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La fracture ferroviaire : ceux qui ont le TGV et... ceux qui le regardent passer

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Publié le , mis à jour le 25/10/2014 À 14H40

Analyse Alors que la Cour des comptes vient de rendre un rapport accablant contre le modèle TGV, L'Usine Nouvelle vous propose de redécouvrir cet éditorial. Le TGV ne se peut pas se mesurer seulement à l'aune de son taux de remplissage. Mais aussi en fonction du dynamisme économique qu'il peut apporter. Il y a plus d'un an quand Philippe Duron, député-maire de Caen et président de la commission Mobilité 21,  avait remis son rapport au Premier ministre sur les grands choix d’infrastructures ferroviaires d’ici 2030 et au-delà, il avait suscité la colère des régions laissées-pour-compte et révèlent la fracture ferroviaire qui s’est installée en France.

La fracture ferroviaire : ceux qui ont le TGV et... ceux qui le regardent passer
Pour certaines régions, le TGV n'arrivera jamais en gare.
© Luca Xavier Bozzo - Flickr - C.C.

C’est la nouvelle lutte des classes. En décidant de trancher dans le vif et d’arrêter de vrais choix d’infrastructures en matière ferroviaire, le député-maire de Caen, Philippe Duron, président de la commission Mobilité 21 a relancé le débat autour du tout-grande-vitesse. Son message est clair : le TGV pour tous, c’est ter-mi-né. Une vision adoubée par le Premier ministre dans l’entretien qu’il a accordé à L’Usine Nouvelle : "le pays est largement maillé par des voies ferrées et des autoroutes qu’il faut rénover." Fermé le ban. Les budgets seront mis en priorité sur les lignes existantes. Pour le reste, on verra après 2030, autant dire aux calendes grecques.

un sentiment de déclassement

Les conclusions du rapport Duron sont frappées au coin du bon sens si l’on prend la peine de regarder l’état des finances publiques dans un même mouvement. Guillaume Pepy, le président de la SNCF avait engagé ce débat il y a deux ans. Interview après interview, il n’avait alors cessé de marteler le même message : il faut arrêter de privilégier le TGV pour investir dans les lignes les plus utilisées. Comprendre : celle transportant des millions de voyageurs chaque jour, en priorité les RER et TER.

Mais, pour les élus qui resteront sur le quai en regardant passer (au loin) les TGV des autres régions, la pilule n’en demeure pas moins difficile à avaler. Ils ont le sentiment d’être déclassés, d’être victimes d’une certaine fracture ferroviaire. Quand certaines régions ont le droit de voyager à plus de 300 km/h, eux se traînent à 160 km/h avec des motrices hors d’âge.

Le TGV, comme locomotive du développement économique

Pour ces territoires, au développement économique souvent limité et presque tous en proie à la désindustrialisation, le TGV était  bien plus qu’un train. C’était une espérance, une sorte de messie, une locomotive qui devait redynamiser économiquement toute une région autour d’un projet commun. Le rapport Duron vient leur dire que ce train n’arrivera sans doute jamais en gare, en tout cas avec beaucoup, beaucoup de retard. Et quand on a la foi, c’est toujours difficile à entendre.

Thibaut De Jaegher

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