Quotidien des Usines

La France séduit à nouveau les investisseurs étrangers

Solène Davesne , , ,

Publié le , mis à jour le 22/03/2016 À 11H09

Infographie François Hollande réunit à l'Elysée 26 grands patrons étrangers pour le conseil stratégique de l'attractivité. Selon le bilan de BusinessFrance, la France a attiré l'an dernier a attiré un peu moins de décisions d'investissement mais celles-ci ont généré davantage d'emplois qu'en 2014. 

La France séduit à nouveau les investisseurs étrangers © D. R.

Samsung Electronics, Mitsubushi, Siemens et le fond chinois CIC... François Hollande reçoit ce mardi à l’Elyse vingt-six patrons de grandes entreprises étrangères. Objectif de ce quatrième conseil stratégique de l’attractivité : plancher sur les meilleurs moyens de faire de la France une "plateforme d’échange" pour réexporter vers d’autres pays, le thème de la matinée de travail. Et surtout les convaincre de s’implanter dans l’Hexagone.

962 décisions d'investissement en 2015

Le dernier rapport dressé par Business France a de quoi rassurer le chef de l’Etat. En 2015, l’attractivité du site France pour les investisseurs étrangers s’est globalement maintenue. L’an dernier, le territoire a attiré 962 décisions nouvelles d’investissements. Un chiffre en légère baisse de 5 %  par rapport à l’an dernier. Le nombre d’emplois créés ou maintenus par ces projets a atteint 33 682 emplois, un chiffre en augmentation de 27 % en un an et le plus haut niveau atteint depuis 2007.

Cette progression spectaculaire tient en grande partie à la reprise de deux entreprises Arc international (5000 emplois menacés) et les enseignes France Loisirs (2000 emplois concernés) par des repreneurs étrangers. En excluant les 92 reprises d’entreprises l’an dernier, le nombre d’emplois créés par les nouveaux projets d’investissement et les extensions progressent de 8 %, pour atteindre 20 840 emplois.

L'industrie en tête

Les investissements étrangers concernent principalement des sites de production, qui concentrent 30 % des projets en 2015 avec 285 sites (contre 303 en 2014) et 48 % des emplois. Au total, 16 168 emplois ont été créés ou maintenus, principalement dans l'agroalimentaire (13 % des décisions), l'automobile et le travail des métaux. Même s’il faudra attendre plusieurs mois avant de connaître le bilan de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, "la France devrait probablement rester le premier pays d’attractivité pour les investissements industriels en Europe", pronostique Muriel Pénicaud, la présidente de BusinessFrance. Parmi les projets industriels, Concordia Fibers a par exemple annoncé la création d’une usine de traitement de fibre de carbone à Commercy, pour 6 millions d’euros avec 40 emplois à la clef. 

Davantage de centres de décisions mondiaux

Autre secteur stratégique : les implantations de centre de R&D représentent comme en 2014 toujours 9 % des décisions d’investissements. La bonne surprise en revanche vient des centres de décisions mondiaux ou européens.  La France a réussi l’an dernier à en attirer 27  contre 16 en 2014 et 9 l’année précédente. Siemens a ainsi décidé de regrouper à Toutlouse le siège mondial de ses activités de métro automatique. Le canadien spécialisé dans l’horticulture, Premier tech, a installé son siège européen près de Saumur. Or faire venir des quartiers généraux dans l’Hexagone est de bon augure pour la suite. "Cela augmente la probabilité d’avoir ensuite un centre de r&d ou un site de production. C’est stratégique", se félicite Muriel Pénicaud, qui y voit un "début d’inversion de tendance".

Qui investit en France ? Le trio de tête ne bouge pas. Les Etats-Unis (18 % des projets) dominent largement devant l’Allemagne (14,7%) et l’Italie (8,7%), même si des investisseurs Koweït, l’Islande, la Grèce ou la Syrie ont réalisé une opération chacun. Avec 4,5 % du total des investissements étrangers en France contre 3 % l’an dernier, la Chine progresse faiblement en nombre. « Les secteurs commencent à se diversifier », souligne Muriel Pénicaud. Lundi, Manuel Valls était dans la Meuse pour inaugurer la première pierre de l’usine du groupe chinois Inesa de production de LED. « Les investisseurs chinois se sont familiarisés avec notre cadre réglementaire. A chaque cession d’entreprises, il devient de plus en plus fréquent qu’un ou deux groupes chinois s’intéressent au dossier », confirme Raphaële François-Poncet, associée chez Baker & McKenzie.

Des mesures à poursuivre

Même si le french-bashing a baissé en intensité, le décalage entre l’image et la perception des investisseurs continue de pénaliser encore la France dans les décisions d’investissements. "Nous avons encore un certain nombre d’investisseurs qui ne nous mettent pas dans le radar", reconnait la patronne de BusinessFrance.

Les mesures prises par le gouvernement pour renforcer l’attractivité sont loin d'avoir portées  leurs fruits. Alors que la Grande-Bretagne baisse son impôt sur les sociétés pour se rendre plus attractive, Bercy a créé depuis fin 2014 un bureau anglophone, Tax4business, pour aider les entreprises étrangères à simuler leur niveau d’imposition réel, inférieur aux 33 % du taux facial. "La baisse de la fiscalité sur les actions gratuites et la charte de non-rétroactivité fiscale sont aussi des éléments importants", souligne Muriel Pénicaud. Le passeport talent, lui devrait être adopté à l’été. Mais il reste encore beaucoup à faire pour gagner la bataille de l'attractivité. 

 

 

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