"La crise du Covid-19 a rebattu les cartes entre les entreprises et leurs fournisseurs", selon Olivier Baujard (Sia Partners)

Dans la crise du Covid-19, comment ont réagi les directions achats des entreprises et quelles sont leurs priorités pour l'après ? Le cabinet Sia Partners a interrogé près d'une centaine de décideurs français en avril 2020. Olivier Baujard, directeur en charge de la Practice Achats & Approvisionnements de Sia Partners, commente pour L'Usine Nouvelle les enseignements de cette étude.

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La filière du luxe va (encore plus) resserrer ses liens avec les sous-traitants après le Covid-19.

L’Usine Nouvelle. - Selon votre étude, la crise du Covid-19 a révélé des failles et vulnérabilités qui ont surpris les directions achats. Etaient-elles mal préparées ?

Olivier Baujard – Toutes les directions achats travaillent avec un département "Risques fournisseurs" pour essayer d’être dans l’anticipation. Elles sont par nature résilientes. Mais là, nous avons vécu une crise soudaine, massive, et les fonctions achat, comme tout le monde, ont été surprises. Elles ont dû monter en première ligne pour essayer de trouver des solutions, pour elles, mais aussi pour d’autres services en interne. Cette période a été révélatrice de faiblesses, et à ce titre elle a des vertus.

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Quelles faiblesses ?

Plus de 70 % des répondants ont cité la sécurisation des sources d’approvisionnement comme priorité numéro 1. Il y a eu la nécessité de sortir de situations de sources uniques d’approvisionnement, et de se créer des alternatives. Le secteur pharmaceutique en est un exemple, avec la production des excipients et principes actifs : 70 à 80 % des matières premières proviennent d’Inde et de Chine.

Et côté vertus ?

Le Covid-19 a mis les choses en relief, et élargi l’horizon-temps, après une période de réponse à l’urgence où il fallait colmater les brèches. Après s’être focalisées sur la réponse au Covid-19 (avec des solutions trouvées en réseau, parfois au sein des filières), les directions d’achats ont élargi leur périmètre d’influence et leurs domaines d’interventions et ont pris de la hauteur. Surtout, nous constatons que dès la mi-avril, les entreprises étaient déjà dans l’organisation de la reprise, avec la volonté de tirer les enseignements de la crise. Il s’agit de préparer l'entreprise à un environnement possiblement "pénurique" où les aléas climatiques, géopolitiques ou sanitaires seront légion.

Cela va-t-il bénéficier au Made in France ?

Cette crise a rebattu les cartes. Des relations entre entreprises et fournisseurs ont été consolidées, d’autres se sont délitées.

Les directions achats ont privilégié la mise en relation de proximité avec les fournisseurs clés. Nous voyons émerger davantage de partenariats, davantage de solidarité. Il y a une prise de conscience qu’il est nécessaire de sceller des engagements à long terme pour sécuriser l’approvisionnement en matière première.

Le secteur du luxe est l’un des moteurs de cette approche. Les grandes marques dépendent de sociétés artisanales, qui ont des savoir-faire uniques, par définition fragiles. Elles irriguent ces filières, participent au développement de ces savoir-faire. Cette crise ne fait qu’amplifier cette préoccupation. Les donneurs d’ordre ont bien conscience qu’il faut préserver l’expertise de ces acteurs, qui font la force de leur marque. Pour les aider, il y a plusieurs modes d’action possibles : réduction des délais de paiement pour préserver la trésorerie, recapitalisation, mise à disposition de ressources…

Le lien vers l'intégralité de l'étude ici

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