La croissance verte doit réduire les inégalités sociales, selon Bruno Le Maire

La direction générale du Trésor de Bercy organisait le 8 janvier une journée sur le thème du verdissement de l’économie. L’occasion pour Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, de rappeler la nécessité de mieux accompagner les plus modestes dans la transition écologique. Pour ne pas réitérer le fiasco de la taxe sur le gazole…

 

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La croissance verte doit réduire les inégalités sociales, selon Bruno Le Maire
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances.

Est-ce un effet de la crise des gilets jaunes ? Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, veut réconcilier la transition écologique et la réduction des inégalités sociales. "Le rapport du Giec est sans appel, a-t-il rappelé lors de la journée internationale du Trésor à Bercy le 8 janvier, placée sous le thème de la "croissance et verdissement de l’économie". Nous avons moins de dix ans pour nous placer sur une trajectoire de transition compatible avec ces orientations. Il faut donc un réorientation radicale de nos économies."

Mais, s’il croit dur comme fer que croissance et lutte contre le réchauffement climatique sont compatibles, le ministre de l’Economie ne veut plus oublier les publics les plus fragiles. "Les événements actuels montrent que la croissance ne pourra plus fonctionner comme avant, dit-il. Notre croissance doit réduire les inégalités. Une croissance qui ne permet pas à une personne qui travaille de vivre dignement de son travail sera de moins en moins acceptable."

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Une transition voulue et non subie

L’exemple de la taxation du gazole, qui a mis le feu aux poudres au mois de novembre dernier, n’est pas loin. "Il faut prendre en compte les contraintes de tout le monde", affirme Bruno Le Maire en rappelant les inégalités face au coût des transports entre les citadins et ceux qui habitent en périphérie. "A nous d’accompagner les Français les plus modestes pour que la transition énergétique soit voulue et non pas subie", rappelle le ministre.

Le défi est de taille. Le développement d’une économie plus verte risque d’être coûteux. "On n’est pas du tout sûr que cela existe, la croissance verte !", déclare Katheline Schubert, professeure à Paris school of economics et à l’Université de Panthéon-Sorbonne. Selon elle, une économie verte est possible à long terme grâce à l’innovation, "mais cela aura un coût. Il est fallacieux de faire croire que cela sera indolore."

Ce coût pèse justement sur les plus pauvres. Pour Xavier Ragot, économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la réduction des émissions de gaz à effet de serre en France passera principalement par l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements et par le transport. Et pèsera donc sur les ménages. "Pour le logement, c’est positif, les gains financent le coût, estime-t-il. Mais à long terme, entre 30 et 40 ans. C’est très difficile pour des ménages modestes." Le renforcement des dispositifs d’accompagnement présenté par Edouard Philippe en fin d’année (prolongation du crédit d’impôt efficacité énergétique, des éco-prêts à taux zéro, etc.) pourrait ne pas suffire. "Il y a encore des problèmes de financement, affirme l’économiste. Il y a toujours des ménages hors des effets redistributifs."

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