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La France cherche son plan Industrie 4.0

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Sous l’impulsion des industriels et de l’exécutif, le plan Usine du futur prévoit d’accompagner la modernisation de l’appareil productif. Un programme ambitieux.

La France cherche son plan Industrie 4.0

Les entreprises citées

Mercredi 10 décembre, après un Conseil des ministres consacré au projet de loi pour la croissance et l’activité, Manuel Valls et Emmanuel Macron inaugurent leur premier Conseil national de l’industrie (CNI). Au programme, un thème tout aussi ardu, mais plus consensuel : la modernisation de l’appareil productif français. Une démarche qui requiert une vision et des moyens. Pour les nouveaux moyens, le CNI rend ce jour un avis sur le financement des entreprises industrielles, orchestré par Jeanne-Marie Prost, ex-médiatrice du crédit. Pour la vision, Emmanuel Macron a d’ores et déjà annoncé que le plan Usine du futur doit être consolidé pour devenir le pivot du renouveau. Transversal, ce 34e plan de la Nouvelle France industrielle lancé par l’ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est en train de devenir le premier.
 

L’usine du futur commence par d’importants investissements sur les sites actuels. Frédéric Saint-Geours, le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), finalise avec Industrie 2020 une recommandation pour les décideurs. Il estime que « l’urgence est de trouver des solutions au financement à court terme sur lequel les PMI rencontrent de réelles difficultés. Les chefs d’entreprise ne veulent pas se mettre en péril avec de grands projets d’investissements s’ils n’ont pas sécurisé leur quotidien. » Parmi ses propositions : le financement sur stock par les banques, le respect des délais de paiement public et privé, la facilitation de mobilisation de créances en devises. Pour ce qui est des financements à long terme, la réforme de l’épargne salariale devrait orienter vers des fonds de soutien aux PME une partie des 111 milliards d’euros de réserve des écureuils français.
 

Bpifrance à la manœuvre

Le CNI émet des propositions plus audacieuses sur l’autofinancement. « Décidons dès aujourd’hui de passer à 28 % l’impôt sur les sociétés des PMI qui réinvestissent leurs bénéfices. Certes, il existe un risque de dépense fiscale, mais au moins il n’y aura pas de débat sur les contreparties », propose Frédéric Saint-Geours, membre du bureau du CNI. Ce dernier a, toutefois, peu de chance d’être entendu, alors que le gouvernement peine à boucler son budget. Celui-ci compte plutôt sur l’Europe : il est en tractation avec la Commission pour affecter une partie du plan Juncker à des projets industriels pilotes ou de transformation numérique.
 

En attendant, Bpifrance est à la manœuvre : le plan Usine du futur capte le gros des investissements publics dédiés aux 34 plans. Sur les 4 milliards d’euros qui leur sont alloués, 1,2 milliard est injecté dans des prêts Verts, Robotique, Industrialisation, Numérique. Leur cumul peut monter jusqu’à 15 millions d’euros par entreprise. À ces prêts s’est ajoutée, depuis novembre, une nouvelle enveloppe de subventions ou d’investissement en capital de 730 millions d’euros pour des projets industriels d’avenir.
 

Reste la vision et la mise en œuvre. Au ministère de l’Économie, on envisage de modifier la gouvernance du plan. Actuellement piloté par Frédéric Sanchez (Fives) et Bernard Charlès (Dassault Systèmes), il s’est ouvert au CEA Tech, à la Fédération des industries mécaniques (FIM) et à la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec). Il devrait aussi intégrer des représentants du numérique. Certains militent pour que l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et la Fédération de la plasturgie soient aussi parties prenantes. Tout l’enjeu est de ne pas créer au final un aréopage ingouvernable. Le périmètre des plans Robotique et Objets connectés pourrait être revu pour basculer tout ce qui est lié à la production sur le plan Usine du futur. L’idée est également d’impliquer les régions afin de déployer les bonnes pratiques sur le terrain et surtout de bénéficier de leur financement, car ce sont elles qui disposent de la compétence économique. Certaines, comme l’Aquitaine et le Nord Pas-de-Calais, sont très dynamiques, d’autres n’ont pas encore pris le train…
 

Sur le fond, la stratégie du plan « usine du futur » est de développer les briques de technologies et les équipements qui vont réinventer la production, mais aussi servir les enjeux de compétitivité de chaque filière : la montée en cadence dans l’aéronautique, l’efficacité énergétique dans l’agroalimentaire… L’obsession, c’est le coup d’avance. « Les secteurs les plus dynamiques actuellement sont très impliqués. C’est le cas de l’aéronautique. Avec la montée en puissance des concurrents russes et chinois, ces acteurs savent qu’ils sortiront bientôt du confortable duopole Boeing-Airbus », estime Michel Dancette, le directeur innovation et prospective chez Fives.

Sept projets pilotes sont en cours chez Daher, PSA ou encore Air liquide. Sur les nouveaux types de robots mobiles, les start-up françaises, souvent issus du CEA, sont très engagées. Les nouvelles technologies peuvent rebattre les cartes des acteurs de ces biens d’équipements, où excellent aujourd’hui les allemands et les japonais. « Nous travaillons surtout, et de manière originale par rapport aux initiatives d’autres pays, sur la relation homme-machine avec des cobots, et la réalité augmentée, pour tirer le meilleur parti de l’un et de l’autre », explique Michel Dancette. L’ambition du plan Usine du futur n’est pas seulement de mettre des robots dans des usines, c’est de remonter la chaîne de valeur pour vendre des solutions. Mieux gérer les tâches répétitives pour libérer la créativité de l’homme… Vaste programme !

Financements publics du plan Usine du futur

  • 1,2 milliard d’euros de crédit de développement issu de Bpifrance
  • 730 millions d’euros de subventions-investissements en capital pour des projets industriels d’avenir

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