La France lance officiellement ses quatre Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle

Les quatre Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle, présélectionnés par le gouvernement en novembre, ont été confirmé mercredi 24 avril par un jury. Découvrez les projets de Aniti à Toulouse, MIAI à Grenoble, de Prairie à Paris et de 3IA Côte d'Azur à Nice.

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La France lance officiellement ses quatre Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle
La labellisation définitive des quatre projets retenus devrait intervenir en début d'année prochaine.

Elément-clé de la stratégie française en IA, les Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle, dits 3IA, ont été officiellement lancés, mercredi 24 avril, par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Un jury international a confirmé que les quatre instituts sont ceux que le gouvernement avait présélectionnés en novembre, sur douze dossiers déposés suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé le 25 juillet. En l'occurrence les projets de Aniti à Toulouse, MIAI à Grenoble, de Prairie à Paris et de 3IA Côte d'Azur à Nice.

Budget annuel de 20 millions d'euros

Une enveloppe de 100 millions d’euros est prévue pour financer les instituts sur 4 ans. Comme seulement un tiers de leur financement doit venir de l’Etat, chaque institut devrait disposer d’un budget annuel d’une vingtaine de millions d’euros. De quoi "avoir un impact significatif pour les écosystèmes locaux et y structurer durablement la recherche, estime le porteur de projet. Pour nous, cela change la donne."

Les 4 futurs instituts ont en commun les critères de l’appel à manifestation d’intérêt, notamment "constituer une masse critique pour la formation, la recherche et l’innovation" et "comporter un caractère interdisciplinaire affirmé". La plupart des domaines de recherche de l’IA sont aussi présents dans chaque institut. Mais entre les forces historiques de chaque site et les intérêts des industriels partenaires, les projets ont chacun leurs spécificités.

Voici le contenu des quatre projets, selon les dossiers de candidature déposés en novembre.

Aniti (Toulouse) – Hybridation machine learning et raisonnement

Piloté par l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, qui rassemble 31 établissements d’enseignement supérieur et de recherche, le projet Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute privilégie une approche dite de l’IA hybride. Soit la combinaison du machine learning et du raisonnement logique, pour pouvoir expliquer et rendre plus fiable l’IA, sur laquelle Toulouse travaille depuis plusieurs années, notamment pour les transports autonomes.

33 laboratoires, soit 20% de la recherche académique locale, doivent être impliqués. Six champs d’applications prioritaires sont mis en avant : l’autonomie, la collaboration homme-machine, la smart agriculture, les systèmes prédictifs en environnement et climat, la maintenance prédictive dans les transports, la médecine préventive et la santé. Les sciences sociales et humaines seront mises à contribution.

Aniti a précisé ses objectifs en matière de formation, avec notamment le doublement visé du nombre d’étudiants formés à l’IA d’ici à 2023 et la création d’une Graduate School internationale intégrant un programme de master/doctorat.

MIAI@Grenoble-Alpes (Grenoble) – Le hardware de l’IA

L’institut MIAI – Multidisciplinary Institute in Artificial intelligence – est porté par Univ.Grenoble-Alpes, entité chapeautant notamment l’Université Grenoble-Alpes et les écoles d’ingénieurs regroupées dans Grenoble INP. Le CEA, le CNRS et Inria en sont parties prenantes ainsi qu’une quarantaine d’industriels, dont Atos, HPE, IBM, Facebook, Google, Thales, Orange, Enedis, ST Micro, Schneider, Kalray… Plus d’une centaine de chercheurs seront impliqués, qui seront en bonne partie regroupés dans un même lieu.

Quatre grands axes de recherche sont au programme : apprentissage machine, raisonnement et perception ; intelligence naturelle et artificielle – mieux comprendre le cerveau avec l’apport des sciences cognitives pour s’en inspirer en IA ; architecture matérielle et embarquée, soit le développement de composants électroniques (une force historique de Grenoble) dédiés à l’IA avec notamment des architectures neuromorphiques ; IA et société, qui regroupe les questions éthiques, juridiques et sociologiques que pose l’intelligence artificielle.

Côté applications, la santé, l’environnement et l’énergie sont les champs visés. Enfin, outre de classiques formations, MIAI veut développer des formations courtes pour ses partenaires industriels et développer un MBA teinté d’IA, pour sensibiliser les futurs managers aux possibilités et aux limites de l’IA.

Prairie (Paris) – Un cadre intégré pour l’IA

Le projet Paris Artificial Intelligence Research Institute a été lancé le 30 mars 2018 par le CNRS, Inria, PSL Université et l’Institut Pasteur et avec le soutien d’une douzaine d’industriels. Parmi ces derniers, les grands acteurs de l’IA – Amazon, Criteo, Facebook, Google et Microsoft – mais aussi de l’auto, avec PSA, Faurecia et Valeo. Il a vocation à rassembler dans un même lieu, prévu à Paris, des chercheurs en machine learning, traitement du langage naturel, robotique…

Prairie ambitionne de développer les connaissances dans chacun de ces domaines mais aussi de travailler sur leur intégration et de devenir une référence internationale. Côté applications, l’objectif est de travailler notamment dans le transport, l’environnement (Suez est aussi membre) et la santé.

L’institut devrait compter 150 à 200 personnes et s’appuiera aussi sur des accords de collaboration déjà signés avec de prestigieux centres de recherche étrangers, comme le laboratoire d’IA de l’université de Californie-Berkeley, MILA à Montréal, l’institut de robotique de l’Université de Carnegie-Mellon à Pittsburgh et le Turing Institute de Londres.

3IA Côte d'Azur (Nice) - Santé et développement du territoire

L’Université Côte d’Azur (UCA), le CNRS et lnria portent le projet 3IA Côte d'Azur. Intégrant les autres institutions académiques du site comme les écoles d’ingénieur Eurecom et Mines Paris-Tech, le futur institut doit rassembler plus d’une centaine de chercheurs spécialistes de l’IA. En matière de formation, l’institut vise à former des spécialistes de l’IA, de la licence au doctorat, mais aussi, en formation continue, des cadres des entreprises locales.

Le développement de start-up issues de la recherche sera un axe privilégié, en partenariat avec le Cluster IA, le cluster sur les smart vehicles, initié notamment par IBM et Renault Software labs, ainsi qu’avec Telecom Valley, Sophia Club Entreprises, Nice Start-up ou les pôles de compétitivité comme le pôle SCS (Solutions Communicantes Sécurisées). La santé et le développement du territoire seront les principaux domaines d’applications explorés.

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