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L'Usine de l'Energie

La finance verte? "Paroles, paroles, paroles..."

Arnaud Dumas , , , ,

Publié le

Les institutions financières multiplient les annonces en faveur du climat à l’occasion du quatrième Climate finance day, qui s’est tenu le 28 novembre à Paris. Mais elles sont encore loin d’avoir transformé leur modèle pour s’aligner sur l’objectif de l’Accord de Paris.

La finance verte? Paroles, paroles, paroles...
La finance doit accélérer ses efforts pour atteindre une trajectoire de réchauffement climatique à 2 degrés.
© Yves Herman

En 2015, juste avant la COP 21, le premier Climate finance day avait été marqué par l’engagement de grandes institutions financières de se désinvestir du charbon. Pour sa quatrième édition, la journée consacrée à la finance verte - organisée le 28 novembre notamment par l’association française Finance for tomorrow - tire un bilan en demi-teinte des avancées du monde financier pour atteindre l’objectif d’un réchauffement climatique inférieur à 2 degrés.

"La finance verte montre à la fois de réels progrès, mais aussi des résistances", prévient Philippe Zaouati, le président Finance for tomorrow et le directeur général de Mirova. Les investissements massifs nécessaires pour opérer la transition énergétique ne sont pas encore là.

Selon le rapport de l’Observatoire mondial de l’action climatique non étatique, réalisé par Finance for tomorrow et l’association Climate Chance, les investisseurs ne consacrent que 0,5 % de leur portefeuille à des projets verts et les gestionnaires d’actifs que 0,2 %. Les banques, récemment épinglées par un rapport d’Oxfam, ne dédient que 15 % du volume de leurs prêts à des prêts verts. Les obligations vertes connaissent néanmoins une croissance constante, les émissions ont atteint 155,5 milliards de dollars en 2017, après 87 milliards de dollars en 2016.

Ne plus investir dans des projets intensifs en carbone

"Les investisseurs s’intéressent aux produits les plus attractifs comme les green bonds, remarque Catherine Howarth, la directrice de ShareAction, une association britannique de promotion des investissements responsables. Mais en voit-on s’engager à ne plus investir dans un modèle trop carbone intensif ? Ce sera le prochain pas à faire." 

Des initiatives continuent toutefois d’apparaître. Natixis a profité du Climate finance day pour annoncer que, dans le cadre de son activité d’assureur, il allait désormais consacrer tous les ans 10 % de ses investissements à des projets verts, pour qu’en 2030 ces actifs verts représentent 10 % de la globalité de ses encours.

La banque filiale du groupe BPCE va également inciter ses équipes à financer des projets verts. A partir du premier trimestre 2019, la banque s’imposera un ratio de capital plus élevé pour les projets de financement non alignés sur une trajectoire sous 2 degrés de réchauffement climatique et un ratio moins élevé pour les projets verts. "Nous envoyons donc le signal dans toute la banque que les financements verts sont plus profitables, explique François Riahi, le directeur général de Natixis. Ce sera un vrai outil d’incitation pour aller vers plus de financements verts."

Des initiatives annoncées

La Caisse des dépôts et consignation (CDC) a également renforcé ses engagements en faveur du climat au cours du Climate finance day. A partir de 2019, elle n’investira plus dans les entreprises qui réalisent plus de 10 % de leur chiffre d’affaires dans le charbon. La CDC veut par ailleurs augmenter les financements de projets verts. Elle le fera au travers de ses deux filiales bancaires, Bpifrance et la Banque des territoires. Celles-ci devront consacrer 16 milliards d’euros à des projets ayant un impact positif sur le climat d’ici 2020, soit 22 % de leurs encours sur cette période.

Mais le mouvement reste lent. "Nous vivons dans un monde de contradictions, souligne Laetitia Tankwe, la conseillère du président de l’Ircantec, l’organisme qui gère les retraites complémentaires des agents publics. Nous nous sommes désengagés du charbon, mais ce n’était pas le plus difficile. Nous nous sommes en revanche posé la question pour le pétrole et le gaz. Or on a toujours besoin de pétrole pour la vie de tous les jours, cela impacte beaucoup de monde. Ce sont des éléments à prendre en considération." L’Ircantec adopte une stratégie d’investissements ciblés, dans laquelle l’organisme renonce seulement en partie aux investissements dans le secteur pétrolier.

Le gouvernement français déclare de son côté vouloir accélérer le mouvement. "Nous voulons devenir une place attractive pour ceux qui veulent donner du sens à la finance", assure Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la transition écologique. Le gouvernement compte notamment se servir de la présidence du G7 par la France en 2019 pour cela. "Nous voulons que la finance verte devienne la norme, il faut donc augmenter les financements de projets verts et de projets bas carbone, et nous nous en donnerons les moyens. Cela fait partie de notre projet pour le G7", déclare la secrétaire d’Etat.

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