La Grèce veut lier le fardeau de sa dette à sa croissance économique, les politiques restent prudents

Le projet grec qui permettrait à Athènes de lier le fardeau de sa dette à sa croissance économique a semblé enthousiasmer les marchés financiers le 3 février, mais les réactions des décideurs politiques sont plus prudentes et les discussions entre Athènes et ses partenaires pourraient être délicates.

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La Grèce veut lier le fardeau de sa dette à sa croissance économique, les politiques restent prudents

L'entourage du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a laissé entendre le 2 février qu'il allait proposer d'échanger la dette détenue par la Banque centrale européenne (BCE) et les autres créanciers "publics" (Etats et institutions) contre des titres indexés sur la croissance et des obligations perpétuelles.

La Bourse d'Athènes a fini sur un bond de 11,27% le 3 février, sa meilleure performance depuis août 2011, entraînant la plupart des grandes places européennes dans son sillage. Parallèlement, le rendement des obligations grecques à 10 ans a reflué à 9,77%, sa plus forte baisse depuis 2012.

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BCE et FMI pourraient quitter la "troïka"

Même les informations selon lesquelles trois des quatre principales banques du pays ont commencé à faire appel à la banque centrale pour obtenir des liquidités n'ont pas suffi à gâcher la fête : l'indice grec du secteur bancaire affichait en fin de séance une hausse de près de 18%.

Les investisseurs saluent aussi les tout premiers indices montrant que la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient assouplir leur position envers Athènes. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, BCE et FMI pourraient quitter la "troïka", bête noire du nouveau Premier ministre Alexis Tsipras, pour laisser la place à une nouvelle instance de discussion.

Yanis Varoufakis a rendez-vous le 4 février à la BCE et pourrait, selon une source gouvernementale, s'entretenir d'ici la fin de la semaine avec Mario Draghi, le président de l'institution de Francfort. Le 3 février, il était à Rome où il a rencontré son homologue italien, Pier Carlo Padoan, pour un entretien qu'il a qualifié de constructif. Pour Pier Carlo Padoan, qui fut longtemps l'économiste en chef de l'OCDE, "l'attention portée à la croissance est essentielle pour assurer que la dette de la Grèce soit soutenable". A Berlin, le discours est plus prudent : la chancelière Angela Merkel a refusé de commenter les informations sur un éventuel échange de dettes.

"NOUS ATTENDONS DES PROPOSITIONS"

"Il est clair que le gouvernement grec continue de travailler sur sa position, c'est plus que compréhensible si l'on prend en compte le fait que le gouvernement n'est aux affaires que depuis quelques jours", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. "Nous attendons des propositions, nous engagerons ensuite des discussions", a-t-elle simplement ajouté.

Côté français, Michel Sapin, le ministre des Finances, a mis en garde la Grèce, dans un entretien à Reuters, contre la tentation d'opposer Paris et Berlin sur le dossier de la dette, ajoutant que le règlement de la crise passait par un accord franco-allemand tout autant que par le respect des engagements. Paris entend jouer un rôle de "trait d'union" entre la Grèce et les pays les plus orthodoxes de la zone euro, Allemagne en tête. Alexis Tsipras sera d'ailleurs reçu mercredi par François Hollande.

A Bruxelles, le discours sur l'éventuel échange de dette semble toutefois plus mesuré, voire méfiant, d'autant qu'on ignore si le gouvernement Tsipras a totalement renoncé à réclamer un effacement ("haircut" dans le jargon bancaire) partiel ou total de la dette. "Nous avons besoin de plus de précisions. Mais les premières réactions sont plutôt sceptiques", a déclaré un responsable de la zone euro. "On a peur que ce ne soit qu'une astuce pour aboutir à un 'haircut'".

50 milliards d'euros de dettes grecques

La BCE et les banques centrales nationales détiennent quelque 50 milliards d'euros de dettes grecques, les Etats de l'UE 53 milliards de plus au total. "Varoufakis est intelligent mais il sous-estime les difficultés et la marge d'appréciation constitutionnelle de la BCE et des gouvernements de la zone euro", a dit une seconde source de la zone euro.

Pour plusieurs responsables bruxellois, il est peu probable que la BCE accepte l'idée d'obligations dont le rendement serait lié à la croissance grecque ou celle de titres perpétuels (sans échéance fixée), ajoutant que la Grèce aurait du mal à obtenir de meilleures conditions de financement que celles dont elle bénéficie aujourd'hui.

"Ma réaction instinctive, c'est que ça ne marchera pas", a dit une source. "Pourquoi un tel montage financier alors que les coûts sont déjà aussi bas que possible ? Si c'est tout ce que la Grèce a à proposer, c'est très inquiétant."

Avec Reuters

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