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L'usine Agro

La force de la diversité

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Dans une région de polyculture, les coopératives contribuent à la valorisation des productions agricoles locales.

La force de la diversité
L’extension de l’usine d’Eurial, à Herbignac, consolidera plus de 3?000 exploitations laitières.

Lagroalimentaire reste un socle, une valeur sûre pour les Pays de la Loire. « C’est le premier ­secteur industriel de la région, avec 48 000 salariés, 8 000 établissements et 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires », rappelle Lydie Bernard, la vice-présidente du conseil régional. « Sa force, c’est sa biodiversité, insiste Jean-Luc Perrot, le directeur de Valorial, le pôle de compétitivité de l’agroalimentaire dans le Grand Ouest. Si certaines filières souffrent, l’agroalimentaire ne va jamais vraiment mal dans les Pays de la Loire. C’est un secteur résilient, un stabilisateur de l’économie. » De fait, en dépit d’un contexte de crise agricole et de concurrence internationale accrue, l’investissement s’est intensifié au cours des derniers mois.

La boulangerie connaît un sursaut spectaculaire. Bridor construit une extension de 11 000 mètres carrés pour son usine de pain et de viennoiserie de Louverné (Mayenne). La Boulangère a choisi la Vendée, son fief, pour implanter sa septième usine de brioches et de pains préemballés, un bâtiment de 15 000 mètres carrés représentant un investissement de 30 millions d’euros. « Le choix de la Vendée tient au savoir-faire développé ici depuis trente ans et à la facilité de trouver des compétences », indique la direction de l’entreprise. Dans le même temps, son concurrent Brioche Pasquier prépare lui aussi une extension de son usine aux Cerqueux (Maine-et-Loire), son site historique, pour installer trois nouvelles lignes de production de viennoiseries à haute cadence. À une moindre échelle, c’est Biofournil, le pionnier du pain bio, désormais dans l’escarcelle du groupe coopératif Cavac, qui pousse les murs au Puiset-Doré (Maine-et-Loire).

Bons résultats dans le lait et la volaille

Toutes catégories confondues, le plus gros projet annoncé est celui du groupe coopératif Eurial, qui a déclenché un investissement de 135 millions d’euros visant à doubler la capacité de son usine d’Herbignac (Loire-Atlantique) spécialisée dans la mozzarella. « Dans un contexte laitier compliqué, ce projet permettra de pérenniser la production de plus de 3 000 exploitations laitières du Grand Ouest », souligne Olivier Athimon, le directeur de la coopérative, qui s’est placé dès 2008 sur un marché mondial à la hausse en créant cette usine. Dans un secteur où le désarroi des éleveurs sous-payés reste grand, on remarquera l’initiative de quatorze indépendants qui ont monté à Remouillé (Loire-Atlantique) leur propre laiterie et transforment en lait UHT la production de leurs exploitations.

La compétition mondiale est aussi féroce pour la volaille, un secteur dans lequel les Pays de la Loire comptent deux leaders nationaux, Galliance, né de la reprise de Doux par le groupe coopératif Terrena, et le sarthois LDC. Ces deux groupes sont à l’offensive. En bonne santé financière, LDC a prévu 180 millions d’euros d’investissements, dont 28 millions pour doubler l’activité de découpe de volailles à Loué et 10 millions pour doubler la production des plats cuisinés Marie à Sablé-sur-Sarthe. « Nous vendons deux tiers de poulets entiers et un tiers de poulets découpés. Bientôt, ce sera cinquante-cinquante », explique Denis Lambert, le PDG. Tous les stades de la production seront modernisés, y compris l’abattage, dans un contexte de sensibilité croissante pour le bien-être animal. « Nous réfléchissons à des process avant-gardistes », signale le dirigeant.

Origine France et circuits courts

L’adaptation à la demande est le souci de Galliance qui n’a pas d’autre choix que d’engager 150 millions d’euros dans son outil industriel. La pièce maîtresse de ce plan est la reconstruction, d’ici à 2019, de l’abattoir d’Ancenis (Loire-­Atlantique) où seront regroupées les productions liées aux labels et aux signes de qualité. Mais le groupe doit aussi remettre à niveau l’outil industriel de Doux et le relancer à l’international, les importations brésiliennes favorisées par le cours du réal contrariant actuellement cette ambition. « On perçoit, sur nos marchés à l’export, comme le Moyen-Orient, une attente en termes de qualité, un développement du bio et une demande pour les poulets élevés en liberté, en “free range”, estime Christophe Courroussé, le directeur de Galliance. Nous n’apporterons pas de réponse dans les produits basiques, mais sur les volailles de qualité. Nous bénéficions pour cela de l’image forte des productions alimentaires françaises. » Terrena compte étendre à son pôle volaille le concept de « Nouvelle Agriculture », un mode de production situé entre le bio et le conventionnel et, surtout, valorisant l’origine France.

Cette notion de terroir et de circuit court, défendue notamment par les grandes coopératives régionales, fait son chemin. Galliance vient d’être retenu par le groupe Le Duff pour l’approvisionnement en viande de poulet de ses 500 restaurants français (Brioche Dorée, Del Arte, Fournil de Pierre…). Avant cela, le volailler SNV, filiale de LDC, a signé un partenariat avec KFC pour lui fournir près de 2 000 tonnes de poulet par an. McDonald’s et la coopérative des Fermiers de Loué, alliée de LDC, ont scellé un partenariat portant sur la fourniture de 4,2 millions d’œufs par an. L’enseigne américaine a aussi prolongé son contrat avec la coopérative maraîchère nantaise Océane pour la fourniture de tomates rondes. « Nous repensons notre système d’aides, indique Lydie Bernard. L’utilisation de produit locaux pourra désormais entraîner une bonification. » Pour Jean-Luc Perrot, l’ancrage historique d’enseignes de la grande distribution, comme Système U, est un atout supplémentaire pour les entreprises régionales. Mais l’expert tempère cette notion de proximité. « Cela ne suffit plus. Il faut être attentif à d’autres facteurs tels le bien-être animal, l’usage des pesticides, la transparence », dit-il, prenant pour exemple la campagne « Venez vérifier » de Fleury Michon, destinée à rassurer les consommateurs.

« La plupart de ces grands projets portent sur l’accroissement des capacités, mais aussi, sur la modernisation de l’outil, l’amélioration de la productivité et des conditions de travail », remarque Jean-Luc Perrot, plus circonspect sur l’effort consenti par les entreprises régionales sur « l’immatériel », le développement des marques et de l’innovation à moyen terme. « Il y a là encore beaucoup d’efforts à faire », estime l’expert, soulignant que les Pays de la Loire ne manquent pas d’atouts en la matière avec les pôles de compétitivité Végépolys, Valorial, Inra, l’école vétérinaire Oniris, où s’ouvre le nouveau pôle nantais Cap Aliment, dédié à la R & D du secteur. Sous l’impulsion du CEA Tech, la cobotique s’introduit dans les abattoirs, la société Holvia, à Laval (Mayenne), ayant pris une longueur d’avance dans ce domaine. La Région s’est engagée à soutenir un programme collaboratif sur « l’abattoir du futur », lequel devrait impliquer la plupart des acteurs de la transformation de viande dans les Pays de la Loire.

Les pépites de la région

 
  • Titok alimente sportifs et militaires 
Fondé par Christophe Landais, à la fois chef et triathlète, Titok, connu sous la marque MX3, est un fournisseur de plats lyophilisés prisés des amateurs de voile, des montagnards et même des armées françaises et anglaises. Cette PME d’Olonne-sur-Mer (Vendée), forte de 40 personnes, propose des packs et des boissons énergétiques pour cyclistes, marathoniens et férus de musculation. Son succès impose un doublement de sa surface, un projet de 1 million d’euros.
 
  • Luissier Bordeau Chesnel réinvente les rillettes
Tartinades, rillettes au poulet thaï, poulet et oignons confits, poulet pimenté, poulet aux girolles… Filiale de Bongrain, Luissier Bordeau Chesnel ne cesse de réinventer la vieille recette des rillettes dans un contexte difficile pour l’industrie charcutière, sous pression de la grande distribution. Cela tire sa croissance. Le leader français des rillettes, qui vend un pot sur deux en France, arrive à saturation et doit reconstruire son usine à Yvré-L’Évêque (Sarthe). Un projet de plus de 30 millions d’euros. 
 
  • Algosource fait de la spiruline un nouvel or bleu 
AlgoSource, société pionnière dans la valorisation des micro-algues, a lancé la construction d’une unité de production à Guérande (Loire-Atlantique), dans le cadre d’un plan d’investissement de 3 millions d’euros sur trois ans. L’entreprise entend quadrupler sa production d’extraits de spiruline, une micro-algue recherchée pour (oméga 3 et protéines, notamment) et sa richesse en antioxydants. 
 
  • Giffard industrialise les sirops
Le liquoriste Giffard vient d’ouvrir sa deuxième usine à Saint-Légerdes- Bois (Maine-et-Loire). Cet investissement de 13 millions d’euros permettra de doubler la capacité de Giffard sur le segment des sirops, en pleine croissance grâce à l’international où ce produit typiquement français est la nouvelle star des coffee-shops, faisant fureur dans les cocktails, les smoothies, les fizzies, les glaces, le café, le thé… Assortie d’un jardin, l’usine, dessinée par l’architecte Frédéric Rolland, est bardée de couleurs, évoquant les 75 parfums de sirop proposés.
 
  • Nature & Cie vit du bio et sans gluten

Fondé il y a dix ans à Vallet (Loire-Atlantique), Nature & Cie s’est d’emblée spécialisé sur deux créneaux en croissance, le bio et les produits sans gluten, ce qui lui a valu une progression rapide. Mais la concurrence l’oblige à être constamment inventif. Après avoir misé sur les produits de snacking en 2016, la société vient de lancer six produits dans sa gamme épicerie (mini-baguettes, pavés aux graines, cookies et crackers salés) et deux pâtes à tarte prêtes à dérouler, portant son offre à 150 références

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Usine Nouvelle N°3524-3525

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