusieurs partenariats de R&D et de transferts de technologies dans le cadre d’un accord-cadre avec Fiocruz, une prestigieuse fondation publique qui lutte contre les problèmes de santé publique les plus importants au Brésil.

Gaëlle Fleitour, à Rio de Janeiro (Brésil)

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