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La food tech alimente l'innovation

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Créée il y a un an, la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté tente de créer une dynamique entre grands groupes industriels de l’agroalimentaire et start-up.

La food tech alimente l'innovation
SEB a noué un partenariat avec la start-up Cook’Ease, qui livre les ingrédients des recettes de son multicuiseur Cookeo Connect.

De la production alimentaire à la consommation, en passant par la transformation et la distribution, la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté compte plus de 60?start-up, qui interviennent dans des domaines très variés. IA-Drone Technologie, originaire d’Is-sur-Tille (Côte-d’Or), propose par exemple de l’agriculture de précision par drone, avec des services d’imagerie et d’analyse aérienne. L’application Gloupii, conçue par deux Dijonnais et consacrée à l’offre de « street food », recense chaque jour les menus des restaurants les plus proches. Mon Pain, une start-up de Saône-et-Loire, offre un service de réservation en ligne de pain, pâtisserie, viennoiserie et snacking. À Dijon (Côte-d’Or), VitaVinum a créé une application accessible via une interface tactile installée au rayon vin des enseignes pour conseiller au consommateur le vin le plus adapté.

La food tech bourguignonne est née en 2016, dans la foulée de la mise en place de la french tech, dont elle est une déclinaison thématique. L’idée de départ était de fédérer un écosystème de start-up, mais aussi de PME et d’ETI en lien avec l’alimentation, pour mieux les faire rayonner à l’international. Dans la région, l’agroalimentaire emploie près de 23 300?personnes dans plus de 850?entreprises et réalise un chiffre d’affaires de 5?milliards d’euros, selon l’agence économique régionale.

Différentes formes de collaboration

Si la FoodTech Dijon a d’abord rassemblé des start-up, de plus en plus de grands groupes de l’agroalimentaire s’associent à cet écosystème. Les start-up de l’alimentation innovent et ouvrent de nouveaux horizons aux industriels. Différentes formes de collaboration sont observées au sein de la food tech, de la classique relation client-fournisseur à l’intégration d’une jeune pousse au sein du groupe, en passant par des partenariats gagnant-gagnant pour innover et développer de nouvelles offres. « La food tech est pour nous l’opportunité d’innover, tant sur les pools de production qu’en matière de solutions apportées au consommateur pour mieux manger », confie Patricia?Chatelain, directrice de l’innovation au sein du groupement Les Mousquetaires (146 000?collaborateurs dans 3 200?points de vente et un chiffre d’affaires de 32,1?milliards d’euros en?2016).

Créée il y a un?an, la direction de l’innovation a déjà rencontré plus d’une centaine de start-up. Si l’enseigne de grande distribution est intéressée, elle accompagne la jeune pousse dans le pilotage et le financement de son projet jusqu’à son aboutissement pour, ensuite, le déployer sur le réseau Les Mousquetaires. Dernièrement, Novolyze, installé à Daix (Côte-d’Or) et spécialisé dans le développement de germes modèles pour garantir la sécurité des aliments, a intégré le pôle production des Mousquetaires. « Les relations que nous lions avec ces start-up nous permettent de créer de la valeur d’usage pour les consommateurs, mais aussi de la dynamique commerciale dans le territoire où est implantée la start-up », assure Patricia Chatelain.

Pour Coca-Cola European Partners (CCEP) France (2 800?collaborateurs, 2,2?milliards d’euros de chiffre d’affaires), qui possède un centre de recyclage de bouteilles à Sainte-Marie-la-Blanche, près de Beaune (Côte-d’Or), « les start-up apportent une approche en totale rupture et innovante », explique un porte-parole. Dans le cadre d’un partenariat avec la food tech, Coca-Cola a déjà organisé deux déjeuners Pitch & Lunch durant lesquels des start-up pouvaient rencontrer ses clients et leur exposer leurs solutions. « Par cette collaboration, nous souhaitons apporter aux start-up à la fois du business et du mécénat de compétences pour créer ensemble de la valeur », explique le représentant de Coca-Cola.

ToasterLab, accélérateur de start-up

Avec près de neuf?produits vendus par seconde dans le monde et une présence commerciale dans 150?pays, le groupe SEB (5?milliards d’euros de chiffre d’affaires en?2016), originaire de Selongey (Côte-d’Or), a été l’un des précurseurs de la food tech. Après avoir lancé son multi­cuiseur Cookeo Connect, SEB a réalisé son premier partenariat avec la start-up ­francilienne Cook’Ease pour proposer aux ­consommateurs un service de livraison des ingrédients en fonction des recettes. De son côté, William Saurin (100 000?tonnes de plats cuisinés par an produits par 1 000?salariés et un chiffre d’affaires de 280?millions d’euros) a choisi de soutenir la food tech en mettant en place une bourse à l’innovation de 20 000?euros pour aider une ­start-up à se développer. Un moyen, également, de rester en veille technologique.

La collaboration entre grands groupes et start-up demeure complexe à mettre en place [lire l’entretien]. Au sein de la FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté, le pôle de compétitivité Vitagora a lancé un programme d’accélération – ­AcceleRise, nouvellement renommé ToasterLab – dans ­lequel les start-up sont accompagnées de mentors, notamment Dijon Céréales et le groupe SEB. Deux premières promotions de jeunes entreprises ont bénéficié de ce programme, dont la bourguignonne Boostherm, qui fabrique des solutions de récupération de chaleur sur des installations frigorifiques, et Atelier Sarrasin, un producteur de produits bio et sans ­gluten. Le troisième programme, lancé fin novembre, souhaite accompagner des jeunes pousses essentiellement tournées vers le B to B. Destiné aux start-up au départ, le programme d’accélération s’ouvrira prochainement aux PME et aux grands groupes afin de les accompagner dans leur transition numérique et intrapreneuriale. 

« Collaborer avec une start-up reste complexe pour un groupe »

Xavier Boidevezi, secrétaire national du réseau thématique Foodtech

  • Quels sont les enjeux économiques de la food tech ?

Dans le monde, 5?milliards de dollars ont été investis dans des start-up de la food tech en 2015. Un chiffre qui correspond, en un an, à ce qui a été investi entre?2000 et?2014 ! Cela montre l’incroyable accélération de cette thématique au niveau mondial.

  • Quelle place occupe la France sur ce marché ?

Malheureusement, la grande majorité de ces investissements a été réalisée en Asie et aux États-Unis. L’Europe n’en représente que 20 % et la France est quasiment inexistante. Pourtant, nous avons les start-up et les entrepreneurs. Il faut les structurer et leur donner les moyens d’innover avant qu’ils ne partent s’installer à l’étranger.

  • Comment les grands groupes et les start-up travaillent-ils ensemble ?

Collaborer avec une start-up reste complexe, pour un grand groupe. Ce dernier a tendance à vouloir racheter la start-up, au risque de la tuer en quelques mois. La véritable complexité consiste à être capable d’investir dans des start-up, de co-investir avec elles, pour travailler ensemble au développement de projets. Pour y parvenir, il faut une certaine maturité. 

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