Economie

La France attire à nouveau les investisseurs étrangers

Solène Davesne

Publié le

Les investisseurs étrangers ont réalisé 779 projets dans l’Hexagone en 2016.  Un chiffre en hausse de 30 % par rapport à l’année précédente selon le recensement du cabinet de conseil EY.

La France attire à nouveau les investisseurs étrangers
80 sites ont été créés dans la logistique, notamment par Amazon (photo) et Fedex.
© Amazon

Voilà à nouveau une bonne nouvelle qui devrait conforter le nouveau gouvernement. La France séduit à nouveau les groupes étrangers, loin du french bashing des débuts du quinquennat Hollande. L’an dernier, le nombre de projets d’investissement menés par des entreprises étrangères a bondi de 30 %. Avec 779 projets, la France reste certes à la troisième place européenne derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne, selon le décompte réalisé par le cabinet EY. Mais le pays a réduit une partie de son retard sur ses deux concurrents. Les investissements n’ont progressé que de 12 % en Allemagne et de 7 % en Grande-Bretagne. Au global, ceux-ci ont augmenté de 15 % au niveau européen.

Première destination pour  l'industrie

Le regain d’attractivité de la France est surtout concentré dans deux secteurs. Les implantations de nouveaux sites dans la logistique, dopée par le développement du e-commerce, ont progressé de 31 % l’an dernier, avec 80 sites créés, notamment par Amazon et Fedex. Les projets dans les fonctions tertiaires et commerciales, dont le numérique, progressent eux de 56 %.

Autre bonne performance : la France a conforté sa place de première destination européenne pour les projets industriels, avec 212 projets de créations ou d’extensions d’usines recensés. Par rapport à 2016, le nombre de nouveaux sites industriels y est resté stable, alors qu’il recule en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le pays a aussi attiré plus de centres de recherche et développement (45 contre 51) que l’an dernier, même s'il reste dans ce domaine derrière Londres et Berlin 

Une image qui s'améliore

Le retour des investisseurs étrangers confirme la nette amélioration de l’image du pays depuis deux ans dans les états-majors des grands groupes internationaux. L’évolution relève en partie d’un mouvement de balancier. "Le portrait était devenu plus noir que la réalité. Les investisseurs sont très réactifs aux réformes. La France tire les bénéfices de la politique menée depuis 2014", souligne Marc Lhermitte, associé chez EY. Mais il reste encore à faire.  "Pour les investisseurs étrangers, le problème du coût du travail a été réglé par le CICE et n’est plus un frein", analyse le consultant. En revanche, le pays conserve un problème d’attractivité en matière fiscale et de complexité administrative.

De quoi faire encore hésiter les investisseurs étrangers à sauter le pas. Malgré une image redorée, le nombre d’entreprises prêtes à investir dans les prochaines années recule légèrement à 22 %, contre 24 % l’an dernier. Et ne dépasse pas 3 % chez celles qui n’y sont pas encore. Signe de la frilosité des entreprises, les projets d’implantation sont aussi de plus petite taille, avec seulement 22  emplois par site contre 38 au Royaume-Uni et 28 au niveau européen. Pour regagner du terrain, la France a pourtant des cartes en main "La capacité d’innovation de la France et ses start-up sont reconnues. 58 % des investisseurs étrangers plébiscitent le soutien français à l’innovation, contre 44 % l’an dernier", insiste Marc Lhermitte. Une piste à creuser pour le nouveau gouvernement. 

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