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L'Usine Agro

La filière blé française en 5e position, pénalisée par le coût du travail

Franck Stassi , , , ,

Publié le , mis à jour le 19/02/2016 À 10H54

A l’issue d’un travail de scoring mené sur des données datant de 2013, France AgriMer désigne la filière blé américaine comme la plus compétitive. La France, qui n’apparaît qu’en cinquième position, bénéficie de bonnes conditions de production et politiques, mais souffre d’un coût du travail et de charges trop élevés par rapport à ses concurrents.

Les problèmes de compétitivité de la filière blé tendre ne sont pas nouveaux, rappelle France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer. A l’instar du travail rendu public en décembre dernier sur la filière lait de vache, qui a permis de découvrir que la France était, en 2013, particulièrement compétitive par rapport à ses concurrents, un travail de veille concurrentielle vient d’être engagé pour la filière blé, avec un constat sévère à la clef : notre filière blé doit être plus forte à l’international.

A l’issue d’un travail de scoring mené avec Business France sur 12 pays (France, Canada, Etats-Unis, Australie, Russie, Ukraine, Kazakhstan, Argentine, Roumanie, Bulgarie, Allemagne, Angleterre), les Etats-Unis apparaissent comme le pays doté, en 2013, de la filière blé tendre la plus compétitive, avec un total de 642 points sur 1000. Viennent ensuite le Canada (615 points), l’Australie (597 points), l’Allemagne (559 points) et la France (558 points).

"Nous avons essayé d’estimer le positionnement de la France par rapport à ses différents concurrents. La méthodologie est la même que pour le travail entamé sur d’autres filières, mais les spécificités du scoring changent", explique le délégué pour les filières céréalières et oléo-protéagineux de France AgriMer, Ludovic Pâris. Six critères ont été évalués.

De bonnes conditions de production, mais un coût élevé de la main d’œuvre

En termes de potentiel de production, le Canada arrive en tête, suivi des Etats-Unis et de la Russie. La France arrive en cinquième position. Le Canada dispose d’un budget alloué à la recherche agricole important, et bénéficie d’une hausse de sa production, ainsi que de charges fixes très faibles. Toutefois, le pays souffre d’un manque de nouvelles variétés. En troisième position, la Russie bénéficie d’une stabilité des surfaces, d’une hausse de sa production, et d’un coût de la main d’œuvre faible. La France s’appuie quant à elle sur un rendement moyen élevé (le second en 2013), de nombreuses variétés inscrites, mais pâtit de faibles surfaces moyennes, et d’un coût élevé de la main d’œuvre.

Avec 69 points sur 100, la France se hisse toutefois en tête de la catégorie dédiée aux facteurs agroclimatiques, suivie de la Bulgarie et l’Australie avec 67 points chacune. La France bénéficie d’un risque moyen de gel et d’une faible variabilité des rendements. Elle souffre cependant d’une forte pression pathogène. La Bulgarie bénéficie de précipitations régulières, mais insuffisantes pendant la période végétative. En Australie, les analystes relèvent le peu de risque de pluies à la récolte ainsi que la faible variabilité des surfaces, mais pointent du doigt des précipitations irrégulières.

Un travail de conquête à effectuer à l’international

Egalement jugée sur son potentiel à conquérir les marchés, la France se hisse en quatrième position, derrière l’Allemagne, les Etats-Unis et le Canada. Parmi les forces des Etats-Unis figurent la propreté des grains à l’export et une logistique portuaire importante. Ces atouts sont toutefois contrecarrés par des prix à l’export élevés. Le Canada bénéficie d’un système de classement complexe et reconnu, mais souffre de distances élevées sur son territoire et par rapport aux principaux importateurs. En France, la forte disponibilité du blé meunier ainsi que la proximité des principaux pays importateurs sont saluées, mais la faiblesse du taux de protéines reste un désavantage criant.

A l’issue de la revue du portefeuille des marchés, les Etats-Unis arrivent de nouveau en tête, devant l’Australie et le Canada. La France reste au pied du podium. Les Etats-Unis sont le premier exportateur mondial de blé et bénéficient de clients diversifiés. Le Canada bénéficie d’une présence très régulière sur les marchés, mais a une part de marché limitée. La France augmente quant à elle la part de ses exportations, bénéficie de débouchés très diversifiés, mais souffrait, en 2013, de stocks faibles.

Trop de taxes

Les Etats-Unis, l’Allemagne et la France forment pour leur part le trio de tête de la catégorie consacrée à l’environnement politique et réglementaire. Les Etats-Unis ont mis en place un soutien à la production, mais n’ont que de faibles barrières douanières tarifaires et ne produisent pas d’éthanol à base de blé. L’Allemagne bénéficie aussi d’un fort soutien à la production, et d’une forte influence de la filière sur les décisions politiques.

Enfin, en termes d’environnement macroéconomique, la France n’arrive qu’en neuvième position, loin derrière les Etats-Unis, l’Australie et l’Argentine (sur des données 2013). Des impôts et taxes dans la moyenne basse, mais une parité monétaire à l’époque forte caractérisent les Etats-Unis. Un PIB par habitant élevé, un cheptel en croissance et la stabilité économique et politique sont mis au crédit de l’Australie. Ces arguments sont contrebalancés par un potentiel de consommation humaine limité. Les faiblesses de la filière française résident dans un cheptel en baisse et de très forts taux de prélèvements, mais la stabilité politique et économique et un fort potentiel de consommation humaine lui permettent de redresser la barre. Une meilleure adaptation aux demandes des clients et des taxes allégées, tel est, en somme, le remède préconisé pour que la filière blé soit davantage un atout pour la France.

Franck Stassi

Les stocks de blé français au plus haut depuis 17 ans

L’abondance de la production céréalière, aussi bien en France que dans le monde, rend les agriculteurs prudents. Depuis le début de la campagne commerciale, le blé tendre FOB Rouen a perdu 23%, passant de 200 euros par tonne en juillet à 155 euros par tonne mi-février. Un niveau aussi bas n’avait pas été atteint depuis l’été 2010. Face à cette situation, les stocks de blé tendre mis en dépôt chez les collecteurs ont augmenté de 51%, en France, entre les campagnes 2014-15 et 2015-16, à 6 millions de tonnes. C'est leur plus haut niveau depuis 17 ans. Ces stocks, qui appartiennent encore aux agriculteurs mais qui sont conservés chez les organismes stockeurs, font l’objet d’une décision de commercialisation différée. Ils sont amenés, pour la plupart d’entre eux, à être in fine collectés. F.S.

 

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